Archives du mot-clé poésie

Poème sur la rentrée à l’usage des enfants

Il a repris le chemin de l'école
Avec son cartable et ses beaux souliers,
Prêt à tenir jusqu'au bout son grand rôle,
Il a repris sa trousse, ses stylos, ses cahiers.
Il a plein la tête des histoires drôles
Qu'il rêve de répéter aux écoliers,
Il a repris sa plume, son compas, sa fierté,
Décidé à montrer, lors du prochain contrôle,
Sa détermination et sa pugnacité.
Il a repris son ballon de football
En mousse dans la cour désertée,
Il a repris ses rêves, sa joie, sa liberté.
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Rencontres d’Aiglun 2023 : jour 2

Après une première journée au Hangar de Sigale, c’est dans l’église d’Aiglun que se sont tenues les opérations poétiques de la deuxième journée des Rencontres de parole. Pour l’occasion, l’entrée de l’église accueillait une exposition des tableaux géométriques de Xavier Giovannetti, peintre aiglenois dont la galerie se trouve à proximité immédiate de l’église. Au programme de la journée, vingt passages de poètes, d’une vingtaine de minutes chacun, rassemblés en « sets » par groupes de trois.

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Le baiser en poésie

Je l’ai su avec un peu de retard, d’où cette parution un peu décalée, mais qu’importe. Jeudi dernier, 6 juillet, c’était la journée internationale du baiser. Une occasion comme une autre d’évoquer ce thème, que je trouve amusant à traiter. En effet, souvent, on trouve des considérations sur l’amour en général, je crois que c’est d’ailleurs un thème poétique travaillé au collège. Il est beaucoup plus rare de trouver des réflexions sur le thème plus précis du baiser. Cela promet des poèmes plus légers, plus amusants, voire plus coquins… Petit tour d’horizon du baiser en poésie, du Moyen-Âge à nos jours.

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Grabuge : anthologie numérique

Il y a, auprès du grand public, un malentendu persistant à l’endroit de la poésie, sans doute partiellement entretenu par l’école. La poésie, trop souvent, apparaît comme une façon d’enjoliver le langage, comme un discours oisif et inutile, une rêverie certes jolie mais insignifiante, une façon compliquée de parler pour ne rien dire. C’est passer à côté de ce qu’est la poésie.

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Qu’est-ce qu’un mauvais poème ?

Définir les critères qui font un bon poème, cela me paraît une gageure inaccessible et une opération contestable, qui reviendrait à se poser en garant du bon goût et en donneur de leçons, donc en une position illégitime. En effet, l’écriture poétique n’est plus soumise qu’aux règles que le poète s’impose à lui-même. Il n’est aujourd’hui plus possible de considérer qu’il suffirait de respecter une liste de principes, comme une recette, pour faire un bon poème. Pourtant, sauf à verser dans la plus totale ingénuité, il faut admettre que tout ne se vaut pas, qu’il y a des poèmes meilleurs que d’autres, que certains deviendront des classiques quand d’autres seront vite oubliés. Aussi, prenant les choses à rebours, pourrait-on se demander ce qui fait un mauvais poème.

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Les cinq continents en poésie

La poésie n’est pas seulement française. Il s’agit d’une lapalissade, et pourtant, le fait mérite d’être rappelé. Si la poésie française contemporaine est méconnue du grand public, la poésie étrangère est tout autant ignorée, voire davantage encore. Aujourd’hui, je vous propose un petit voyage poétique autour des cinq continents.

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Jacques Demarcq, Claude Ber et James Sacré aux éditions Unes

Mercredi 24 mai 2023, 19 h. Au siège des éditions Unes, rue Pauliani à Nice, il faut ajouter des chaises pour accueillir l’assistance. Trois poètes, et non des moindres, vont se succéder pour lire des extraits de leur oeuvre. Jacques Demarcq, James Sacré et Claude Ber étaient les invités des éditions Unes, dans le cadre de la Périphérie du Marché de la Poésie de Paris.

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Ça slame aussi à la Zonmé

Il paraît que la poésie n’intéresse personne. Du moins, c’est ce que l’on entend souvent. Et pourtant, les lieux où elle est à l’honneur sont de plus en plus nombreux. Rien qu’à Nice et dans les environs, les scènes ouvertes de poésie attirent du monde. Et redonnent à la poesie sa juste place dans la Cité.

