Archives mensuelles : novembre 2023

Obscène

Obscènes, les seins d'une jeune fille ?
Non, n'en déplaise aux tartufes.
Obscènes, les blasphèmes ?
Non, juste de la provocation
Et, parfois aussi, de la bêtise.

Ce qui est obscène, je vais vous le dire,
C’est que de jeunes gens fortunés,
Trouvent amusant de se faire photographier,
Une énorme boule de glace à la main,
Devant de pauvres gens décharnés,
Dont on voit les côtes et les membres grêles,
Probablement victimes, sinon de famine,
Du moins de malnutrition,
Et vivant certainement dans le plus grand dénuement.

Et cela fait le buzz comme on dit,
Cela doit être instagrammable,
La misère se like et se "partage"
Dans le grand ballet de l'hypocrisie.

Je ne doute pas que ces gens-là
Aient imaginé une justification.
Sans doute y voient-ils une condamnation
De notre société hypocrite. J'entends cela.
Mais savourer goulument un sorbet
En regardant une personne qui n'en a jamais mangé
Je n'y vois pas autre chose que de la cruauté.
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« Monde, genoux couronnés » de Béatrice Bonhomme, par Jalel El Gharbi

Jalel El Gharbi, poète, universitaire et traducteur, a lu le dernier recueil de Béatrice Bonhomme et a écrit la note de lecture qui va suivre. Je précise que ce recueil s’intitule Monde, genoux couronnés, qu’il est paru aux éditions Collodion en 2023, et qu’il a reçu le Prix Mallarmé 2023.

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Femmes poètes en lutte contre la violence

La poésie ne sauvera pas le monde, mais elle porte la voix de ceux et celles qui luttent contre l’injustice et l’oppression. En cette Journée internationale contre les violences faites aux femmes, rendons hommage à ces voix féminines intrépides, à la plume audacieuse, qui transcendent l’oppression par l’art de la poésie. Des voix féminines fortes qui font de la poésie une forme de résistance.

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Comment j’ai découvert la poésie de Jean-Michel Maulpoix

J’ai découvert la poésie de Jean-Michel Maulpoix en 2007. Mes études en hypokhâgne et khâgne m’avaient permis de découvrir les grandes voix de la littérature française, mais j’étais curieux de savoir ce que l’on écrivait, à présent, en poésie. À quoi ressemblaient les poètes d’aujourd’hui.

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« Le givre » de Maurice Carême

Maurice Carême (Wikipédia)

Maurice Carême (1899-1978) est un poète très connu dans les écoles élémentaires, où ses poèmes aisément accessibles aux enfants sont souvent proposés à la découverte. J’essaie, pour ma part, de permettre à mes élèves de découvrir d’autres aspects de la poésie, peut-être moins classiques : calligrammes, haïkus, etc. Mais j’ai beaucoup aimé « Le givre », et je l’ai proposé à mes élèves. Je vous le présente en « citation du jour », afin de vous le faire découvrir. Dites-moi ce que vous en pensez en commentaire !

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Patrick Quillier ou la vague de l’épopée

Alors même qu’elle est la mère de la poésie, l’épopée en France n’a guère été sur le devant de la scène ces dernières décennies. Il y avait certes des poèmes aux accents épiques, mais les grands débats étaient ailleurs. Le poète était soit « philosophe », soit « philologue » ; soit lyrique, soit littéraliste… Sans doute fallait-il un comparatiste tel que Patrick Quillier pour sortir des débats franco-français, observer la persistance de la poésie épique au vingtième siècle, et ressentir avec urgence la nécessité d’une parole épique aujourd’hui.

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Décès de Jean-Pierre Verheggen

J’apprends avec tristesse la nouvelle du décés de Jean-Pierre Verheggen à l’âge de 81 ans, le 8 novembre. Le poète belge, connu pour son amour de la langue française, pour sa capacité à jouer avec les mots, pour sa pratique joyeuse du calembour, s’est distingué, tout au long de sa vie poétique, par son humour truculent.

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Annonce : dialogue avec Patrick Quillier

Patrick Quillier me fait l’honneur de m’avoir choisi pour présenter son livre, lors d’un dialogue entrecoupé de lectures qui se tiendra à la faculté des Lettres de Nice, boulevard E. Herriot, au troisième étage du bâtiment de l’extension. Dans les locaux du CTELA dont je suis membre, nous discuterons de l’épos, de la poésie épique, du besoin urgent d’une parole qui refonde le collectif, des avatars de l’aède contemporain, et de son oreille ouverte sur le monde.

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Nouvelle polémique concernant l’écriture inclusive

Le débat concernant « l’écriture inclusive » été relancé par le Sénat qui a voté une proposition de loi visant à tout bonnement l’interdire (source: France TV info). Les débats qui s’en suivent sur les réseaux sociaux sont souvent très passionnés, à l’instar de ce qui se produit aussi parfois concernant les aménagements orthographiques de 1990.

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Paix de la nuit

Et sur tout cela je voudrais que tombe la nuit, qu’elle fasse le sommeil des choses et des êtres, qu’elle enveloppe de son édredon sombre les formes et les couleurs, et que peu à peu cela s’estompe. Ô Nuit, nous invoquons ta douce protection, à l’heure incertaine où croît l’ombre, et où tout glisse dans ta molle enveloppe. Voici venu le temps où la feuille se fige, où l’oiseau interrompt son chant, où s’endort même la bise, comme le soupir d’un enfant. Voici que les couleurs troublées de nos coeurs blessés se dissolvent dans le même bleu profond, voici que les pensées naguère agitées se déposent dans le silence de la maison. Et la nuit efface peu à peu les contours des choses, les frontières des êtres, et tout s’enfonce dans la nuit, dans notre mère la nuit, retournant à l’unité première. Il n’y a plus de bruit, il n’y a plus de souci, il n’y a plus que la nuit, en laquelle tout se fond, tout sommeille et s’apaise.

Nous nous souviendrions cependant du jour, de ses lumières, de ses cris, nous nous souviendrions de l’amour, de nos prières, de nos envies, de nos doutes, de nos peurs, de nos malheurs et de nos soucis. Mais, baignés dans la douceur de la nuit, ils ne susciteraient plus aucune inquiétude, comme s’ils ne nous concernaient plus, comme s’ils étaient arrivés à un autre, désormais perçus depuis un plus vaste point de vue, ramenés à leur véritable nature, simples remous superficiels dans l’océan immobile.

Et au-dessus de tout cela, tout en haut, planerait un sourire, une joie presque perceptible, un baume entre les choses, comme un acquiescement, comme un remerciement, dans la paix de la nuit.

Mercredi 1er novembre 2023

Boucle d’or au CP

En principe, Boucle d’or est traditionnellement enseigné en maternelle. Mais cette année, plusieurs classes de mon école participent à un projet de musique, que je ne détaillerai pas ici, et qui est basé sur une adaptation musicale du conte. Il faut donc que les élèves aient un peu pratiqué le conte. J’ai prévu pour cela une mini-séquence, conçue pour un début CP, donc pour des élèves qui ne savent pas encore lire. Elle débouche sur une restitution du conte par les élèves eux-mêmes, devant les décors projetés, avec de petites marionnettes.

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