Archives du mot-clé Jean-Michel Maulpoix

Comment se repérer dans la poésie contemporaine ?

La poésie contemporaine est un continent aussi vaste qu’il est méconnu. Rarement placé à la lumière des projecteurs médiatiques, il demeure en retrait de l’actualité, fût-elle littéraire. Il s’agit pourtant d’un monde bien vivant, rythmé par des dizaines de publications annuelles, qui connaît un succès à son échelle, et qui mériterait d’être davantage connu. Pour vous aider à vous y repérer, je vous propose quelques (modestes) jalons.

Continuer à lire Comment se repérer dans la poésie contemporaine ?

« Je suis né en Franche-Comté, entre Vosges et Jura, de père lorrain et de mère comtoise ; mon anniversaire coïncide avec la commémoration de l’armistice de 1918. Au souvenir des rires, des bougies soufflées et des papiers multicolores, se superpose celui des drapeaux fléchis dans le matin blême tandis que retentit la sonnerie aux morts. De petits vieux bardés de médailles sont alignés auprès d’un obélisque de marbre rose gravé de lettres d’or. Un homme chauve, en uniforme, dépose une gerbe. A cette image naïve et cocardière, je frissonne encore. […] »

Jean-Michel Maulpoix, « Papiers d’identité »,
dans Papiers froissés dans l’impatience, Seyssel, Champ Vallon, 1987.

« Elle disait que l’on ne reconnaît pas les gens mal élevés à leur façon de se curer le nez aux feux rouges ou de bâiller quand on leur parle, mais à l’emploi qu’ils font du mode subjonctif dans une proposition circonstancielle de temps introduite par “après que”. »

Jean-Michel Maulpoix, Papiers froissés dans l’impatience,
Seyssel, Champ Vallon, 1987, p. 53.

« Écrire fait tomber dans la chambre quelques chutes de pluie fine. Cette eau n’est d’abord qu’un désir, la perpétuation d’un transparent rapport avec le vide, ou le sentiment d’étrangeté attaché au simple fait d’être là, lorsque l’existence déliée s’éprouve d’elle-même toute seule, telle quelle, injustifiée, limpide et stupéfaite. »

Jean-Michel Maulpoix, Chutes de pluie fine, Paris, Mercure de France, 2002, p. 158.

« Les mots parfois se précipitent.

La page bleuit, s’étale, se déplie, s’allonge, bientôt plus vaste que la mer. Elle se lève et forcit. Elle prend vers le ciel son essor. On voudrait croire alors qu’elle n’est plus ce vain chemin d’encre qui se hasarde vers nulle part, mais le cœur retrouvé de l’amour. »

Jean-Michel Maulpoix, Une histoire de bleu (1992, rééd. 2005),
Paris, Gallimard, coll. « Poésie », III-7, p. 61.

« Et peut-être la vie d’un homme n’est-elle somme toute que cela : une succession mal définie de naissances et de trépas imaginaires. On se plaît à la concevoir unique et continue, semblable à un fleuve qui s’écoule de sa source vers son embouchure, on lui prête une orientation et un destin, on la dit glorieuse ou maudite, quand elle n’est, en définitive, qu’un tas de papiers froissés, couverts de ratures et de taches. »

Jean-Michel Maulpoix, L’Écrivain imaginaire,
Paris, Mercure de France, 1996, I-1, p. 11-12.

« J’aime que le papillon de nuit fasse preuve d’un souverain mépris à l’égard de nos occupations savantes et choisisse de vivre à l’heure frileuse où les hommes ronflent sur le dos pour la plus grande joie des étoiles moqueuses et de la mort. »

Jean-Michel Maulpoix, La Parole est fragile,
Manier-Mellinette, Imprimerie de Cheyne, Le Chambon sur Lignon, 1981, III-1, p. 27.

Un entretien entre Jean-Michel Maulpoix et Alí Calderón

Le mois dernier, la revue mexicaine en ligne Círculo de Poesía a interrogé le poète français contemporain Jean-Michel Maulpoix. L’entretien a été conduit par Alí Calderón.

Cet entretien a porté sur le lyrisme, notion chère au poète puisque celui-ci lui a consacré de nombreux essais, dont le volume Du Lyrisme, paru en 2000 aux éditions José Corti. Jean-Michel Maulpoix rappelle qu’on ne peut réduire le lyrisme à la seule expression de la subjectivité, au pathos et à l’émotivité. Il revendique un « lyrisme critique », qui interroge ses propres pratiques tout en demeurant attentif à l’altérité.

