« Le vilain petit canard » en fin d’année

Voici un petit projet simple et rapide, qui ne nécessite ni photocopies, ni travaux à corriger, mais qui permet de travailler l’oral. Cela peut être sympa en fin d’année scolaire. Ce travail est basé sur le dessin animé Le vilain petit canard, un film ancien (1939) des studios Disney. Il a l’avantage d’être un film muet. Les personnages sont des animaux, et les conversations sont en langage animal. Les élèves peuvent restituer les paroles prononcées en interprétant le film à travers différents indices.

Le Vilain Petit Canard est un conte de l’écrivain danois Hans Christian Andersen (XIXe siècle). Ce grand classique de la littérature jeunesse est souvent inconnu des élèves d’aujourd’hui, par opposition à d’autres contes plus célèbres comme Le Petit Chaperon Rouge. Il appartient pourtant pleinement à la littérature patrimoniale.

Ce conte, composé en 1842, a été adapté dans les années 1930 par les studios Disney (en 1939 pour la version en couleur). Il s’agit d’un dessin animé ancien, généralement inconnu des élèves. Il est assez bref (10 min), ce qui le rend aisé à étudier en classe. Oscarisé dès l’année de sa sortie, ce film d’animation est particulièrement intéressant.

Ce film n’a pas de paroles, mais uniquement des bruitages et de la musique. Il demande ainsi une certaine forme d’interprétation, et permet de demander aux élèves sur quels indices ils se fondent pour justifier telle ou telle interprétation.

Surtout, ce film est intéressant pour sa dimension morale, tant il est vrai que les jeunes enfants sont prompts à s’exclure et à se rejeter les uns les autres, pour des raisons souvent futiles. Il est important de leur apprendre à dépasser les différences. Il ne s’agit pas de les nier (ces différences existent objectivement) mais d’apprendre à ne pas rejeter ou exclure en raison de ces différences.

La séance en quelques mots

Compétences travaillées (BO 2020)

LANGAGE ORAL

  • Conserver une attention soutenue lors de situations d’écoute ou d’échanges et manifester, si besoin et à bon escient, son incompréhension.
  • Dans les différentes situations de communication, produire des énoncés clairs en tenant compte de l’objet du propos et des interlocuteurs.
  • Pratiquer les formes de discours attendues – notamment raconter, décrire, expliquer – dans des situations où les attentes sont explicites ; en particulier raconter seul un récit étudié en classe.
  • Participer avec pertinence à un échange (questionner, répondre à une interpellation, exprimer un accord ou un désaccord, apporter un complément, …).

EDUCATION MORALE ET CIVIQUE

  • Respecter autrui, accepter et respecter les différences.

Phase 1 : Présentation du dessin animé

Le maître (ou la maîtresse) annonce l’activité. Il précise que le visionnage du dessin animé sera suivi d’un travail de restitution orale. Il présente le titre et la durée (10 min).

Phase 2 : Visionnage du dessin animé

Le visionnage n’est pas très long. Il se fait en une seule fois, sans commentaires de l’enseignant dans un premier temps.

Phase 3 : Travail par groupes

Par groupes, les élèves produisent une affiche qui servira de support à l’expression orale des enfants. Les élèves ont le droit d’écrire, de dessiner. Il leur est précisé qu’ils devront prendre en charge à tour de rôle un morceau de l’histoire. Les élèves se répartissent un fragment de l’histoire.

Phase 5 : Restitution orale

Passage de chaque groupe (5 à 6 élèves) au tableau. Les élèves prennent la parole à tour de rôle selon la technique du « tour de cercle ». Le premier à parler raconte le début de l’histoire, le deuxième prend en charge la suite, etc., de manière à ce que l’histoire soit terminée lorsque le dernier élève a pris la parole.

Les différents groupes passent et les restitutions sont différentes. Dans un premier temps, le maître n’intervient pas et les élèves des autres groupes sont invités à écouter sans commenter et sans réagir. Le but est que les élèves qui passent au tableau puissent avoir la parole sans être pré-orientés.

Phase 6 : Mise en commun

Le maître interroge les élèves sur des passages précis qui auraient été moins bien racontés. Il rappelle la méthodologie du « tour de cercle » si certains groupes ont eu du mal à se répartir la parole. La chronologie de l’histoire est rappelée, au besoin en revisionnant de brefs extraits.

Puis, le maître rediffuse les passages où les personnages « parlent » en langage animal. Les élèves sont invités à traduire ces bruitages en français. Plusieurs élèves sont interrogés successivement, chacun donnant son interprétation des paroles. Le fait d’interroger plusieurs élèves de suite sans changer de question correspond à la « pédagogie de l’écoute » de Pierre Perroz.

Phase 7 : Débat interprétatif / EMC

Débat : Pourquoi le « vilain petit canard » est-il rejeté ? Est-il réellement « vilain » ? Qu’est-ce qu’être différent ? Comment la cane aurait-elle dû agir ? Et nous, comment pouvons-nous nous comporter avec des personnes différentes ?

Insister sur le fait que rejeter une personne en raison de sa différence est inadmissible. La cane aurait dû, a minima, accueillir le caneton différent de façon temporaire en attendant qu’il retrouve sa vraie famille.

J’espère que cette proposition de séance vous aura intéressé. Elle peut être facilement mise en place, sans matériel particulier. Je l’ai utilisée comme mini-projet de fin d’année, mais elle conviendrait bien aussi pour un remplacement à la journée. La séance a été réalisée avec des CP. En GS, il faudrait y passer plus de temps mais c’est tout à fait adaptable. On peut adapter aussi pour le CE voire le CM, en augmentant la part d’écrit.


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3 commentaires sur « « Le vilain petit canard » en fin d’année »

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