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Connaissez-vous Elizabeth Guyon-Spennato ?

Elizabeth Guyon-Spennato est une poète aux multiples talents, dont le parcours singulier est très inspirant. Elle était aujourd’hui à l’honneur du « Jeudi des mots » qui se tenait, comme à l’accoutumée, au café culturel « Chez Pauline », à Nice. La soirée a commencé par aborder son travail, avant de se consacrer dans un deuxième temps à l’anthologie « Cheveux au vent » en faveur des femmes d’Iran.

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Aiglun, périphérie de Paris

Charmant village de la vallée de l’Estéron, Aiglun, peuplé de moins de cent habitants, semble couler une vie paisible entre clue et montagnes, loin de l’agitation trépidante des villes. Pourtant, dans quelques jours, il sera au coeur de l’actualité poétique, car il sera une « Périphérie du Marché de la poésie de Paris ».

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Ma terrasse est au Sud

Ma terrasse
est au Sud.
Au Sud
des nuages,
au Sud
de la tristesse,
des larmes
faciles,
de l'indifférence
des gens,
devant
tout ce
vert,
que
beaucoup ignorent,
et souvent oublient,
ne sachant pas
combien
le soleil
est utile,
pour refleurir,
loin du Sud.

Poème d’Emanuela Rizzo, publié le vendredi 5 mai sur Facebook.

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Poème pour le 17 mai

Pour Lucas, 13 ans, poussé au suicide
À force de brimades, parce qu'il
Avait assumé aimer les hommes,

Pour Jefferson, violemment agressé
À la sortie d'une boîte de nuit,
Juste avant son mariage avec Pedro,

Pour Arturo, Adriano et Killian
Insultés, menacés et frappés
Sur le cours Saleya,

Pour Clément, agressé au taser
Électrique et frappé,
Au sortir d'une discothèque de Lyon,

Pour les deux femmes de Fontenay-sous-Bois
Rouées de coups parce qu'elles
Avaient osé s'embrasser sur un banc,

Pour ces deux toulousains, jetés au sol et
Violemment battus un dimanche matin,
Parce qu'ils se donnaient la main,

Pour ce couple d'hommes
Insultés et frappés
Dans le métro de Lyon,

Pour ces deux amoureux
Suivis par une dizaine de personnes,
Dans le tramway de Clermont-Ferrand,

Pour ces femmes, frappées
Par un alcoolique
Dans le RER parisien,

Pour le jeune Guinéen jeté au sol et frappé au visage
Par cinq hommes qui ne supportaient pas
La vue de son drapeau arc-en-ciel,

Pour tous ceux et celles
Qui ont été insultés, menacés,
Frappés du poing et du pied,

Pour celles et ceux
Que l'on regarde de travers
Pour une simple différence,

Pour tous ceux et celles
Abandonnés par
leurs familles,

Pour tous ces jeunes youtubers
Qui n'ont que vingt ans de moins que moi
Et qui parlent de leur différence

Avec une facilité, une liberté
Impressionnantes et inimaginables
Jusqu'à il y a quelques années,

Pour celles et ceux,
À qui il n'est rien arrivé
Mais qui ont peur,

Pour tous ceux et celles, contraints
De surveiller gestes et postures,
De sans cesse dissimuler qui ils sont,

J'écris ce poème pour vous tous,
Parce qu'on a recensé selon la presse
Plus d'une agression par semaine en un an,

J'écris ce poème
Parce qu'il faut rappeler
Qu'aimer une personne du même sexe

N'est pas une aberration,
Pas une maladie mentale,
Mais juste de l'amour,

Pas une abomination,
Pas une erreur fatale,
Mais juste de l'amour,

Pas une monstrueuse aspiration,
Pas une folie létale,
Mais juste de l'amour,

Et que l'amour ne se commande pas,
Il plante sa flèche là où il veut,
Et où qu'elle se fiche c'est merveilleux,

J'écris ce poème
Pour dire cette chose toute simple
Que l'amour est le plus beau

Et sans doute aussi
Le plus fort et le plus grand
Sentiment de l'univers,

Et que personne ne devrait
Avoir honte d'être amoureux
Ni peur de le montrer,

Fût-ce en le criant sur tous les toits,
En dansant, en chantant, en hurlant,
Face à la terre entière,

