Archives du mot-clé poésie contemporaine

Un poème de Paul Celan

Paul Celan (1920-1970) fait incontestablement partie des grands poètes du XXe siècle. Sa poésie est profondément marquée par l’enfer des camps nazis, où ses parents furent déportés et trouvèrent la mort, avant que lui-même ne fasse l’expérience des travaux forcés en 1942-1944. Son recueil posthume Partie de neige, composé en 1968, n’est pas le plus connu, et c’est le poème qui donne son titre à ce recueil que j’ai choisi de vous présenter.

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« Et les propos qui me sont les plus chers, c’est entre guillemets que je devrais les écrire ; ils ne m’appartiennent pas. Je ne suis personne ; ma tête bourdonne de la rumeur des livres. L’amour et la mort sont imprononçables. »

Jean-Michel Maulpoix, Les abeilles de l’invisible,
Seyssel, Champ-Vallon, IX, p. 95.

Poésie et espérance

« Je ne crois pas que soit de poésie vraie qui ne cherche aujourd’hui, et ne veuille chercher jusqu’au dernier souffle, à fonder un nouvel espoir. »

Yves Bonnefoy (1923-2016)

« A quoi bon des poètes en temps de détresse ? », demandait le poète allemand Hölderlin. Il me semble que cette puissante affirmation d’Yves Bonnefoy peut constituer un début de réponse : la « poésie vraie » est tendue vers un « nouvel espoir ». Elle ne prétend pas en posséder les clefs, elle est simplement à sa recherche, elle y travaille « jusqu’au dernier souffle ». Laissons-nous donc porter par le « souffle » de la poésie…

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Paris vu par les poètes

Paris, capitale de la France, haut lieu d’histoire et de culture, a inspiré maints poètes, et ce, à différentes époques. La poète et universitaire Marie-Claire Bancquart s’est d’ailleurs attachée à étudier ce motif dans Paris des surréalistes et dans Images littéraires de Paris fin de siècle. Plus modestement, je vous propose aujourd’hui de découvrir quelques poèmes dont Paris est le sujet principal.

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Des vagues (KIMsookhyun, Pixabay, libre de réutilisation)
Des vagues (KIMsookhyun, Pixabay, libre de réutilisation)

« Il écoute respirer la mer.

Il ne se lasse pas de la regarder, comme on fixe un être endormi, ou le sourire d’un visage peint, comme on regarde obstinément quelque chose que l’on ne voit pas, qui est là cependant. La mer, derrière la mer, dont il ne saurait jamais que les commencements, les plages et les rumeurs, même lorsqu’il quitterait le rivage et partirait se perdre au large, enfin seul avec soi, avec elle, plus que jamais séparé pourtant, ne pouvant espérer la rejoindre autrement qu’en se perdant en elle, dans la défaillance d’un naufrage qui ressemble à l’amour, les poumons pleins de sel, son corps stupide tout gonflé d’eau, flottant comme un paquet avant le repas silencieux des poissons et des crabes. »

Jean-Michel Maulpoix, Portraits d’un éphémère,
Paris, Mercure de France, 1990, II-2, p. 24.

« Comme la lune est le miroir du soleil, l’eau est de la lumière qui s’enfonce dans la terre, une lumière fraîche, un ciel de septembre.

L’étoile est un feu d’eau, un feu glacé.

Tout devient bleu comme sous une chevelure défaite, un visage assombri par le désir ou le chagrin.

Tout devient bleu, surtout au loin les montagnes. Plus près on voit encore des rochers, des arbres plus clairs que les autres.

Il y a comme une tendre accalmie. »

Philippe Jaccottet, La Semaison, Carnets 1954-1979,
Paris, Gallimard, coll. « nrf »,
via l’aperçu de Google Books.

