Archives du mot-clé poésie contemporaine

Le « chant des naufragés » de Jean-Michel Maulpoix

Je viens de recevoir un courrier me demandant quelques éclaircissements sur le « Chant des naufragés », poème de Jean-Michel Maulpoix publié dans le petit recueil intitulé Dans l’interstice, paru aux éditions Fata Morgana en 1991. Nous sommes donc juste un an avant la publication de Une histoire de bleu, le recueil le plus connu du poète, et cette précision n’est pas sans intérêt, puisque ce « Chant des naufragés » rassemble plusieurs des lignes directrices de ce grand recueil. De là à y voir un poème préparatoire d’Une histoire de bleu, il n’y a qu’un pas qu’il ne faut pas nécessairement franchir, dans la mesure où cet angle de vue empêche peut-être de saisir les qualités propres du poème.

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Questions à Marilyne Bertoncini

Par ses livres de poésie, par ses traductions mais aussi par son rôle actif pour faire vivre la poésie contemporaine, notamment sur la Toile, Marilyne Bertoncini, née en 1952, est une voix importante de la poésie d’aujourd’hui. J’ai récemment parlé de son beau livre qu’est La Noyée d’Onagawa. Elle a gentiment accepté de répondre à mes questions.

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« La noyée d’Onagawa » de Marilyne Bertoncini

J’ai lu ce petit livre (51 pages) d’une traite ce matin, et c’est l’une de ces lectures qui ne laissent pas indemne. Il fallait un poème pour dire le tsunami de Fukushima, et c’est paradoxalement une poète française, qui ne de trouvait pas même sur les lieux au moment de la catastrophe, qui l’a écrit.

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Reblogué : « Lettres aux jeunes poétesses »

Le blog La viduité vient de publier un compte-rendu d’un livre intéressant. Il s’agit d’un ouvrage collectif, intitulé Lettres aux jeunes poétesses, qui rassemble des textes de Chloé Delaume, Sonia Chiambretto, Rébecca Chaillon, Adel Tincelin, Rim Battal, Liliane Giraudon, Ryoko Sekiguchi, Nathalie Quintane, Milady Renoir, Sophie G Lucas, Marina Skalova, Lisette Lombé, Édith Azam, Ouenessa Younsi, Sandra Moussempès, Michèle Métail, RER Q. Je vous invite donc à découvrir cet article.

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Quand Michèle rencontre Shéhé

Michèle Finck est une poète et universitaire reconnue, qui explore, dans ses poèmes comme dans ses travaux critiques, les rapports et les liens de la poésie et de la musique. Puis, un beau jour, elle rencontre « Shéhé ». Une rencontre bouleversante, à l’origine du livre Poésie Schéhé Résistance, paru en 2019 aux éditions du Ballet Royal.

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Un colloque en ligne sur les femmes poètes

Je vous annonce la tenue prochaine d’un colloque auquel je participerai. Organisé conjointement par la revue Nu(e) et par le laboratoire CTEL de l’Université Côte d’Azur, sous la direction de Béatrice Bonhomme, il vous permettra de découvrir plusieurs poètes d’aujourd’hui. Voici le programme.

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Le « non » de Claude Ber

Dire non, tel est l’enjeu de l’un des livres de Claude Ber, précisément intitulé Il y a des choses que non. Un livre de poésie, où la prose rencontre le vers et le verset, qui porte une mémoire de résistance.

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« Le sage est parti avec la patience de ceux
Qui ont appris la vie
De ceux qui ont appris la mort
Sans rien exprimer qu’un murmure
Un sourire devant la dureté d’un destin. »

Béatrice Bonhomme, « Stèles pour un scribe »,
dans Les Boxeurs de l’absurde, Fourmagnac, L’Étoile des Limites, 2019, p. 141.

Les quatrains de François Cheng

De François Cheng, je ne sais à vrai dire pas grand-chose, du moins pas grand-chose de plus que ce que l’on peut trouver sur Wikipédia : ce poète français d’origine chinoise est né à Nanchang en 1929, il est arrivé en France en 1948, sans encore parler un mot de français.

