Ecrire un article à propos d’une seule phrase, c’est le pari que je m’assigne aujourd’hui pour ce billet. Mais cette phrase, ce n’est pas n’importe laquelle puisqu’elle est de Rimbaud :
« Je sais aujourd’hui saluer la beauté. »
C’est par cette phrase que se termine « l’Alchimie du verbe », deuxième des « Délires » d’Une Saison en Enfer. C’est une phrase remarquable, qui justifiait bien, à elle seule, que j’y consacre un billet. Jugez plutôt.
« Un arbre, c’est de la terre qui s’élève, se ramifie et s’épanouit vers le bleu. C’est une conversation de feuillages et de fruits entre le soleil et la mort. C’est encore une échelle où s’ajustent nos proportions et nos climats.
Le début et la fin de l’herbe sont incertains. »
Jean-Michel Maulpoix, Pas sur la neige,
Paris, Mercure de France, 2004, p. 109.
Antoine Émaz est un poète français contemporain né en 1955. Je suis loin d’avoir parcouru l’ensemble de son œuvre poétique, mais ce que j’en ai lu a suffi pour me convaincre. Petit parcours dans la poésie d’Antoine Émaz…
Comment parler de poésie aux enfants ? Comment faire en sorte qu’elle soit pour eux une réalité vivante, qu’ils soient susceptibles d’aimer ? Voilà des questions qui m’intéressent au plus haut point. Or, voici que le poète Jean-Michel Maulpoix vient de faire paraître, sur son site Internet, son avis sur la question. Allons-y voir…
C’est aujourd’hui, 5 mars 2015, que démarre le dix-huitième « Printemps des poètes ». La manifestation durera jusqu’au 20 mars. Autour du thème annuel, le XXe siècle, de nombreuses manifestations sont organisées un peu partout en France.
Je viens d’apprendre que Béatrice Bonhomme, poète et chercheur en littérature, est lauréate du Prix de poésie Léopold Sédar Senghor, décerné par le Cénacle Européen Francophone.
Pour en savoir plus sur son œuvre, voir tous les articles qui lui sont consacrés sur ce blog.
« Air, arbres, corps et mer,
cordes, cuivres et vents,
par nos mains et nos bouches,
la source sans racine
ni nom, ni lieu, ni toit,
compose la musique »
Lorand Gaspar, Patmos et autres poèmes,
Paris, Gallimard, coll. « Poésie », 2001-2004, p. 103
Jour de neige, par Alpha du Centaure, flickr, libre de réutilisation
« [L’expérience poétique est] analogue à celle de marcher dans la neige où chaque pas crisse, inaugural. Ainsi la parole poétique, dans ses meilleurs moments, est-elle fraîche, neuve, non parce qu’elle userait d’un vocabulaire, d’une syntaxe particulièrement originaux, mais parce qu’elle s’applique à une réalité vierge, encore innommée. En marchant dans la neige, on prend mieux conscience du sol qui précède nos pas. »
Jean-Pierre Lemaire, Marcher dans la neige, Un parcours en poésie, Montrouge, Bayard, coll. « Christus », 2008, p. 17.
« [La littérature française contemporaine] fait preuve d’une prodigieuse vitalité : loin de suivre un cours tranquille sur des voies balisées, elle invente des formes […]. Elle se saisit à bras le corps de questions décisives pour notre temps : l’être social, l’inscription dans l’Histoire, la confrontation au réel, la méfiance envers les discours, l’usage du quotidien, le renouvellement des formes de l’engagement… Les genres sont vivifiés : la pulsion narrative se réaffirme, la poésie se refonde dans le lyrisme, le théâtre refait l’expérience conjointe du texte et du corps. […] [N]otre littérature a connu en un quart de siècle l’un de ses plus prodigieux renouvellements, comme peu de périodes dans l’histoire littéraire en donnent exemple […]. »
Dominique Viart, Bruno Vercier, La littérature française au présent,
2e édition augmentée, Paris, Bordas, 2008, p. 525-526.
« J’ai tendu des cordes de clocher à clocher ; des guirlandes de fenêtre à fenêtre ; des chaînes d’or d’étoile à étoile et je danse », disait Arthur Rimbaud dans Illuminations. Et c’est précisément en reliant des constellations que s’est bâti un curieux site Internet, intitulé « Les Surgissantes« . Sur ce site consacré à la littérature et à la poésie, vous trouverez non des textes, mais des liens sous forme d’étoiles reliées en constellations.