Fût-ce avec exubérance,
Avec énergie, folie et sans tempérance,
Avec joie, passion et fierté

D'être tout simplement gay.
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Sabine Venaruzzo : une poésie au cœur de l’humain

L’humain, tel est bien le moteur de la poésie de Sabine Venaruzzo, cela qui la pousse à écrire et à consacrer sa vie à l’art. Elle est une vraie poète au sens de Rilke : écrire relève pour elle de la nécessité, voire de l’urgence. Écrire est d’emblée un acte tendu vers l’autre, un élan en direction de cette fraternité qui, bien que revendiquée officiellement par tous les frontons de mairies, fait encore trop souvent défaut à nos sociétés contemporaines. On s’en rend compte dans son recueil Et maintenant, j’attends, récemment réédité dans une édition bilingue franco-arabe.

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Ça veut sortir

C’est coincé. Ça ne peut pas sortir. Ça veut sortir. Ça bloque. Ça coince. C’est empêché: c’est là, et ça peut pas. C’est là, dans ton corps, comme un truc comme ça qui s’explique pas. C’est enfermé à l’intérieur de ton corps, quelque part sous la plèvre, quelque part sous ton épiderme, là où ça grouille, pas loin du cœur qui bat, qui veut, qui attend, qui jouit, qui espère. Quelque part sous les vastes replis de tes visières. Ça vit, ça pue, ça fourmille, ça grésille, là, quelque part, en dedans, à un endroit que tu sais pas, mais que tu sens. C’est là, comme un origami de papier qui n’attend que de se déplier. C’est là, quelque part, sans adresse fixe, et ça se répand, ça prolifère, ça se multiplie, ça se nourrit de tes doutes, de tes peurs, de ta merde. Ça circule comme un fluide en intraveineuse qui brille sur tes scintigraphies. Ça agite tes nuits, ça perturbe ton sommeil. Ça ne se laisse pas disséquer. Ça se diffuse comme une senteur immonde. Ça te commande, ça te gouverne comme une folle muse. C’est là, à l’intérieur de toi, et à un moment donné, il faudra bien que cela sorte, que cela s’exprime, que cela s’exsude, que cela jaillisse, par tous les pores, par tous les trous, par tous les orifices. C’est maintenant, c’est ici, ça explose, ça crie, ça jaillit, ça sort, ça coule, ça ruisselle, ça s’excrète ! Il n’y a plus de limite, il n’y a plus que ce flux, ça coule, ça s’écrit, et le papier est devenu LE PLUS GRAND COÏT DE L’UNIVERS ! C’est à-dire : un poème.

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Des couleurs dans l’air

Il y avait aujourd'hui
Des ballons dans l'air
Des voiles dans l'atmosphère
Des vagues dans la lumière
Comme un peu de légèreté
Comme en apesanteur
Dans le ciel argenté
Dans le bruit les clameurs
Le ciel aujourd'hui est un aquarium
Où dérivent méduses et sirènes
Dans un étrange ballet synchronisé
Le ciel devient un dessin animé
Comme repeint par un enfant
Qui aurait enlevé la misère et les bombes
Et dessiné des fleurs à la place
Et ces couleurs naïves
Ouvrent une parenthèse d'enfance
Dans la trame du temps

Pendant que, là-bas,
De l'autre côté de la frontière,
On a aussi les yeux tournés
Vers le ciel
Mais avec angoisse
Ne sachant quand ni d'où
Cela viendra
Car là-bas, de l'autre
Côté de la frontière,
Là-bas, c'est la guerre

Gabriel GROSSI, Fréjus, samedi 22 octobre 2022

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« Sauver le monde » avec Jean-Pierre Siméon

Je voudrais vous parler aujourd’hui d’un essai de Jean-Pierre Siméon, dont le titre est aussi la première phrase : « La poésie sauvera le monde » (Le Passeur, 2015). Une conviction forte, pour un homme qui a beaucoup fait pour la poésie, tant par l’écriture que par la défense de la poésie dans la Cité. Longtemps directeur artistique du Printemps des Poètes, membre du jury de plusieurs prix littéraires, éditeur, formateur d’enseignants, conseiller au Ministère de l’Éducation nationale, il s’est toujours montré très actif pour faire vivre la poésie, loin de toute tour d’ivoire.

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