Patrick Quillier et Hoda Hili à l’affiche du prochain « Jeudi des mots »

Ce sont deux poètes que je connais bien, et que je suis heureux de compter parmi mes amis, qui seront à l’honneur du prochain « Jeudi des mots », cette soirée mensuelle organisée par Marilyne Bertoncini, désormais dans le cadre de l’association « Embarquement poétique ».

Hoda Hili, née en 1983, a grandi entre Franche-Comté et Maroc. Elle a mené des études de philosophie, tout en se montrant très tôt passionnée par l’art et la poésie. Elle a animé des débats philosophiques à la BMVR Louis Nucéra (Nice). Elle enseigne la philosophie à la Haute École du Travail Social de Nice. Elle vit désormais dans la vallée de l’Estéron, à Aiglun (06), où elle cultive le safran et l’olive tout en s’adonnant à l’écriture. Elle est une membre active du PoëtBuro, qui organise chaque année le Festival Poët Poët au mois de mars. Elle a récemment publié deux recueils de poésie : Nuits diphoniques, suivi de Contre-espaces, dans la collection « Bookleg » des éditions Maelström (Belgique), et Abris perdus, aux éditions Abordo. J’ai rendu compte du premier recueil dans un précédent article de ce blog, et j’ai récemment reçu le deuxième, que je lirai et commenterai dès que je trouverai un peu de temps.

J’ai rencontré Patrick Quillier lors de mes études à l’Université de Nice, où il est Professeur émérite de Littérature comparée. Cet agrégé de lettres classiques n’a pas toujours vécu dans les Alpes-Maritimes : natif du Sud-Ouest, il a vécu, et même enseigné, à la Réunion, au Portugal, en Hongrie. Passionné de langues, il est traducteur du grec, du portugais, du hongrois. Spécialiste du grand poète Fernando Pessoa, il a traduit ses oeuvres complètes dans la Bibliothèque de la Pléiade. Il a beaucoup étudié la dimension épique chez de nombreux poètes contemporains du monde entier. Aussi, en 2010, il lance la question de la permanence de l’épopée au XXe siècle au programme de l’Agrégation de Lettres Modernes, avec des auteurs tels que Anna Akhmatova, Aimé Césaire, Pablo Neruda, et Nâzim Hikmet. Il est aussi spécialiste de la poésie réunionnaise, et a récemment publié une anthologie avec Carpanin Marimoutou, intitulée L’infini insulaire. Parmi les poètes réunionnais, il affectionne particulièrement Boris Gamaleya, qu’il a beaucoup étudié et enseigné.

À côté de cette riche carrière universitaire, que je n’ai que très partiellement évoquée, Patrick Quillier a publié plusieurs recueils de poésie. Après Office du murmure et Orifices du murmure, aux éditions de la Différence, vient Voix éclatées, vaste fresque épique revenant, cent ans après les faits, sur la Première Guerre Mondiale. Son dernier livre, D’une seule vague, constitue le premier volume d’une épopée intitulée Chants des chants. J’ai récemment eu le plaisir d’intervenir à l’Université de Nice pour présenter ce dernier livre dans le cadre d’un entretien avec le poète.

Chaque année, depuis longtemps, Patrick Quillier réunit ses amis poètes pendant quelques jours d’été à Aiglun où il vit. Depuis quelques années, ce rendez-vous estival a pris de l’ampleur, grâce notamment à l’implication de la mairie. Patrick et Hoda ont tenu à ce que cela ne devienne pas un festival, et que cela reste des « rencontres de parole » sous le signe du partage et de l’amitié. C’est un pari réussi, qui font de ces journées d’août de merveilleux moments de poésie.

Ce couple de poètes sera donc présenté par Marilyne Bertoncini le jeudi 14 décembre 2023, de 18h30 à 20h, dans le cadre des « Jeudis des mots », au café culturel « chez Pauline », situé rue Bavastro à Nice. Vous pourrez trouver dans ce blog des comptes-rendus des précédents jeudis, toujours très instructifs et agréables. Une scène ouverte aura lieu à l’issue de la soirée.


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Un commentaire sur « Patrick Quillier et Hoda Hili à l’affiche du prochain « Jeudi des mots » »

  1. Cher Gabriel, Toujours très reconnaissante pour la qualité des textes et informations que vous partagez, je recours à vous aujourd’hui pour trouver la réponse au défi lancé par Antoine Compagnon dans son discours de réception à l’Académie française : https://www.academie-francaise.fr/discours-de-reception-de-m-antoine-compagnon J’ai beaucoup apprécié ce discours érudit et plaisant. Mais l’auteur indique en note 42 qu’il s’est donné une contrainte à la manière de l’Oulipo, et je demeure incapabale de progresser dans l’élucidation du mystère. Auriez-vous une idée, une piste, un indice pour m’aider ? J’ai fait des études des Lettres classiques et c’est maintenant que je découvre (en grande partie grâce à vous) les Lettres modernes (passez-moi l’utilisation de ces étiquettes commodes). L’Oulipo fait donc partie de ce vaste territoire nouveau pour moi. Je vous serai très reconnaissante du temps que vous pourrez consacrer à ce sujet, lorsque vous en aurez la possibilité. En attendant, je vous remercie encore pour votre blog et tout ce qu’il m’apporte, et je vous souhaite un mois de décembre aussi serein que possible. Avec mes sincères amitiés, Laure

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