Archives du mot-clé poésie contemporaine

Qu’est-ce que lire de la poésie ?

Je viens de trouver sur le blog « Lire, dit-elle », cette intéressante citation d’Yves Bonnefoy qui fera l’objet de ma réflexion du jour : «Le lecteur de la poésie n’analyse pas, il fait le serment de l’auteur, son proche, de demeurer dans l’intense.» Un tel propos nous amène à nous demander ce qu’est réellement le fait de lire de la poésie.

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« Le moineau » de Jean-Luc Despax

Hier matin, Jean-Luc Despax publiait sur Facebook un poème de son cru, qu’il m’a autorisé à reproduire ici. J’ai été séduit par la simplicité de ce poème d’amour où grignote un petit moineau. Il me semble que c’est le genre de poèmes dont nous avons besoin, bien plus que de poèmes tourmentés.

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Parcours dans la poésie de Béatrice Bonhomme

Née en 1956 à Alger, Béatrice Bonhomme vit à Nice, où elle enseigne la Littérature française du vingtième siècle à l’Université. Dans le cadre de son travail de recherche universitaire, elle a fondé l’axe « Poïéma » au sein du Centre Transdisciplinaire d’Épistémologie de la Littérature, laboratoire qu’elle a dirigé pendant plusieurs années. Elle a écrit de nombreux ouvrages critiques et articles sur la poésie, mais aussi sur le roman (notamment sur Jean Giono). Elle a fondé la revue Nu(e) qui rassemble poètes, critiques et plasticiens, désormais publiée en ligne sur le site Poezibao. Elle m’a fait l’honneur de diriger ma thèse de doctorat. Elle est aussi — et surtout — l’auteur de nombreux ouvrages poétiques, récompensés par le prix Senghor en 2016 et par le prix Vénus Khoury-Ghata en 2019.

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Béatrice Bonhomme primée

Je viens d’apprendre que Béatrice Bonhomme se verra décerner le Prix Vénus Khoury-Ghata le mercredi 26 juin prochain. La cérémonie aura lieu à la Maison de la Poésie de Paris à 18 h 30. L’entrée est libre.

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La poésie se réduit-elle à une virtuosité verbale ?

On me pose cette question qui fera donc l’objet de l’article du jour. Il me semble que la réponse est partiellement induite par la question : l’utilisation du verbe « réduire » laisse présager qu’une telle définition de la poésie est insuffisante. Il reste donc à expliquer pourquoi. Voici quelques éléments de réponse, tels qu’ils me sont venus spontanément.

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Pensez-vous que la poésie soit une invitation au voyage ?

À environ un mois des épreuves écrites du baccalauréat, je voudrais revenir aujourd’hui sur un sujet qui est « tombé » (comme on dit) en 2015. Non pour en proposer un corrigé : il en existe déjà bien d’autres. Mais pour insister sur la méthode, tout en fournissant des éléments de réflexion utiles. Ce sera également l’occasion d’une promenade dans la poésie qui devrait intéresser bien au-delà du cercle des élèves et étudiants.

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Béatrice Bonhomme, Marges, 2002 :

« Cette fois, je t’ai vu totalement et pour toujours, j’ai vu ton âme en plein, et dans ce regard nous avons tout échangé, tu étais là dans l’intemporel, tu avais traversé le temps et tu me revenais de si loin que je t’ai reconnu, et j’ai pris ta main, désormais nous avions dépassé le temps, dans ton regard j’ai tout traversé, j’ai pris ta main, c’était devant le même lycée, vingt ans après, tu étais le même, dans l’absolu, et notre amour, notre pauvre amour, ce grand amour avait gagné. »

« Le poète ne cotise pas à la sécurité sociale »

Les poètes sont-ils maudits ? Sont-ils voués, depuis Platon, à demeurer des sortes de parias de la société ? Sont-ils des fainéants, des inutiles, des bons à rien ? Des cigales qui ne savent que chanter ? De tels clichés ont la vie dure… Et Daniel Biga, dans « Le poète ne cotise pas à la sécurité sociale », retourne le stigmate, assumant pleinement cette image pour en faire une force.

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« Lucrèce le savait » d’Yves Bonnefoy

Une vidéo publiée en novembre 2018 sur YouTube permet de lire en musique l’un des poèmes de Début et fin de la neige, magnifique recueil publié au début des années quatre-vingt-dix par Yves Bonnefoy. Si je suis tombé sur cette vidéo, c’est que sa description (vous savez, les quelques lignes de texte sous la vidéo) renvoie à l’un de mes articles sur Bonnefoy. Alors, pour remercier le youtubeur, je me permets à mon tour de citer cette vidéo…

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Prêts pour les Journées Poët Poët ?

