Archives du mot-clé poésie

Une rose (Pixabay)

« La rose est la source
Le centre du temps
Le soleil la trousse
Pour mourir dedans.

T’as des bégonias
Plein les jambes plein
Le dessous des bras
D’autres dans les seins

Le taureau dessine
Un geste précis
Et rouge assassine
Le monde et midi »

James Sacré, Le taureau, la rose, un poème,
Cadex éditions, 1990, p. 32.

50.000 visiteurs uniques : merci !

Un petit événement vient d’avoir lieu dans la vie du blog « Littérature Portes Ouvertes » : il a récemment atteint les cinquante mille visiteurs uniques depuis sa création. C’est l’occasion de revenir sur les articles que vous avez préférés…

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Victor Hugo : « Nuits de juin »

Un collègue — et qu’il en soit ici très chaleureusement remercié — m’a fait découvrir un beau poème de Victor Hugo. Impossible pour moi de ne pas vous en parler. Déjà, c’est un poème de saison, qui convient parfaitement en ce début juin. Ensuite, ce poème se trouve publié juste après le très célèbre « Oceano nox » (« Ô combien de marins, combien de capitaines ! ») : il se prête donc parfaitement à la rubrique « Le poème d’à côté ». Voici ce poème…

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Un oiseau de James Sacré

Après les escargots, après les bocaux, je vous propose aujourd’hui de découvrir un oiseau de James Sacré. Le recueil s’intitule plus exactement Un oiseau dessiné, sans titre. Et des mots. Il a été publié aux éditions Tarabuste en 1988.

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Qui est Serge Pey ?

Il vient de recevoir le Grand Prix national de Poésie, décerné par la Société des Gens de Lettres. Mais qui est donc Serge Pey ? Quelques explications…

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Paul Verlaine : « Il faut, voyez-vous, nous pardonner… »

Inutile de présenter longuement Paul Verlaine, tant son nom est des plus célèbres. Inutile de rappeler sa passion pour Rimbaud. Inutile de préciser que la musicalité de ses poèmes, et leur goût pour l’impair, ont profondément marqué la modernité poétique. Et cependant, Verlaine ne me semble pas si connu que cela. En tant qu’élève puis étudiant, jamais je n’eus à étudier ses poèmes, alors que Baudelaire et Rimbaud, notamment, furent au programme de mes études. Dès lors, j’ai découvert Verlaine sans trop d’a priori. Et je demeure convaincu que c’est un immense poète. Dans la logique de la rubrique « Le poème d’à côté », je vous propose de découvrir le poème qui suit immédiatement, dans Romances sans paroles, le célèbre « Il pleure dans mon cœur ».

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D’un lyrisme oblique : Jean-Yves Masson

Écrivain, poète, professeur de littérature, éditeur, traducteur, Jean-Yves Masson, né en 1962 en Lorraine, est l’auteur d’ouvrages de poésie, notamment les Onzains de la nuit et du désir suivis des Neuvains du sommeil et de la sagesse, ainsi que de nouvelles et d’un conte, la Fée aux larmes. J’ai déjà cité plusieurs poèmes de Jean-Yves Masson, et je voudrais à présent vous présenter ses Neuvains, recueil que j’ai particulièrement apprécié.

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La phrase qui s’éveille,
aucun horizon ne la cerne,
elle respire, elle ne parle

au nom de personne,
elle met au monde,
sa voix est prête

sans crainte à se parfaire,
ne refuser que de conclure,
se donner, dire « nous ».

Pierre Dhainaut, « La phrase qui s’éveille… »
dans Nu(e), n°45, « Pierre Dhainaut », novembre 2010, p. 217.

Les bocaux de James Sacré

L’une des grandes tendances du lyrisme poétique contemporain en France est l’humilité et la modestie. Finies, donc, les grandes exclamations larmoyantes, les cris de détresse, les envolées théâtrales. Le lyrisme, ce n’est pas seulement cela. On ne peut pas se contenter, pour définir le lyrisme, de relever uniquement ses caractéristiques les plus extrêmes, sans quoi l’on n’aboutit qu’à une image très caricaturale. C’est ce dont on peut se rendre compte en parcourant le livre de James Sacré intitulé Bocaux, bonbonnes, carafes et bouteilles (comme), paru aux éditions du Castor Astral en 1986.

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La revue Nu(e) célèbre la poésie roumaine

La revue Nu(e), fondée en 1994 par Béatrice Bonhomme et Hervé Bosio, est consacrée à la poésie contemporaine. Dans chacun des soixante-trois numéros déjà publiés, la revue se propose de réunir poètes, écrivains, chercheurs et plasticiens, généralement autour d’un poète contemporain, plus rarement autour d’un thème commun.

Des numéros ont déjà été consacrés, notamment, à Pierre Jean Jouve, Michel Deguy, Marie-Claire Bancquart, Jean-Michel Maulpoix, Salah Stétié, James Sacré, Antoine Emaz, Yves Charnet, Benoît Conort…

Le dernier numéro en date est consacré à la poésie roumaine contemporaine.

