Archives du mot-clé poésie

« Lorsque l’enfant paraît, le cercle de famille
Applaudit à grands cris. Son doux regard qui brille
Fait briller tous les yeux,
Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être,
Se dérident soudain à voir l’enfant paraître,
Innocent et joyeux.« 

Victor HUGO, Les Feuilles d’automne,
d’après Œuvres complètes, Ollendorf, 1909, via Wikisource.

Un poème de Paul Celan

Paul Celan (1920-1970) fait incontestablement partie des grands poètes du XXe siècle. Sa poésie est profondément marquée par l’enfer des camps nazis, où ses parents furent déportés et trouvèrent la mort, avant que lui-même ne fasse l’expérience des travaux forcés en 1942-1944. Son recueil posthume Partie de neige, composé en 1968, n’est pas le plus connu, et c’est le poème qui donne son titre à ce recueil que j’ai choisi de vous présenter.

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Mallarmé en 5 citations

Stéphane Mallarmé a une réputation de poète difficile, voire obscur. Pourtant, c’est un poète qui mérite d’être lu. Je vous propose aujourd’hui, en guise d’introduction à la lecture de Mallarmé, 5 citations qui vous permettront de mieux le connaître.

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« Et les propos qui me sont les plus chers, c’est entre guillemets que je devrais les écrire ; ils ne m’appartiennent pas. Je ne suis personne ; ma tête bourdonne de la rumeur des livres. L’amour et la mort sont imprononçables. »

Jean-Michel Maulpoix, Les abeilles de l’invisible,
Seyssel, Champ-Vallon, IX, p. 95.

« Si ta fraîcheur parfois nous étonne tant,
heureuse rose,
c’est qu’en toi-même, en dedans,
pétale contre pétale, tu te reposes.

Ensemble tout éveillé, dont le milieu
dort, pendant qu’innombrables, se touchent
les tendresses de ce cœur silencieux
qui aboutissent à l’extrême bouche. »

Rainer Maria Rilke, Les roses, source « rilke.de ».

« Il est besoin d’un lecteur d’un geste de papier
D’un miroir Tu es visage ma feuille mon échancrure
Je suis le tissu pour que tu sois ton vide La surface
Pour que froisse la main L’aber où l’eau s’aiguise
Racine où le sol tressaille Ton blanc mon noir
Le creux pour ma difficulté le blanc pour que je sois
Ce dessin que je ne serais pas Tu es peau pour
Mon alphabet J’étais l’air pour que tu m’engorges
Alvéole pour que tu fusses arcade »

Michel Deguy, Donnant donnant, Poèmes 1960-1980,
Paris, Gallimard, coll. « Poésie », 2006, p. 158.

Paris vu par les poètes

Paris, capitale de la France, haut lieu d’histoire et de culture, a inspiré maints poètes, et ce, à différentes époques. La poète et universitaire Marie-Claire Bancquart s’est d’ailleurs attachée à étudier ce motif dans Paris des surréalistes et dans Images littéraires de Paris fin de siècle. Plus modestement, je vous propose aujourd’hui de découvrir quelques poèmes dont Paris est le sujet principal.

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« le chemin tremble sous la chaleur
la brise passe d’une mâture à l’autre
dans le soleil dansant du soir
lumière filtrante
autre caresse autre douceur
le froissement des aiguilles brunes
piqûre sur les mollets nus
l’odeur de résine encore
qui enfle les poumons »

Citation extraite d’un poème intitulé « La complainte des petits gris »,
par Angèle Paoli, paru dans Nu(e), n°52, Jokari/Enfances, 2012, p. 188.

Pour en savoir plus sur Angèle Paoli, on se reportera à son blog « Terres de femmes ».

« Comme la lune est le miroir du soleil, l’eau est de la lumière qui s’enfonce dans la terre, une lumière fraîche, un ciel de septembre.

L’étoile est un feu d’eau, un feu glacé.

Tout devient bleu comme sous une chevelure défaite, un visage assombri par le désir ou le chagrin.

Tout devient bleu, surtout au loin les montagnes. Plus près on voit encore des rochers, des arbres plus clairs que les autres.

Il y a comme une tendre accalmie. »

Philippe Jaccottet, La Semaison, Carnets 1954-1979,
Paris, Gallimard, coll. « nrf »,
via l’aperçu de Google Books.

« Votre muse est dans son printemps »

Je vais vous parler d’un poème que j’ai trouvé sur Google Books au hasard d’une recherche. Le nom de l’auteur n’est pas des moins intéressants, mais lisez d’abord le poème, je révélerai l’auteur ensuite…

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Quand les poètes chantent Vénus…

Vous avez été nombreux à lire mon billet sur « L’heure du berger » de Paul Verlaine. Ce très beau poème associe la planète Vénus avec la déesse du même nom. Je vous propose aujourd’hui trois autres poèmes, très différents, sur le même thème…

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Poésie et peinture : les « livres de dialogue »

L’art de l’illustration dans les livres ne date pas d’hier : que l’on songe aux manuscrits enluminés du Moyen Âge pour s’en convaincre. Mais il est une pratique assez particulière, qui confère à l’illustration un rôle bien particulier, en ce qu’elle relève du dialogue de deux artistes : la création à quatre mains d’un livre par un poète et un artiste plasticien.

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« Aux lecteurs

Je vous écris de près
entre votre malheur et votre peau

Entre
j’essaie de mettre un tournesol

Je n’ose pas
employer de grands mots en voyage magnétique
des mots orgueilleux d’être
pour affréter les invisibles continents

Vous
moi
c’est ovation timide vers le monde. »

Marie-Claire Bancquart, « Aux lecteurs »,
dans Partition, Paris, Belfond, 1981, p. 105.

Un poème de Daniel Biga

Je vous ai déjà parlé ici ou de Daniel Biga, un poète français né en 1940 à Nice. Je vous propose aujourd’hui un poème extrait de Détache-toi de ton cadavre, recueil publié en 1998 et réédité en 2015 à la suite des haïkus de Le sentier qui serpente. J’ai choisi ce poème parce qu’il porte sur le nom même de Biga, ce qui n’est pas la moins bonne façon de faire connaissance avec ce poète, et parce qu’il est fort savoureux et plein de vie, à l’image du recueil entier.

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Poésie et simplicité

Il est des poètes virtuoses, dont le talent réside dans la capacité à utiliser toutes les ressources de la langue et de la versification pour produire des poèmes qui tiennent du tour de force. Dans un billet précédent, j’en montrais trois exemples, chez Ronsard, chez Baudelaire et chez Mallarmé. Mais il en est d’autres, et non des moindres, qui font au contraire le pari de la simplicité…

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De la virtuosité en poésie

Il y a des poèmes dont la beauté réside dans l’incroyable simplicité. Il en est d’autres qui, à l’inverse, font apparaître la grande virtuosité de leur auteur. Je vous propose aujourd’hui quelques poèmes dont la conception repose sur un tour de force.

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