Elles se tiennent chaque année dans les Alpes-Maritimes au mois de mars, dans la période du Printemps des Poètes : les Journées Poët Poët sont organisées par la compagnie « Une petite voix m’a dit ». J’ai eu la chance d’assister à plusieurs éditions de cette manifestation, toujours d’une grande qualité, et je compte bien continuer cette année. Aujourd’hui, j’ai interrogé Sabine Venaruzzo qui nous en dit un peu plus.

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Je découvre Marcelin Pleynet

Disons-le tout net : je ne connais presque rien de la poésie de Marcelin Pleynet. Je n’ai lu de lui qu’un seul livre, Premières poésies (Cadex éditions, Montpellier, 1987). Pourquoi alors un article sur ce poète ? Parce que j’ai à cœur de présenter progressivement les différentes facettes de la poésie française contemporaine, et que je n’ai pour l’instant que très peu parlé de la poésie, disons, « textualiste ». Parce que, en parcourant les rayonnages de la bibliothèque municipale, j’ai été attiré par ce nom, revenu plusieurs fois dans mes lectures. D’où le titre très humble de cet article : je vous livre ici des impressions de lecture, avec tout ce que cela implique de subjectif.

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Dans la cuisine de Guy Goffette

Je voudrais consacrer mon article du jour à un grand poète que je n’avais pas encore évoqué dans les colonnes de ce blog, alors qu’il est incontestablement l’une des grandes voix du lyrisme français contemporain. Il n’était que trop temps que je répare cette injustice. Je vous invite donc aujourd’hui à visiter la cuisine de Guy Goffette

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En ce temps là la guerre était en terre
l'europe dilacérée labourait
ses plaines pour planter des boisseaux d'hommes
malheureux tous ces morts tels des épis
cueillis trop verts malheureux tous ces morts
aux moissons innommables de l'histoire
malheureux tous ces morts pour six arpents
de terre malheureux tous ces morts pour
satisfaire morgue et cupidité

Patrick Quillier, Voix éclatées (de 14 à 18), Gardonne, éditions Fédérop, 2018, p. 13.

Chanter les possibles

Marc Alexandre Oho Bambe n’est pas un poète comme les autres. Sa poésie se déclame plus qu’elle ne se lit. Ses livres ne sont que la trace écrite d’une performance avant tout orale. Et c’est avec sa voix en tête que j’ai lu Le Chant des possibles, paru en 2017 aux éditions de La Cheminante.

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« Les mots crèvent au ras de ma peau […] D’un côté il fait mal ; de l’autre, il fait nuit ; entre les deux, une hélice tourne dans le ventre, et l’air reflue vers ma bouche… »

Bernard Noël, Extraits du corps, 1958.
Cité d’après le Dictionnaire des grandes œuvres
de la littérature française, Le Robert,
sous la direction de Henri Mitterrand.

Quel est le plus grand poète français actuel ?

Impossible de répondre à la question que l’on me pose aujourd’hui. Il suffit de rappeler que, contrairement à des époques antérieures, la période contemporaine se signale par l’affirmation d’esthétiques individuelles plutôt que par le rassemblement des poètes en des groupes, mouvements, écoles, qui permettraient de dégager au moins des chefs de file. Aussi n’est-il possible de se laisser guider que par des préférences très subjectives.

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L’humanité claudicante chez J.-M. Maulpoix

Comme vous le savez peut-être si vous avez lu d’autres articles de ce blog, j’aime beaucoup la poésie de Jean-Michel Maulpoix. Sa prose poétique, immédiatement reconnaissable à son ampleur et à ses inflexions, développe, d’un recueil à l’autre, un lyrisme humaniste qui convient parfaitement à notre temps, dont il partage les doutes et les incertitudes, tout en laissant place aussi à l’espérance. J’aime l’authenticité de cette voix partagée entre inquiétude et apaisement. Aujourd’hui, je vous propose de découvrir un extrait de L’instinct de ciel qui m’a particulièrement plu.

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« Dialogue avec l’anonyme » de Béatrice Bonhomme

Béatrice Bonhomme, professeur de littérature française du XXe siècle à l’Université de Nice, a dirigé ma thèse de doctorat. Parallèlement à ses activités de recherche et d’enseignement, elle poursuit une œuvre riche à ce jour de nombreux recueils poétiques, mais aussi de nouvelles et d’une pièce de théâtre. Elle vient de publier Dialogue avec l’anonyme, paru en février dernier aux éditions Collodion.

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