Archives du mot-clé poésie contemporaine

Reblogué : « Et moi maintenant (Philippe Jaccottet) »

L’un de mes poèmes préférés de Jaccottet, cité sur le blog « Arbres à lettres »…

Arbrealettres


Carry Akroyd_pink_river

Et moi maintenant tout entier dans la cascade céleste,
de haut en bas couché dans la chevelure de l’air
ici, l’égal des feuilles les plus lumineuses,
suspendu à peine moins haut que la buse,
regardant,
écoutant
(et les papillons sont autant de flammes perdues,
les montagnes autant de fumées) —
un instant, d’embrasser le cercle entier du ciel
autour de moi, j’y crois la mort comprise.

Je ne vois presque plus rien que la lumière,
les cris d’oiseaux lointains en sont les noeuds,

toute la montagne du jour est allumée,

elle ne me surplombe plus,

elle m’enflamme.

(Philippe Jaccottet)

Illustration: Carry Akroyd

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« Écrire fait tomber dans la chambre quelques chutes de pluie fine. Cette eau n’est d’abord qu’un désir, la perpétuation d’un transparent rapport avec le vide, ou le sentiment d’étrangeté attaché au simple fait d’être là, lorsque l’existence déliée s’éprouve d’elle-même toute seule, telle quelle, injustifiée, limpide et stupéfaite. »

Jean-Michel Maulpoix, Chutes de pluie fine, Paris, Mercure de France, 2002, p. 158.

Connaissez-vous François Jacqmin ?

C’est assurément un poète qui mérite d’être connu. François Jacqmin (1929-1992), que j’ai découvert grâce au chercheur Gérald Purnelle, propose dans Le livre de la neige une poésie méditative, circonspecte à l’égard des pouvoirs du langage, toute attachée à dire l’expérience de la neige. C’est une suite de poèmes relativement brefs, de dix vers chacun, où tout artifice poétique semble avoir voulu être gommé : ni rimes, ni isométrie, peu d’images, un « je » discret. Ne reste que l’essentiel.

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Un poème contemporain : les Gestes de la neige de Béatrice Bonhomme

Poète et professeur de littérature à Nice, Béatrice Bonhomme est l’auteur de nombreux recueils poétiques. Celui dont je voudrais vous parler aujourd’hui s’intitule Les Gestes de la neige, publié en 1998 aux éditions L’Amourier, sises à Coaraze.

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Reblogué : « Jacques ANCET – Les livres et la vie »

Le poète Xavier Bordes vient de publier sur le blog Traversées un compte-rendu de sa lecture du nouveau livre du poète Jacques Ancet, intitulé Les livres et la vie. Je vous recommande la lecture de ce billet.

Traversées, revue littéraire

Une chronique de Xavier Bordes

Jacques ANCET –Les livres et la vie« Petit essai d’autobiographie littéraire ». (Ed. Centrifuges, 120 p.)

C’est toujours avec un vague malaise, un peu superstitieux peut-être, que je lis les autobiographies : leur auteur s’y dévoile comme à la fin d’une vie, présentant un bilan qu’il assortit généralement d’un occulte plaidoyer pro-domo. Cependant, lorsque le témoignage se développe autour d’un thème particulier (ici littérature et poésie) et plaide avec franchise pour l’exposé du lent processus d’évolution d’une passion créatrice, telle que celle du poète et traducteur Jacques Ancet pour la poésie, j’avoue que la curiosité l’emporte. Jacques Ancet dans ce livre décrit et résume un trajet d’écrivain depuis son origine jusqu’au présent, avec le charme des mémoires ; de surcroît pour un lecteur extérieur, il nous initie avec simplicité au cheminement d’un talent créateur, à travers les livres et les circonstances qui ont accompagné…

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« Les mots parfois se précipitent.

La page bleuit, s’étale, se déplie, s’allonge, bientôt plus vaste que la mer. Elle se lève et forcit. Elle prend vers le ciel son essor. On voudrait croire alors qu’elle n’est plus ce vain chemin d’encre qui se hasarde vers nulle part, mais le cœur retrouvé de l’amour. »

Jean-Michel Maulpoix, Une histoire de bleu (1992, rééd. 2005),
Paris, Gallimard, coll. « Poésie », III-7, p. 61.

« Et peut-être la vie d’un homme n’est-elle somme toute que cela : une succession mal définie de naissances et de trépas imaginaires. On se plaît à la concevoir unique et continue, semblable à un fleuve qui s’écoule de sa source vers son embouchure, on lui prête une orientation et un destin, on la dit glorieuse ou maudite, quand elle n’est, en définitive, qu’un tas de papiers froissés, couverts de ratures et de taches. »

Jean-Michel Maulpoix, L’Écrivain imaginaire,
Paris, Mercure de France, 1996, I-1, p. 11-12.

« Et que l’eau qui ruisselle dans le pré
Te montre que la joie peut survivre au rêve
Quand la brise d’on ne sait où venue déjà disperse
Les fleurs de l’amandier, pourtant l’autre neige. »

Yves Bonnefoy, Début et fin de la neige, « Le tout, le rien », III, extrait,
dans Ce qui fut sans lumière, suivi de Début et fin de la neige,
Paris, Gallimard, coll. « Poésie », 1991, p. 141.

