Archives du mot-clé Gabriel Grossi

Poème sans texte

La plupart de mes poèmes sont, pour le dire vite, d’inspiration lyrique. Mais parfois, je m’amuse aussi avec des choses plus ludiques. J’ai ainsi publié ici même une « liturgie hellénique » qui singe la musique du grec ancien. Vous trouverez aussi, dans la même veine, un poème intitulé « une journée ordinaire » qui est uniquement composé d’onomatopées. Aujourd’hui, je vous propose de découvrir un poème qui est à regarder plutôt qu’à lire. On peut y voir une critique des commentaires qui glosent les poèmes et prennent plus de place qu’eux. N’hésitez pas à laisser votre propre commentaire, pour l’ironie de la chose !

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Bonheur de la famille réunie

C’est une longue table à l’ombre du grand pin. Les couverts déjà dressés annoncent la joie des retrouvailles. On a pensé à sortir quelques jouets pour la petite fille. La voici qui sort tranquillement chaque objet, l’un après l’autre, sous le regard attendri de l’arrière-grand-mère dans sa chaise longue. On s’installe, on discute, on savoure quelques plats. Simplicité de l’instant, dans la transparence des cœurs. Un mouvement attire le regard : c’est un lapin qui passe en quelques bonds farouches. Le bonheur aujourd’hui a la forme d’un jardin.

Gabriel Grossi

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Les ancêtres de Laurence Vielle

Laurence Vielle, née à Buxelles en 1968, a publié en 2017 un petit livre aux éditions Maelström intitulé Ancêtres. Il est centré sur un voyage en Indonésie, sur la rencontre des peuples indonésiens, qui vouent un culte particulier aux Ancêtres. À son tour, la poétesse s’interroge, et nous interroge. Quelle place laissons-nous à nos ancêtres dans nos vies ?

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Redécouvrez l’Histoire à Cagnes !

La Côte d’Azur est surtout connue pour ses plages de galets, ses hôtels de luxe, ses boîtes de nuit, son ambiance festive… Pourtant, c’est aussi un haut lieu d’Histoire. De fait, il reste de nombreuses traces du passé. Et, chose assez rare, toutes les périodes historiques sont représentées sur un territoire assez restreint. Alors, aujourd’hui, je vais commencer par vous parler de ma ville, Cagnes-sur-Mer, avec un petit voyage dans le temps. Prêts pour l’aventure ?

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La mano – La main

Je vous présente aujourd’hui un nouveau poème au format vidéo. Il s’intitule « Main » ou « La main », et il a la particularité de m’être venu à la fois en italien et en français. J’en avais déjà publié le texte sur mon blog. En voici une mise en voix et en musique : j’espère que cela vous plaira.

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L’homme au visage de chanvre et de cuir

Imaginez un être de paille planté dans un champ. Il ne rêve que d’une chose : s’animer et prendre vie. Ce poème, à mi-chemin entre Pinocchio et le Magicien d’Oz, rapporte une invocation aux forces de la nuit, jusqu’à ce que l’homme au visage de chanvre et de cuir prenne vie. Il a été écrit en 2011, à l’occasion d’un atelier d’écriture à la Fac de Lettres de Nice, portant sur le thème de l’épouvantail.

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Miroir : mon premier poème

Je vous propose aujourd’hui de (re)découvrir mon tout premier poème. Composé en 1998, à l’âge de 11 ans, ce poème a aujourd’hui près d’un quart de siècle, ce qui ne me rajeunit pas ! En voici une version vidéo, bercé par le ressac méditerranéen.

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« Là où va l’oiseau » en vidéo

La semaine dernière, je vous ai proposé de (re)découvrir l’un de mes poèmes, « Femme », en vidéo. J’ai reçu un grand nombre de retours positifs. Alors, cette semaine, je poursuis avec un autre de mes poèmes, avec Là où va l’oiseau. J’espère que vous apprécierez…

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« Femme » en musique

Aujourd’hui, je vous propose de découvrir, en vidéo et en musique, l’un de mes poèmes, intitulé « Femme ». J’ai écrit ce poème en prose il y a quelques années, le 15 février 2008 pour être exact. Il a attendu plusieurs années avant que je décide de le publier sur mon blog : c’était le 27 août 2017. Lundi dernier, j’en ai enregistré une version lue avec accompagnement musical improvisé. Aujourd’hui, j’ai profité d’une journée de répit pour mettre la vidéo en ligne.

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Poème pour présenter Laurence Vielle

Samedi 26 mars, 11 h 20, je reçois un coup de fil de Sabine Venaruzzo, organisatrice du festival Poët Poët, qui me charge de préparer une présentation collective de Laurence Vielle, une présentation poétique et pas scolaire, pour introduire sa « carte blanche » à la bibliothèque Nucéra à 15 h. Enchanté par cette proposition, j’ai l’idée de ce poème, dont la récitation sera partagée par les membres du PoëtBuro.