Site de la revue Nu(e) : http://www.revue-nue.org/

Les escargots de James Sacré

James Sacré est un poète français né en 1939 en Vendée. Il a été instituteur en France puis enseignant du supérieur aux États-Unis. J’ai eu la chance de l’entendre lire ses poèmes, lorsqu’il était invité par l’Université de Nice ou par la Bibliothèque Nucéra. Je voudrais aujourd’hui vous présenter l’un de ses ouvrages, paru aux éditions Tarabuste en 1991, intitulé Comme en disant c’est rien, c’est rien. C’est un recueil de poèmes qui parle d’escargots. Oui, oui, d’escargots

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Faire écrire de la poésie à des enfants

L’Observatoire National de la Lecture (ONL) affirme que l’enseignement de la poésie « pose problème » aux enseignants : ceux-ci ressentiraient un « malaise » qui expliquerait le fait que la poésie soit souvent reléguée à l’école « à l’heure de la récitation ». Jean Verrier ne dit pas autre chose lorsqu’il constate que « le syntagme “enseigner la poésie” est presque toujours présenté à la forme interrogative et diversement modalisé : “peut-on”, “doit-on”, etc. ». Pourquoi et comment faire écrire de la poésie à des enfants ?

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Poésie au monastère de Saorge

Surplombant les gorges de la Roya, le village de Saorge se blottit contre les cimes montagneuses des Alpes, dont certaines conservent, en ce mois de mars, un chapeau de neige. À l’extrémité du village, un peu en hauteur, se trouve un ancien monastère, aux murs blancs partiellement recouverts de fresques. C’est là, dans le cloître, dans la bibliothèque, dans le réfectoire et dans l’église, que se tenait, dimanche dernier, l’une de ces « Journées Poët Poët » organisées par la compagnie « Une petite voix m’a dit » dans le cadre du Printemps des Poètes.

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Festival poétique à La Gaude

article-afriqueUne petite troupe s’amasse sur le parking de La Gaude, ce vendredi 10 mars 2017, aux alentours de dix-neuf heures. Pourquoi cette soudaine affluence dans le paisible village de la Côte d’Azur ? C’est que la joyeuse troupe s’apprête à embarquer pour le monde de la « Pouasie »…

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Danse et poésie : James Sacré

Je me permets de relayer cette information : Béatrice Bonhomme, poète et professeur de littérature française à l’Université de Nice, interviendra le mardi 14 mars 2017 au sujet de la poésie de James Sacré, dans une conférence intitulée « James Sacré : des gestes et des mots », dans le cadre du séminaire « Articuler danse et poésie » actuellement en cours au sein du Centre Transdisciplinaire d’Épistémologie de la Littérature et des Arts Vivants (CTEL) de l’Université de Nice.

  • Date : mardi 14 mars 2017
  • Heure : de 10 h à 12 h
  • Lieu : Faculté de Lettres, Bd. Edouard Herriot, Nice – Salle 218 Extension

Afrique

Texte personnel

On ne l’avait pas vue arriver. Elle était surgie de nulle part, comme toute chose dans une bananeraie. Elle promenait avec elle le silence, dissimulé parmi les fruits de sa robe et ceux qu’elle portait dans une corbeille d’osier. Y avait-il un nourrisson endormi sur son dos ? On n’aurait su le dire, à travers les palmes alanguies de l’été, pas plus qu’on ne pût deviner où elle se rendait. Son regard, aussi noir et luisant que sa peau, s’ourlait de chansons douces, et pourtant, traduisait la volonté inébranlable de continuer à être femme dans les souffrances de la pauvreté, de la sécheresse, de la guerre toujours latente. Elle répétait inlassablement les mêmes gestes, habituels et consciencieux, sans mépriser leur caractère anodin, mais au contraire avec toute l’attention et tout l’amour dont est capable une mère. Ses mains roses travaillaient avec douceur, imprimant un peu de leur sérénité aux choses qu’elle manipulait, faisant de chaque geste un semblant de caresse.

Gabriel GROSSI, « Afrique » (2008),
paru dans le n°52 « Jokari » de la revue Nu(e), 2012, p. 37.

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Il y a dans la nuit ton cri. Tu le répètes au moins trois fois. Je ne l’entends qu’en m’affolant. Tu cries avec les étoiles. Tu cries avec ton ventre qui déchire. Je dors dans la surdité de l’écrasement. Je ne t’entends pas. Mais les étoiles traversent mon rêve. Les déchirements de ton ventre m’ouvrent les yeux. Je t’entends tomber. J’entends ton cri descendre me prendre. Dans la nuit éblouissante. Je m’accroche à ta chute. […] »

Serge Martin, Ta résonance, ma retenue (extrait),
à paraître prochainement aux éditions Tarabuste.

Lire la poésie d’Aimé Césaire

Aimé Césaire est une grande voix de la poésie française du XXe siècle. Il fait partie des poètes qui seront célébrés par le Printemps des Poètes, dont la thématique est cette année « Afrique(s) ». L’ensemble de son œuvre poétique a été réunie aux éditions du Seuil en 1994 et rééditée en 2006.

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