Un poète contemporain : Salah Stétié

Salah Stétié est un poète contemporain  né en 1929. Il appartient donc à la même génération que Philippe Jaccottet, Yves Bonnefoy ou encore André du Bouchet. Sa naissance à Beyrouth, sa carrière de diplomate, sa connaissance des cultures européennes et arabes font de lui un « passeur des deux rives », pour reprendre l’expression employée par Béatrice Bonhomme dans l’une de ses conférences.

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Entretien avec Béatrice Bonhomme, poète et chercheur en Lettres

Béatrice Bonhomme, poète, est professeur à l’Université Nice Sophia-Antipolis, où elle a dirigé pendant plusieurs années le Centre Transdisciplinaire d’Épistémologie de la Littérature (CTEL) et créé un axe de recherches sur la poésie, « Poïéma ». Elle a fondé avec Hervé Bosio la revue Nu(e), qui publie depuis plus de vingt ans des numéros centrés sur un poète contemporain, en rapprochant poètes, critiques et plasticiens. Un ouvrage collectif sur son œuvre est récemment paru aux éditions Peter Lang. Elle a dirigé ma thèse sur Jean-Michel Maulpoix, et a gentiment accepté cet entretien.

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Reblogué : « Le jour commence », de Jacques Ancet

Le poète contemporain Jacques Ancet réédite ses premiers poèmes aux éditions Tarabuste.

Cet ouvrage est présenté par Xavier Bordes dans une chronique parue sur le blog de la revue « Traversées ». Je vous invite à la découvrir.

Traversées, revue littéraire

Chronique de Xavier Bordes

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LE JOUR COMMENCE – Jacques Ancet (Poèmes – Ed. Tarabuste, Coll. Reprises).

Un certain nombre de poètes contemporains ont la prédilection de poursuivre la (respectable) tradition du lyrisme, inaugurée par Sappho six cents ans avant notre ère. Cette forme de poésie à mon sens présente trois caractéristiques principales qui me conviennent fort bien :

1) On n’y abandonne pas la beauté de la formulation et des images.

2) On n’y a pas renoncé à l’expression simple des sentiments, l’amour venant en premier lieu, que ce soit d’une personne, ou du monde à travers elle.

3) Une dose de mystère irréductible, mais naturel, spontanément ressenti, plane en arrière-plan du poème, et incite au rêve… Qui est bien l’un des plus magnifiques agréments de la vie.

Telle se présente à nous dès les premiers recueils, ici réédités, la poésie de Jacques Ancet, premiers recueils…

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André Velter interviewé par le site ActuaLitté

J’ai lu avec intérêt une interview du poète contemporain André Velter, directeur de la célèbre collection « Poésie » des éditions Gallimard, au format de poche. On y apprend que, si les tirages de la poésie sont en général faibles, cette collection connaît un réel succès.

Vous trouverez cet entretien à l’adresse suivante :

https://www.actualitte.com/article/monde-edition/existe-t-il-encore-de-la-poesie-en-france/59075

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Écouter Debussy en lisant Maulpoix…

Le prélude Des pas sur la neige n’est pas le plus connu du compositeur Claude Debussy, mais c’est lui qui a servi de titre au recueil de Jean-Michel Maulpoix, Pas sur la neige, paru en 2004. Continuer à lire Écouter Debussy en lisant Maulpoix…

Icare : du mythe au poème

Qui n’a jamais entendu parler du mythe d’Icare ? Ce personnage de la mythologie grecque est connu pour avoir tenté de s’enfuir, accompagné de son père Dédale, du Labyrinthe conçu par ce dernier, et dans lequel tous deux avaient été enfermés. C’est avec les ailes fabriquées par Dédale avec des plumes et de la cire que le père et le fils parviennent à s’échapper. Hélas, en dépit des recommandations de Dédale, Icare ne résiste pas à voler au plus près du soleil. La cire fond et Icare sombre dans la mer. (Le mythe est raconté de façon un peu plus détaillée sur Wikipédia.)

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Que dire encore ? J’aime le bleu. C’est la couleur des gendarmes, des yeux de maman et des rideaux de ma chambre. Ceux de mon âge, en général, préfèrent le rouge. Mais c’est ainsi, j’ai le goût du grand large et de la maréchaussée.

Jean-Michel Maulpoix, Journal d’un enfant sage,
Paris, Mercure de France, 2010, p. 21.

Les olives de Francis Ponge (solution du jeu)

La semaine dernière, je vous proposais de deviner quel auteur avait bien pu parler d’olives « vertes, vâtres, noires ». Il s’agissait de Francis Ponge, ce poète du vingtième siècle amoureux des mots et des choses…

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Où commence et où s’arrête le contemporain ?

Lorsqu’on me demande sur quoi a porté ma thèse de doctorat, je réponds souvent, lorsque mon interlocuteur ne connaît pas l’auteur, qu’il s’agit de « poésie contemporaine ». Mais qu’est-ce que cela signifie ? Où commence et où s’arrête le contemporain ?

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Philippe Jaccottet : une exigence de justesse

On ne présente plus Philippe Jaccottet. Il fait partie des grandes figures de la poésie contemporaine. Son œuvre a été consacrée par son inscription aux programmes de l’agrégation de lettres (2004), du baccalauréat littéraire (2010) et, plus récemment, par sa réédition dans la prestigieuse collection de la « Bibliothèque de la Pléiade » (Gallimard). Son influence parmi les poètes des générations postérieures ne fait aucun doute.

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