La Reine des Neiges à l’école

Dans l’une de mes classes de CP, j’ai en charge l’enseignement de séances de littérature, décrochées des séances d’apprentissage de la lecture. Je voulais, pour la cinquième période qui arrive, proposer quelque chose qui change un peu de ce qui se fait tout le temps, et qui assure un réel apport culturel.

Principes didactiques

Comme le permettent les programmes, il s’agira essentiellement lors de cette séquence de découvrir une œuvre d’un niveau de difficulté supérieur à ce que les élèves pourraient lire seuls. Le maître prend alors en charge la lecture, et l’accent est porté sur la compréhension et non sur le déchiffrage. Cela permet d’acquérir des connaissances culturelles et des compétences qui rendent ensuite les élèves capables de lire seuls des histoires plus complexes.

Le conte en quelques mots

H.C. Andersen (Domaine public/Wikipédia)

Hans Christian Andersen est un écrivain danois du XIXe siècle, né en 1805 et mort en 1875. Il est surtout connu pour ses contes pour enfants, mais il a aussi écrit des romans, des récits de voyage, des pièces de théâtre.

La Reine des neiges est un conte qui a connu un succès mondial avec le film éponyme (Frozen en anglais) produit en 2013 par les studios Disney. Cependant, le dessin animé américain est très différent du conte original d’Andersen, aussi est-il particulièrement intéressant de revenir aux sources avec les élèves.

On pourra en outre s’appuyer sur un dessin animé très proche du conte originel, assez ancien et d’origine russe, si je ne fais pas d’erreur.

Séance 1 : un miroir maléfique

Un miroir qui montre les choses plus laides qu'elles ne sont
Un miroir qui montre les choses plus laides qu’elles ne sont (Image générée par l’IA proposée par WordPress)
  • Partir de ce que les élèves savent déjà : tenir compte du fait que les enfants connaissent probablement le dessin animé Disney, qui en réalité n’a pas grand-chose à voir avec le conte d’Andersen.
  • Partir d’illustrations à projeter, issues de Wikimedia Commons et donc diffusables (les images relèvent soit du domaine public, soit sont sous licence Creative Commons), pour faire parler les élèves : décrire, commenter, comparer.
  • Explicitation du vocabulaire en amont, comme dans la méthode Narramus.
  • Lire le début de l’histoire. Faire reformuler par les élèves, noter sur une affiche les éléments importants, de façon à ce que les élèves disposent d’un support pour des prises de parole ultérieures.
  • Travail individuel : dessiner l’histoire et légender. Ce travail peut être fait sur l’ardoise ou le cahier de brouillon.
  • Travail individuel pour ancrer la compréhension du fonctionnement du miroir : création de caricatures (lien avec les arts plastiques). Dessiner un « beau » visage et sa déformation. Possibilité de partir des photos d’élèves si on en a. « Comment apparaîtrais-tu dans le miroir magique ? »

Séance 2 : les amis Kay et Gerda

Découverte du début de l’histoire de Kay et Gerda, avec l’explicitation du vocabulaire en amont, le passage par le dessin, des repérages dans le texte et quelques questions de compréhension.

Séance 3 : l’enlèvement de Kay

The evil Queen of Snow
La méchante Reine des Neiges (image générée par l’IA proposée par WordPress)

Découverte d’un troisième épisode de l’histoire, où Kay reçoit un fragment du miroir maléfique dans l’œil et dans le cœur, devient méchant, et est emporté par la Reine des Neiges dans son royaume glacé. L’activité des élèves consiste en la remise en ordre de phrases de résumé.

Séance 4 : l’arrivée chez la vieille dame

Dans ce quatrième épisode, Gerda, partie à la recherche de Kay, rencontre une vieille dame qui utilise un sortilège magique pour faire tout oublier à Gerda, et faire en sorte qu’elle demeure à jamais auprès d’elle. Heureusement, Gerda retrouve la mémoire et repart en quête.

Séance 5 : un quiproquo qui finit bien

Dans le cinquième épisode, Gerda rencontre une corneille qui lui décrit un personnage qui pourrait bien être Kay. Hélas, ce n’est pas la bonne personne. Mais, malgré la méprise, cela aura été une aide pour Gerda, qui repart avec un carrosse, des bottines et un manchon.

(Pour cet épisode, le texte lu est un résumé rédigé par mes soins et non le texte original d’Andersen, trop long.)

Séance 6 : Gerda chez les brigands

Dans le sixième épisode, Gerda est enlevée par des brigands. La petite-fille des brigands est cruelle avec les animaux, mais elle aide finalement Gerda à s’échapper.

(Pour cet épisode, le texte lu est un résumé rédigé par mes soins et non le texte original d’Andersen, trop long.)

Séance 7 : L’aide d’une Laponne et d’une Finnoise

Un voyage à dos de renne avec deux haltes auprès d’une Laponne et d’une Finnoise. Gerda reçoit de l’aide et du soutien. (Pour cet épisode, j’ai simplement supprimé un passage pas très laïque où Gerda vainc des flocons de neige en récitant le Notre Père.)

Séance 8 : Dans le palais de glace

C’est la fin des aventures de Gerda, qui retrouve enfin Kay dans le palais de la Reine des Neiges. Mais celui-ci est endurci par la glace… Ce sont les larmes et les chants de Gerda qui permettront à Kay de retrouver son état normal. « Libéré, délivré » de l’emprise de la Reine des Neiges…

Séance 9 : Évaluation finale

On peut adapter cette évaluation pour des élèves plus âgés en donnant simplement les images et en demandant aux élèves de remettre dans l’ordre puis de légender eux-mêmes. En CP, cela m’a paru un peu trop difficile.

Prolongements : Raconter oralement toute l’histoire, tour de cercle, etc.


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2 commentaires sur « La Reine des Neiges à l’école »

  1. J’ai un commentaire à faire sur l’utilisation des images d’IA. Je pense que nous devons tenir compte du fait que les images d’IA sont « grattées » à partir d’œuvres d’artistes sans leur consentement. Je suis d’accord, les produits de cette technologie sont étonnants, fascinants… Je me suis moi-même abonné à un site d’images d’IA. Mais je doute que mon choix soit vraiment éthique. Il faut réfléchir, je pense, avant de générer et de partager ces images gratuitement. Les œuvres des artistes ne sont pas seulement des « points de données » pour l’entraînement des robots.

    En parlant de poésie, je me souviens des mots de TS Eliot, tirés de « The Rock » :

    Where is the Life we have lost in living?
    Where is the wisdom we have lost in knowledge?
    Where is the knowledge we have lost in information?

    Où est la vie que nous avons perdue en vivant ? Où est la sagesse que nous avons perdue dans la connaissance ? Où est la connaissance que nous avons perdue dans l’information ?

    Traduction…DeepL…

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