« Aux lecteurs

Je vous écris de près
entre votre malheur et votre peau

Entre
j’essaie de mettre un tournesol

Je n’ose pas
employer de grands mots en voyage magnétique
des mots orgueilleux d’être
pour affréter les invisibles continents

Vous
moi
c’est ovation timide vers le monde. »

Marie-Claire Bancquart, « Aux lecteurs »,
dans Partition, Paris, Belfond, 1981, p. 105.

Poésie et simplicité

Il est des poètes virtuoses, dont le talent réside dans la capacité à utiliser toutes les ressources de la langue et de la versification pour produire des poèmes qui tiennent du tour de force. Dans un billet précédent, j’en montrais trois exemples, chez Ronsard, chez Baudelaire et chez Mallarmé. Mais il en est d’autres, et non des moindres, qui font au contraire le pari de la simplicité…

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Connaissez-vous Antoine Émaz ?

Antoine Émaz est un poète français contemporain né en 1955. Je suis loin d’avoir parcouru l’ensemble de son œuvre poétique, mais ce que j’en ai lu a suffi pour me convaincre. Petit parcours dans la poésie d’Antoine Émaz…

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Pour accompagner le « Voyageur à son retour »

Portrait_de_Jean_Michel_Maulpoix
Portrait de Jean-Michel Maulpoix (source : Wikipédia)

C’est officiel, le nouveau recueil de Jean-Michel Maulpoix, intitulé Le Voyageur à son retour, dont je vous avais parlé il y a quelque temps, vient de paraître en librairie. Et il ne voyage pas seul. En effet, l’ouvrage s’accompagne de lectures, dont quatre viennent d’être publiées sur le site Internet du poète. Parmi celles-ci, vous trouverez plusieurs poèmes de ma main. Je remercie sincèrement Jean-Michel Maulpoix pour m’avoir invité à publier ces textes en marge de son ouvrage. Vous les trouverez ici.

Qu’est-ce que le « lyrisme critique » ?

Le lyrisme critique, également parfois appelé nouveau lyrisme, est une tendance poétique née dans les années quatre-vingts en France, ensuite théorisée notamment par Jean-Michel Maulpoix à travers des essais tels que Du Lyrisme et Pour un lyrisme critique.

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« Et le beau corps de la chair
Un bleu interrompu de quelques tirets d’or
Ou son entracte parmi les aromates
Car la mer chante où un nageur s’épanche
La transparence et la rotonde
Sans nul appui devant la corde du silence
Et la péripétie s’isole
Quelque regard vacant se rappelle un baiser
Dans une tâche d’ombre ornée par le rivage
Quand le soleil parfait a dissipé l’émoi »

Gabrielle Althen, La raison aimante, Sud, Marseille, 1985, p. 19.

Comment se repérer dans la poésie contemporaine ?

La poésie contemporaine est un continent aussi vaste qu’il est méconnu. Rarement placé à la lumière des projecteurs médiatiques, il demeure en retrait de l’actualité, fût-elle littéraire. Il s’agit pourtant d’un monde bien vivant, rythmé par des dizaines de publications annuelles, qui connaît un succès à son échelle, et qui mériterait d’être davantage connu. Pour vous aider à vous y repérer, je vous propose quelques (modestes) jalons.

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La revue Nu(e) célèbre Andrea Zanzotto

La revue Nu(e), fondée par Béatrice Bonhomme et Hervé Bosio, centre chacun de ses numéros sur un poète (ou, parfois, un plasticien) contemporain. Le prochain numéro de la revue sera consacré au poète contemporain Andrea Zanzotto, présenté comme l’un des plus grands poètes italiens de notre temps. A cette occasion, la revue organise une souscription.

« Elle disait que l’on ne reconnaît pas les gens mal élevés à leur façon de se curer le nez aux feux rouges ou de bâiller quand on leur parle, mais à l’emploi qu’ils font du mode subjonctif dans une proposition circonstancielle de temps introduite par “après que”. »

Jean-Michel Maulpoix, Papiers froissés dans l’impatience,
Seyssel, Champ Vallon, 1987, p. 53.