Archives du mot-clé poésie


« À cause de la joie qui me vient de ses yeux j’ai grande peine et tendresse aussi d’aller parmi la solitude

Fleuves nuages rutabagas les visages passent le temps poudroie

Grâce au songe de lui je ne suis plus quand je suis seule seule dans la rue […] »

Valérie Rouzeau, Va où,
Le temps qu’il fait, 2002, p. 120.

« Magnitudo parvi » de Victor Hugo

Durant toute ma scolarité, secondaire comme supérieure, je n’ai que très rarement eu affaire à Victor Hugo, lequel est donc un poète que j’ai largement découvert par moi-même. Aujourd’hui, je voudrais vous présenter un très long poème des Contemplations, intitulé « Magnitudo parvi ».

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Connaissez-vous la revue « Florilège » ?

Il y a quelques jours, j’ai reçu un message de la part du poète Stephen Blanchard. Celui-ci souhaitait publier dans sa revue de poésie, Florilège, l’un des articles de mon blog, celui où je tentais de répondre à la question : « Quel est le plus grand poète français actuel ? » Il m’a ensuite adressé le numéro de septembre de cette revue, ainsi que plusieurs recueils de poésie. Afin de remercier Stephen Blanchard, je souhaite vous présenter cette revue qui en est déjà à son 176e numéro.

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« Le poète est celui qui inspire bien plus qu’il n’est inspiré »

C’est une belle citation que celle qui fournit le titre de l’article d’aujourd’hui. Elle est de Paul Éluard, dans l’Évidence poétique (1939). Je l’ai trouvée dans l’excellent site lettresclassiques.fr, que, par ailleurs, je ne peux que vous recommander. Elle fera donc la matière de ma réflexion d’aujourd’hui.

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Quand Baudelaire rencontre le Diable…

Il a plusieurs visages. Il est parfois représenté comme une bête velue, finalement plus proche de l’animal que de l’humain, une créature cornue à l’apparence terrifiante. Parfois au contraire, il apparaît comme un homme élégant, bien mis, séducteur, au regard sombre et pétillant de malice… Après tant d’autres, Dante et Goethe notamment, Baudelaire, à son tour, fait intervenir le diable dans l’un de ses poèmes en prose, intitulé « Le Joueur généreux ».

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Poètes de Nice, poètes du monde

Je suis récemment tombé sur une belle anthologie publiée par le CRDP de Nice. Le principe en est fort intéressant : on a demandé à plusieurs poètes niçois de donner à lire des poètes francophones du monde entier. C’est une belle façon de relier les aires culturelles et de montrer que la poésie peut se partager d’un bout à l’autre du monde !

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« Maélo » de Gérard Noiret

Je voudrais vous parler aujourd’hui d’un tout petit livre que j’ai récemment découvert en parcourant une boîte à livres : le nom de l’auteur m’a arrêté, car je l’avais rencontré à Cerisy à l’occasion du colloque sur Marie-Claire Bancquart. Ce petit ouvrage, sobrement intitulé Maélo, possédait un défaut de fabrication, certaines pages étant imprimées plusieurs fois alors que d’autres manquent. Je l’ai néanmoins lu avec plaisir.

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« Donnez-moi le silence, l’eau, l’espoir.
Donnez-moi le combat, le fer et les volcans.
Collez vos corps à moi ainsi que des aimants.
Accourez à ma bouche et à mes veines.
Parlez avec mes mots, parlez avec mon sang. »

Pablo Neruda, Chant général, Paris, Gallimard, coll. « Poésie », p. 51.

Poésie et idéal

« Au reste, le domaine de la poésie est illimité. Sous le monde réel, il existe un monde idéal, qui se montre resplendissant à l’œil de ceux que des méditations graves ont accoutumés à voir dans les choses plus que les choses. »

Victor HUGO (1802-1885), Préface des Odes (1822)
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Poésie, prière et précarité

Je voudrais vous parler aujourd’hui de La poésie précaire. Cet essai a été publié en 1997 par Jérôme Thélot. En s’appuyant sur le concept central de « précarité », il éclaire d’une façon originale la poésie moderne et contemporaine.

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Charles Cros (Wikipédia)

« C’est l’été. Le soleil darde
Ses rayons intarissables
Sur l’étranger qui s’attarde
Au milieu des vastes sables.

Comme une liqueur subtile
Baignant l’horizon sans borne,
L’air qui du sol chaud distille
Fait trembloter le roc morne. »

Charles Cros, « L’été », dans Le Coffret de santal (Tresse, 1879), d’après Wikisource.

Qu’est-ce que lire de la poésie ?

Je viens de trouver sur le blog « Lire, dit-elle », cette intéressante citation d’Yves Bonnefoy qui fera l’objet de ma réflexion du jour : «Le lecteur de la poésie n’analyse pas, il fait le serment de l’auteur, son proche, de demeurer dans l’intense.» Un tel propos nous amène à nous demander ce qu’est réellement le fait de lire de la poésie.

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Parcours dans la poésie de Béatrice Bonhomme

Née en 1956 à Alger, Béatrice Bonhomme vit à Nice, où elle enseigne la Littérature française du vingtième siècle à l’Université. Dans le cadre de son travail de recherche universitaire, elle a fondé l’axe « Poïéma » au sein du Centre Transdisciplinaire d’Épistémologie de la Littérature, laboratoire qu’elle a dirigé pendant plusieurs années. Elle a écrit de nombreux ouvrages critiques et articles sur la poésie, mais aussi sur le roman (notamment sur Jean Giono). Elle a fondé la revue Nu(e) qui rassemble poètes, critiques et plasticiens, désormais publiée en ligne sur le site Poezibao. Elle m’a fait l’honneur de diriger ma thèse de doctorat. Elle est aussi — et surtout — l’auteur de nombreux ouvrages poétiques, récompensés par le prix Senghor en 2016 et par le prix Vénus Khoury-Ghata en 2019.

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« L’absent » par Eileen Cicoli

Vous pouvez verser des larmes parce qu’il est parti, ou
Vous pouvez sourire parce qu’il a vécu.

Vous pouvez fermer les yeux et prier pour qu’il revienne, ou
Vous pouvez ouvrir les yeux et voir ce qu’il nous a laissé.

Votre cœur peut-être vide parce que vous ne pouvez le voir, ou
Il peut être plein de l’amour que vous avez partagé.

Vous pouvez tourner le dos à demain et vivre hier, ou
Vous pouvez être heureux demain parce qu’il y a eu hier.

Vous pouvez vous souvenir de lui et ne penser qu’à son départ, ou
Vous pouvez chérir ce souvenir et le laisser vivre.

Vous pouvez pleurer et vous fermer, ignorer et tourner le dos, ou
Vous pouvez faire ce qu’il aurait voulu : Sourire, ouvrir les yeux, aimer et continuer.

Eileen Cicoli. Extrait de “The Poem”