La revue Noto se feuillette comme un vrai livre sur son site Internet. On tourne les pages d’un clic. L’un des textes que vous pourrez lire de cette manière a été écrit par Jean-Michel Maulpoix : le poète contemporain s’intéresse à Rimbaud, « le fils de Vitalie », et à ses relations avec sa mère, la mother.
Le thème de l’amour est sans doute l’un des plus féconds en poésie, et il est intéressant d’étudier la façon dont il se décline à travers les âges. Bien sûr, un tel sujet nécessiterait bien davantage qu’un billet de blog. Ce sera ici l’occasion pour moi de présenter trois poèmes très célèbres, qui, tous trois, abordent ce thème par la menace du flétrissement de la jeunesse.
« Femme, femme, au secours
Contre le souvenir
Enrôleur de la mer.
Mets près de moi
Ton corps qui donne. »
Eugène Guillevic, Carnac,
dans Sphère suivi de Carnac, Poésie/Gallimard,
1977, rééd. 2007, p. 199.
Pour accompagner le « Voyageur à son retour »
Portrait de Jean-Michel Maulpoix (source : Wikipédia)
C’est officiel, le nouveau recueil de Jean-Michel Maulpoix, intitulé Le Voyageur à son retour, dont je vous avais parlé il y a quelque temps, vient de paraître en librairie. Et il ne voyage pas seul. En effet, l’ouvrage s’accompagne de lectures, dont quatre viennent d’être publiées sur le site Internet du poète. Parmi celles-ci, vous trouverez plusieurs poèmes de ma main. Je remercie sincèrement Jean-Michel Maulpoix pour m’avoir invité à publier ces textes en marge de son ouvrage. Vous les trouverez ici.
Paul Valéry, « La fileuse », Album de vers anciens, 1920,
source : Wikisource.
En buvant
» […] Je cueille des chrysanthèmes sous la haie de l’est,
Je contemple paisiblement la Montagne du Sud.
Le soir, l’air des cimes est doux,
Un à un les oiseaux y retournent.
Là est la vie véritable,
Ineffable. »
Extrait de « En buvant », par Tao Yuanming,
d’après La poésie chinoise, Mango Jeunesse, 2000.
Que ce soit à la radio, à la télé ou dans le journal, on ne parle pas de poésie très souvent. C’est dire tout l’intérêt d’une manifestation telle que Le Printemps des Poètes, organisée dans toute la France et même à l’étranger. Un peu partout, donc, des événements seront organisés, histoire de parler et de faire parler de poésie, de montrer des recueils, de réciter de la poésie, de mettre en scène des spectacles…
La collection « Poésie » des éditions Gallimard a 50 ans, et un très beau catalogue ! A l’occasion de cet anniversaire, nous apprend la revue Traversées, trois rencontres et lectures seront organisées au CNL à Paris…
À l’occasion des 50 ans de la collection « Poésie/Gallimard » et de ses 70 ans, le Centre national du livre est heureux de vous inviter à trois rencontres et lectures exceptionnelles.
Le premier rendez-vous aura lieu au CNL le 21 janvier à 19h avec :
André Velter, directeur de la collection
et les poètes Zéno Bianu, Xavier Bordes, Jacques Darras et Abdellatif Laâbi Rencontre animée par Jean-Claude Perrier.
En application du plan Vigipirate, nous vous prions de bien vouloir vous présenter à l’accueil au moins 15 minutes avant le début de la rencontre. Une pièce d’identité vous sera demandée à l’entrée. Veuillez aussi noter que les sacs de grande contenance et les…
Sur l’orient comme tout ce qui naît, une attention fragile enfante d’un indistinct élément. On ne sait, au juste, ce dont il s’agit. On n’en parle pas à la télévision, ni même dans les journaux les plus sérieux. On le sent parfois. On ne saurait le nommer avec certitude. On imagine quelque chose de léger, du vent peut-être, ou comme une lumière ténue, ou tenue, mais non vacillante : sûre d’elle, elle avance. On ne sait guère où elle va, — peut-être se rapproche-t-elle. Quelque chose la dissimule et la diffracte, comme le verre pilé qui vitre la porte d’une chambre connue. C’est sans doute important, quoiqu’en vérité je n’en sache rien. C’est là, ça brille, ça luit, cela est ; c’est déjà, même si cela reste non dit et non avenu, le prototype d’une promesse.
Texte personnel paru dans Nu(e), « Jokari », « enfances », n°52, octobre 2012, p. 34.