Archives du mot-clé corps

La poésie comme exercice d’attention dans un monde de distraction

Ça va vite. Ça va toujours plus vite. Ça va trop vite. Nos sociétés contemporaines nous entraînent à la vitesse de la fibre dans un mouvement incessant, où une image chasse l’autre, et où la pensée peine à se structurer. À l’inverse, la poésie peut proposer une autre façon d’être-au-monde.

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Le corps en poésie

C’est le thème du corps qui a été proposé par Marilyne Bertoncini pour la prochaine anthologie numérique de « Jeudi des mots.com ». J’ai bien envie de participer si j’en ai le temps, la date butoir se trouvant le 11 janvier. En attendant, je voudrais proposer une petite réflexion sur le corps en poésie.

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Ça veut sortir

C’est coincé. Ça ne peut pas sortir. Ça veut sortir. Ça bloque. Ça coince. C’est empêché: c’est là, et ça peut pas. C’est là, dans ton corps, comme un truc comme ça qui s’explique pas. C’est enfermé à l’intérieur de ton corps, quelque part sous la plèvre, quelque part sous ton épiderme, là où ça grouille, pas loin du cœur qui bat, qui veut, qui attend, qui jouit, qui espère. Quelque part sous les vastes replis de tes visières. Ça vit, ça pue, ça fourmille, ça grésille, là, quelque part, en dedans, à un endroit que tu sais pas, mais que tu sens. C’est là, comme un origami de papier qui n’attend que de se déplier. C’est là, quelque part, sans adresse fixe, et ça se répand, ça prolifère, ça se multiplie, ça se nourrit de tes doutes, de tes peurs, de ta merde. Ça circule comme un fluide en intraveineuse qui brille sur tes scintigraphies. Ça agite tes nuits, ça perturbe ton sommeil. Ça ne se laisse pas disséquer. Ça se diffuse comme une senteur immonde. Ça te commande, ça te gouverne comme une folle muse. C’est là, à l’intérieur de toi, et à un moment donné, il faudra bien que cela sorte, que cela s’exprime, que cela s’exsude, que cela jaillisse, par tous les pores, par tous les trous, par tous les orifices. C’est maintenant, c’est ici, ça explose, ça crie, ça jaillit, ça sort, ça coule, ça ruisselle, ça s’excrète ! Il n’y a plus de limite, il n’y a plus que ce flux, ça coule, ça s’écrit, et le papier est devenu LE PLUS GRAND COÏT DE L’UNIVERS ! C’est à-dire : un poème.

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« i like my body when it is with your
body. It is so quite new a thing.
Muscles better et nerves more.
i like your body. i like what it does,
i like its hows. i like to feel the spine
of your body and its bones, and the trembling
-firm-smotth ness and which i will
again and again and again
kiss, i like kissing this and that of you,
i like, slowly stroking the, shocking fuzz
of your electric fur, and what-is-it comes
over parting flesh… And eyes big love-crumbs,

and possibly i like the thrill

of under me you so quite new »

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« Anatomie du poète » de J.-M. Maulpoix

C’est une bien curieuse question qui ouvre le tout dernier essai de Jean-Michel Maulpoix : « De quoi est-ce donc fait, un poète ? » Par-delà sa simplicité apparente, la notion même de « poète » est bien moins anodine qu’il ne paraît : être biographique réel, mais aussi sujet d’encre et de mots, le poète est un être composite. Jean-Michel Maulpoix se fait donc anatomiste, et entreprend de disséquer cet être étrange qu’est le poète…

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« Les mots crèvent au ras de ma peau […] D’un côté il fait mal ; de l’autre, il fait nuit ; entre les deux, une hélice tourne dans le ventre, et l’air reflue vers ma bouche… »

Bernard Noël, Extraits du corps, 1958.
Cité d’après le Dictionnaire des grandes œuvres
de la littérature française, Le Robert,
sous la direction de Henri Mitterrand.

La poésie de Marie-Claire Bancquart

Poursuivant mon parcours des poètes contemporains majeurs de ce temps, je vous présente aujourd’hui Marie-Claire Bancquart (née en 1932). Elle est l’auteur de très nombreux recueils, auxquels elle a su d’ailleurs donner de beaux titres, comme Avec la mort, quartier d’orange entre les dents, La paix saignée, Violente vie ou encore Rituel d’emportement, Mémoire d’abolie, Opportunité des oiseaux, Dans le feuilletage de la terre…

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