Archives du mot-clé amour

Citation du dimanche : Jean-Yves Masson

Fils du silence et de la nuit aux multiples vertiges,
je ressuscite mon passé d'entre les songes, je trace
un chemin d'ombre où je ne me reconnais pas encore.

J'ai peiné, cheminé longtemps sur la route,
j'aperçois le pays splendide du sommeil
où règne la déesse sans partage, à l'aurore de la parole.

Et je sais maintenant qu'à force de former des songes
la liberté conquiert sa force et sa vigueur,
au mépris des dogmes, des peurs, pour que le libre amour triomphe.
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Le baiser en poésie

Je l’ai su avec un peu de retard, d’où cette parution un peu décalée, mais qu’importe. Jeudi dernier, 6 juillet, c’était la journée internationale du baiser. Une occasion comme une autre d’évoquer ce thème, que je trouve amusant à traiter. En effet, souvent, on trouve des considérations sur l’amour en général, je crois que c’est d’ailleurs un thème poétique travaillé au collège. Il est beaucoup plus rare de trouver des réflexions sur le thème plus précis du baiser. Cela promet des poèmes plus légers, plus amusants, voire plus coquins… Petit tour d’horizon du baiser en poésie, du Moyen-Âge à nos jours.

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Ceux-là qui s’en vont par deux

J’ai beaucoup hésité avant de publier ce poème en prose, parce qu’il est très intime. C’est peut-être même l’un des plus personnels que j’aie jamais écrits. Et puis je me suis dit que c’était là précisément le rôle de la poésie, que de puiser dans l’intime la matière d’une émotion partageable. Et c’est peut-être l’un des miracles de la poésie, que de nous permettre de dire à tous ce dont nous n’avons jamais parlé à personne. N’hésitez pas à vous exprimer dans l’espace des commentaires !

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La supplique d’Emmanuel Godo

Être ému, presque jusqu’aux larmes, par un poème, est un délice assez rare. Cela m’est arrivé, ces derniers temps, en écoutant, dans l’église d’Aiglun, le poète Emmanuel Godo lire sa « Supplique pour mourir dans un merci », un poème extrait de Je n’ai jamais voyagé (Gallimard, 2018). Lorsque cela arrive, il importe de relire, par la suite, le poème, avec attention, à tête reposée, et de chercher à rendre compte de cette émotion. Je vous propose donc aujourd’hui un modeste commentaire de ce poème.

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« Des fois il est tard le silence est quand même là après le travail alors
on comprend soudain combien c’est dérisoire et presque rien d’aimer
ça va passer quelqu’un s’en va comme toujours en marge
le vrai bonheur on sait pas trop quoi vraiment
un geste un visage on n’a pas le temps même
quand c’est présent moment de désespoir anodin petit détail
vif qu’on a vu feuillage dans un jardin parisien le travail
c’est pas fini
peut-être pas bien fait ça continue le vrai bonheur est là »

James Sacré, Figures qui bougent un peu, Paris, Gallimard, coll. « Poésie », 1978, rééd. 2016, p. 62.

Citation du jour : Marie Noël

Née en 1883 et morte en 1967, Marie Noël est l’une des voix féminines de la poésie française du XXe siècle. Elle a publié des poèmes qui se rapprochent du genre de la chanson. Elle est aussi connue pour sa foi catholique qui se ressent dans son écriture poétique. Je vous propose aujourd’hui de découvrir une citation extraite des quelques poèmes que l’on peut lire sur Wikisource.

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« L’amoureuse » d’Éluard

L’un des plus célèbres poèmes d’Éluard, l’un des plus beaux aussi à mon sens, est « L’amoureuse », paru dans Capitale de la douleur (1926), plus précisément dans la section « Mourir de ne pas mourir ». Je voudrais donc commenter aujourd’hui ce poème.

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« Amour. Sans cesse ce mot-là à la bouche. Ce mot de forme ronde. Si facile sous la plume. Attendrissant la langue, cautérisant la plaie. Une pommade. Un bonbon d’enfant — mais qui ne fond pas. Et tes phrases, pour le dire, se veulent telles des corps ou des peaux, avec leurs habits du dimanche, leurs parfums, leurs chapeaux, leurs colliers et leurs bagues. Rythme toujours, musique clinquante de bijoux faux. »

Jean-Michel Maulpoix, L’Instinct de ciel, Paris, Mercure de France, 2000,
réédité en « Poésie/Gallimard » à la suite de Une histoire de bleu, 2005, II-3, p. 178-181.

D’autres « Amours »

Si vous me parlez du recueil des Amours, je comprendrais que vous évoquiez le célèbre recueil de Ronsard paru en 1552. Le grand poète de la Pléiade y célébrait son amour pour Cassandre Salviati, une jeune fille que le poète, clerc tonsuré, ne pouvait que rêver. Dans la logique de la rubrique « Le poème d’à côté », je vous invite aujourd’hui à découvrir d’autres recueils du même titre.

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La correspondance amoureuse de Marc et Nohad

Béatrice Bonhomme, poète et professeur de Littérature française du XXe siècle à l’Université Côte d’Azur, m’adresse cette note de lecture que je m’empresse de partager avec vous, tant elle donne envie de lire l’ouvrage chroniqué. Il s’agit d’un ouvrage intitulé Ma menthe à l’aube mon amante, Correspondance amoureuse entre Marc Alyn et Nohad Salameh, aux éditions Pierre Guillaume de Roux.

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« À cause de la joie qui me vient de ses yeux j’ai grande peine et tendresse aussi d’aller parmi la solitude

Fleuves nuages rutabagas les visages passent le temps poudroie

Grâce au songe de lui je ne suis plus quand je suis seule seule dans la rue […] »

Valérie Rouzeau, Va où,
Le temps qu’il fait, 2002, p. 120.

Béatrice Bonhomme, Marges, 2002 :

« Cette fois, je t’ai vu totalement et pour toujours, j’ai vu ton âme en plein, et dans ce regard nous avons tout échangé, tu étais là dans l’intemporel, tu avais traversé le temps et tu me revenais de si loin que je t’ai reconnu, et j’ai pris ta main, désormais nous avions dépassé le temps, dans ton regard j’ai tout traversé, j’ai pris ta main, c’était devant le même lycée, vingt ans après, tu étais le même, dans l’absolu, et notre amour, notre pauvre amour, ce grand amour avait gagné. »

Un autre Desnos

Quel élève n’a jamais entendu parler de la fameuse fourmi de dix-huit mètres de Robert Desnos ? Mais oui, celle qui traîne un char plein de pingouins et de canards ! Cette comptine est fort savoureuse, mais elle risque de laisser croire que le poète n’a écrit que des poèmes pour enfants. Rien n’est moins exact. Je voudrais donc aujourd’hui vous présenter un autre Desnos.

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