« Plus de cent frontières »

« Notre planète a un besoin urgent d’humanité », écrit Patrick Joquel dans la préface de cette anthologie. Cette urgence est nettement palpable dans ces poèmes qui se sont emparés du thème des frontières, proposé par l’édition 2023 du Printemps des Poètes. Plus de cent poètes ont répondu à l’appel lancé par les éditions « Pourquoi viens-tu si tard ? » et « Jeudidesmots.com« . Classés dans l’ordre alphabétique des prénoms, d’Alain di Meglio à Yan-Wu Chen, les poètes sont issus du monde entier.

Le « bruit des bombes » (Sandrine Davin, p . 160) résonne dans maints poèmes et fait écho à la guerre qui se déroule sur notre propre continent. Christine Duminy-Sauzeau dit sa haine des « drapeaux cousus de barbelés ». Mais au-delà du conflit russo-ukrainien, c’est aussi la question migratoire qui est évoquée, notamment dans les poèmes de Patrick Joquel qui prennent leur source dans la lecture d’articles de presse. Et, plus largement encore, hors de toute référence précise à l’actualité, les frontières sont toutes les séparations entre les Hommes, les limites dont certaines sont arbitraires et d’autres salutaires.

Frontières au sens métaphorique aussi. Pour Chantal Dupuy-Dunier, la frontière est celle de la peau, qui « ne se franchit que dans l’amour ou la naissance ». Marilyne Bertoncini évoque « l’union absolue / androgyne / unité de l’orange retrouvée » lors d’un contact sensible, de l’ordre de la « caresse », entre le moi et le monde. Pour Denis Dormoy, c’est une séparation « entre tu et je ». Pour Béatrice Machet, c’est un « écart entretenu avec le monde ». Frontières du temps, qui nous rappellent que l’homme n’est qu’un « passager du verbe et du présent », selon les mots de Jean-Michel Sananès.

On aimerait parfois lire davantage d’un poète. Les textes proposés sont ainsi une invitation à découvrir plus avant les plus de cent poètes participants. Il est particulièrement appréciable que de nombreuses voix étrangères se soient mêlées aux françaises. Le thème des frontières s’y prêtait vraiment, et le moins que l’on puisse dire est qu’il a été très inspirant pour ces poètes.

Je suis très heureux d’avoir pu faire partie de cette centaine de poètes. Je remercie sincèrement Marilyne Bertoncini pour sa confiance et pour son amitié.

Vous pouvez vous procurer cette anthologie auprès des éditions « Pourquoi viens-tu si tard ». Je vous invite également à consulter le site « Jeudi des mots.com » qui est remarquable par la qualité des textes et poèmes qui y sont publiés. J’en profite pour signaler le prochain rendez-vous de « Jeudi des mots », précisément consacré aux éditions « Pourquoi viens-tu si tard ».


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2 commentaires sur « « Plus de cent frontières » »

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