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« Ouvre les mains, ouvre les mains,
toi qui es patience, toi qui es
lumière, toi qui es pauvreté, ouvre
tes mains d’où roule la lumière.

Archange bien-aimé, cette nuit
où le chant d’un oiseau se brise sur la mer,
tiens-toi debout sur le navire,
à la proue, au-dessus des vagues.

Protège le navire Amour, la barque d’aube
qui se faufile entre deux ciels,
et pauvrement, dans le silence manifeste,
laisse la vie s’écouler de tes mains. »

Jean-Yves Masson, « Poèmes du festin céleste »,
Bordeaux, L’Escampette, 2002,
poème LXXXIII, p. 113.

La revue Nu(e) célèbre les Poèt(e)s

C’est dans les pages virtuelles de la revue Nu(e) que sont parus les actes de journée d’étude organisée à l’Université de Lorraine par Aude Préta-de Beaufort. Ceux-ci constituent le premier volet de plusieurs publications, menées conjointement par plusieurs universités françaises, autour de la poésie contemporaine, avec pour objectif de mettre en lumière les poètes-femmes d’aujourd’hui.

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La vie commune d’Alain et Marie-Claire Bancquart

Elle, c’est Marie-Claire Bancquart, l’une des grandes voix de la poésie française contemporaine, décédée en 2019. Lui, c’est Alain Bancquart, l’un des grands compositeurs de ce siècle, et, donc, le mari de la première. Il a publié en 2020 Il y a trace de nous, aux éditions Delatour, ouvrage qui revient sur près de soixante-huit ans de vie commune.

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« Ce sont d’abord de petits coups frappés silencieusement
dans la nuit contre le sac de peau : un minuscule bonhomme invisible qui remue dans le ventre de sa mère, la chair déjà toute
pleine de songes…

Un jour, on entend au loin le bruit de galop du cœur : quelqu’un, très vite, qui se rapproche à la vitesse du sang dans les veines, depuis longtemps déjà en chemin par des couloirs obscurs…

Puis cette image floue, sur l’écran, d’une ombre grise qui palpite, serre un poing, remue la jambe, et parfois ouvre la bouche : essaierait-elle déjà de dire quelque chose ? »

Jean-Michel Maulpoix, « Proses pour Adrien », Journal d’un enfant sage,
Paris, Mercure de France, 2010, p. 111.

Mort du poète Bernard Noël

Le poète Bernard Noël est décédé hier à l’âge de quatre-vingt-dix ans, quelque temps après Philippe Jaccottet. C’est dire que les grandes voix du vingtième siècle s’éteignent peu à peu… Aussi importe-t-il, pour lui rendre hommage, de présenter sa poésie.

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Lecture de poèmes de Jean-Michel Maulpoix

Quoi de mieux, en ces temps d’enfermement, que de s’évader par la lecture ? Profitons de cette période où nous sommes fréquemment à la maison pour lire de la poésie, et pour découvrir des poètes contemporains. Aujourd’hui, je voudrais vous lire quelques poèmes extraits d’Une histoire de bleu, le plus célèbre recueil de Jean-Michel Maulpoix.

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Le surréalisme après le surréalisme

On me demande aujourd’hui quelle est l’influence du surréalisme dans la poésie d’aujourd’hui, et plus précisément s’il se trouve encore des poètes pour revendiquer l’écriture automatique. C’est une question intéressante, bien trop vaste pour faire l’objet d’une réponse complète dans le cadre d’un simple article de blog, mais à laquelle je vais tâcher de répondre de mon mieux, sachant que je ne suis pas spécialiste du surréalisme.

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Connaissez-vous René Depestre ?

De René Depestre, poète haïtien né en 1926, je ne connaissais que le texte liminaire de Minerai noir, magnifique poème qui utilise la métaphore minière pour condamner l’esclavage et la traite négrière. J’ai voulu en connaître davantage, et c’est pourquoi je me suis procuré un petit recueil, paru en 2019 chez Points, qui rassemble dans un même ouvrage Minerai noir (1956), Au matin de la négritude (1990), Anthologie personnelle (1993) et Un été indien de la parole (2002).

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