Rilke et Maulpoix sur France Culture

Le poète contemporain Jean-Michel Maulpoix, professeur à l’Université de la Sorbonne Nouvelle, était récemment invité au micro de France Culture afin de parler d’un autre grand poète, Rainer Maria Rilke.

Continuer à lire Rilke et Maulpoix sur France Culture

La poésie de Jean-Michel Maulpoix en 4 tableaux célèbres

Parmi les sources d’inspiration du poète contemporain Jean-Michel Maulpoix, la peinture et la musique figurent en bonne place. Je vous avais déjà parlé de son travail commun avec le peintre Christian Gardair, qui a notamment donné lieu à une vidéo consultable sur Dailymotion. J’ai également rappelé que le titre de son recueil Pas sur la neige est inspiré d’un prélude de Claude Debussy. Aujourd’hui, je vous propose une petite promenade virtuelle autour de quelques œuvres d’art célèbres qui ont inspiré le poète.

Continuer à lire La poésie de Jean-Michel Maulpoix en 4 tableaux célèbres

Bac 2015 : Jean-Michel Maulpoix au programme de la série L

Ce matin, les élèves de Première passaient les épreuves anticipées du baccalauréat en Français. Comme chaque année, ils devaient plancher sur un corpus de plusieurs textes, assorti d’une question puis de trois sujets au choix : commentaire composé, dissertation ou écriture d’invention. Et c’était la poésie qui était à l’honneur de la série L, avec, notamment, un extrait de L’instinct de ciel de Jean-Michel Maulpoix, le poète contemporain sur lequel j’ai travaillé pendant plusieurs années pour ma thèse de doctorat.

Continuer à lire Bac 2015 : Jean-Michel Maulpoix au programme de la série L

Avez-vous déjà lu… un poème d’un seul vers ?

Saviez-vous qu’il existait un poème vide de Victor Hugo, c’est-à-dire sans texte ? Ou encore, des poèmes d’un seul mot, voire d’une seule lettre, de la plume de l’oulipien François Le Lionnais ? Si ce n’est pas le cas, je ne peux que vous recommander très vivement de parcourir le blog Textualités, que j’ai découvert au fil de mes pérégrinations sur le Web.

Continuer à lire Avez-vous déjà lu… un poème d’un seul vers ?

Écouter Debussy en lisant Maulpoix…

Le prélude Des pas sur la neige n’est pas le plus connu du compositeur Claude Debussy, mais c’est lui qui a servi de titre au recueil de Jean-Michel Maulpoix, Pas sur la neige, paru en 2004. Continuer à lire Écouter Debussy en lisant Maulpoix…

Qu’est-ce que la poésie ?

Qu’est-ce que la poésie ? Vaste question, à laquelle je ne répondrai pas en une seule fois ! Vous avez déjà pu trouver, dans un précédent billet, plusieurs citations de poètes contemporains qui tentent de définir la poésie. Aujourd’hui, j’avance un peu plus loin dans la réflexion, en procédant par tâtonnement : je préciserai ce que la poésie n’est pas, ce qui devrait permettre de comprendre un peu mieux ce qu’elle est.

Article publié le 25 mai 2015, et mis à jour le 25/07/2025

Continuer à lire Qu’est-ce que la poésie ?

Victor Hugo : « J’ai mis un bonnet rouge à mon dictionnaire » (solution du jeu)

La semaine dernière, je vous avais proposé un petit jeu, consistant à retrouver la citation qui se cachait derrière une illustration représentant un dictionnaire coiffé d’un bonnet rouge.

Continuer à lire Victor Hugo : « J’ai mis un bonnet rouge à mon dictionnaire » (solution du jeu)

Que dire encore ? J’aime le bleu. C’est la couleur des gendarmes, des yeux de maman et des rideaux de ma chambre. Ceux de mon âge, en général, préfèrent le rouge. Mais c’est ainsi, j’ai le goût du grand large et de la maréchaussée.

Jean-Michel Maulpoix, Journal d’un enfant sage,
Paris, Mercure de France, 2010, p. 21.

Les revues, passeurs de poésie

Le recueil de poèmes n’est pas la seule manière de lire de la poésie. Il y a aussi les revues. Ces périodiques consacrés à la poésie contemporaine publient des inédits, des poètes étrangers, des poètes encore inconnus. Le Dictionnaire de poésie de Baudelaire à nos jours dirigé par Michel Jarrety cite soixante-quatre revues de poésie depuis le XIXe siècle. Dans Poésies aujourd’hui, Bruno Grégoire en présente quarante-huit. Petit tour d’horizon parmi celles-ci…

Continuer à lire Les revues, passeurs de poésie