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Une journée ordinaire

Matin six heures drilin drilin, glou glou, miam vite, et puis flush, zip, scratch, clap clap jusqu’à vroum vroum, mais souvent stop, vrrrr, klax, vroum, criss, re-vroum, et ah stop. Clap, cui-cui, poc poc poc poc poc. Stop. Plic. Ding. « Rez de chaussée. Fermeture des portes. » Po-po-po-pôm, po-po-po-pôm. « Sixième étage. Ouverture des portes. » Zzzz, clap. « Ah, vous voilà enfin, c’est pas trop tôt. » Pouf, gzzzz, jingle. Ding. Ding. Ding ding ding dingdingdingdingding. « Vous avez. Soixante. Seize. Nouveaux messages. » Clic, clic, clic, clic, clic, clic, clic, cliclic, cliclic, clic. « Photocopiez tout de suite ce dossier, puis amenez-moi un café. » Flflflfl, zzzzzzz, kf, kf, kf, kf, biiiip. « Bourrage papier. » Han, plaf. Ah, ah. Zou. Glou, glou, ffffusch, rrrrrrrrrrr, ding. Clap, clap. « Merci. » Glou, glou ! « M’enfin, z’avez oublié le sucre ! » Plouf, kr, kr, glou glou. Hummm…. « Faxez-ça à nos partenaires japonais. » Bip, bip, bzzzzz… Clic, clic, clic, clic, clic, clic, clic, clic, clic, clic, clic, clic, clic, clic, cliclic, cliclic. « Erreur. » Plaf ! Grrr ! Plaf ! Ah, ça y est ! Ding, clic, bzzzzz. Clic, clic, clic. « Bip. Rappel. Réunion quinze heures. » Chtoïng. Clic, clic, cling. Save, print, exit. Clic, clic. Dong, clap, notif, zou, zou, bip, clang, tac, tac, flush, re-clic-clic-clic-clic. Tel, laaaaaaa, bip, bip, bip, grrrr. « Toutes les lignes de votre correspondant sont occupées. Veuillez rappeler ultérieurement. » Arg ! Croch. Clic, clic, clic, clic. Dix-sept heures. Enfin. Clap, clap, clap. « Veuillez présenter votre ticket de stationnement. » Zzzzz. Bip, bip. « L’automate ne rend pas la monnaie. » Vroum, vroum, kriiissss, abruti ! Re-vroum. Vroum et vroum. Garage, bip, bip. Stop, clap. « Troisième sous-sol. » Clap, clap, clap. Han, arf. Clefs. Griiiii. Poc. Ouf ! Douche. La, la, la, la. Miam miam. Dodo.

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Atelier poésie à Nice

C’était une première pour moi. Animer un atelier d’écriture dans une maison de retraite. Pour ouvrir à tous les portes de la poésie, dans le cadre du Festival qui s’annonce.

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Conversation avec la mer

S’en retourner, à nouveau, près de la mer.

Jamais elle ne te sera infidèle. Elle continuera de déployer ses trésors d’inventivité, ses rêves d’algues et d’écume, sa folie de vagues, ses danses capricieuses. Pour toi seul, avec ses manières excentriques, elle chantera sur un air de blues ou de fado, répétant obstinément les mêmes paroles consolatrices. Elle sait, mieux que quiconque ou presque, te divertir de ta tristesse, en te proposant, chaque jour différent, son unique spectacle, son duo de soleil et de lune, son monologue de gerbes et de lumière, son concerto pour mouettes et galets, son ballet d’écailles et de plumes. Elle s’étale sous le ciel pur d’hiver, prend la pose, s’amuse du regard des passants, puis se retire, n’en montrant pas trop d’un coup, préservant le désir, en poursuivant cette longue conversation silencieuse que tu entretiens depuis toujours avec elle. Tu lui sais gré d’ainsi prendre soin de ta tristesse.

Gabriel Grossi, 30 janvier 2022.

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Estérel

Est-ce vraiment
L'hiver
Qui se fige sous le soleil ?

Aucun vent, aucun murmure, aucun bruit, sur le sentier de pierres rouges. Le temps lui-même paraît s'être arrêté. Vigueur des pins et des eucalyptus sur le sol poussiéreux : il fait presque chaud. Se devine parfois le bouquet jaunâtre d'un mimosa prêt à éclater. Les rochers pourpres dessinent des formes alambiquées au-dessus des frondaisons. Rien ne bouge, pas même le miroir doré de la mer, au loin. Seules quelques mésanges osent parfois rompre ce silence.

Estérel, février 2022.