Quel pourrait être le thème du prochain printemps des poètes?

Depuis quelques années, le Printemps des poètes nous invite à un voyage poétique autour d’un thème choisi en suivant l’ordre de l’alphabet. Une façon comme une autre de décliner les aspects multiples de la poésie, en fédérant les initiatives des nombreux acteurs locaux autour d’une idée commune. En 2025, une nouveau thème guidera les explorations poétiques, et il devrait commencer par la lettre H. Après l’Ardeur, la Beauté, le Courage, le Désir, l’Ephémère, les Frontières et la Grâce, quel sera le thème du printemps des poètes 2025 ? À vos pronostics !

H comme Humain

Ce qui vient immédiatement à l’esprit, c’est l’humain, l’homme, dans la mesure où il s’agit d’un thème très fédérateur, qui peut convenir à toutes les formes de poésie, des plus traditionnelles au plus avant-gardistes. C’est un thème qui peut faire écho à l’actualité la plus brûlante, tout en étant aussi intemporel. Il me semble qu’à l’époque actuelle, nous avons, plus que jamais peut-être, besoin d’humanisme, d’une vraie solidarité humaine, et la poésie peut faire partie de la solution, pour promouvoir des rapports humains authentiques, sincères, fraternels. Ce serait donc un beau thème que celui de l’humain. La seule objection que je pourrais avoir est que c’est un thème très attendu et finalement assez convenu.

« Humain » serait mieux que « homme ». L’adjectif a une dimension plus sensible que le substantif. Quand on dit à quelqu’un « sois humain », on fait appel à des valeurs de bienveillance, d’empathie, de solidarité, de douceur. Quand on parle de l’Homme avec une majuscule, même si ce terme renvoie à l’espèce et non au sexe, il y a quand même une connotation plus virile. On pense à la grandeur, à la gloire de l’Homme en tant qu’espèce. Les deux mots n’ont pas les mêmes connotations, même s’ils dénotent la même réalité.

Choisir l’humain comme thème du nouveau printemps des poètes, ce serait rappeler que la poésie n’est pas seulement là pour faire joli, n’est pas seulement une esthétisation décorative du monde, n’est pas seulement une façon agréable de parler, mais renvoie bien au contraire à des questions tout à fait sérieuses et impérieuses, en lien direct avec les problèmes actuels de l’humanité, et les grandes questions universelles, sur la vie, l’amour, la mort.

H comme Harmonie

Le mot Harmonie commence lui aussi par la lettre H, et représente un idéal de beauté fait d’équilibre. Dans son sens premier, l’harmonie désigne la concordance agréable de plusieurs sons, la création d’une mélodie plaisante à l’oreille. L’harmonie, c’est la juste proportion des choses, le bon dosage, l’équilibre subtil des forces. Et la poésie, elle aussi, peut trouver sa beauté dans la construction de rapports harmonieux entre les mots, les vers, les rythmes, les images et les émotions. Cela ne passe pas forcément par une facture traditionnelle. Il peut y avoir de l’harmonie dans le vers libre, la prose, ou quelle que soit la forme adoptée, de la plus traditionnelle à la plus avant-gardiste.

Un bémol, cependant : ce thème peut risquer de conduire à une interprétation « gnangnan » de la poésie. Comprenons-nous bien : l’harmonie est un sujet important, qui peut donner lieu à de très beaux poèmes, mais qui peut facilement être abusivement simplifié, au profit d’une conception fade et mièvre de la poésie. À vrai dire, je me méfie à la fois de toute simplification excessive de la notion d’harmonie, qui aurait vite fait d’aboutir à une poésie consensuelle, et de la position inverse qui consisterait à refuser par principe le choix d’une poésie harmonieuse.

L’harmonie en poésie, comme d’ailleurs en musique, ne se résume pas à une simple recherche de douceur ou à l’expression naïve de bons sentiments. Elle peut s’exprimer à travers des contrastes, des ruptures, des dissonances, qui viennent enrichir la composition et lui apporter une dimension plus complexe et plus nuancée. Le défi pour les poètes qui s’empareront de ce thème réside dans la capacité à trouver un juste équilibre entre l’harmonie et la profondeur des réflexions. Il s’agira d’éviter les clichés et les facilités, de dépasser la vision stéréotypée d’une poésie mièvre et naïve, pour explorer toutes les facettes de l’harmonie, dans sa puissance et sa complexité.

H comme Horizon

Très joli mot que celui-ci, et très important pour la poésie comme l’a montré Michel Collot. Un mot simple en apparence, et pourtant si riche de sens et d’évocations. L’horizon est à la fois réel et imaginaire, visible et impalpable, concret et fuyant. Cette ligne limite tout paysage, mais on ne peut s’y rendre, car alors l’horizon se sera déplacé. Point de contact entre le visible et l’invisible, l’horizon se prête fortement à la rêverie poétique, et se montre un thème particulièrement fécond. L’horizon, c’est l’ailleurs que l’on ne voit pas mais que l’on peut imaginer à loisir…

Dans un essai très inspirant, le chercheur et critique Michel Collot a montré combien le concept de « structure d’horizon », emprunté à la phénoménologie, était fécond pour penser la poésie moderne et contemporaine. Je vous invite à vous reporter à mon article où j’explique cette notion en résumant l’ouvrage de Michel Collot.

Choisir l’horizon comme thème du Printemps des Poètes 2025, ce serait opter pour un thème universel, fédérateur et inspirant. L’horizon parle à tout le monde, ne laisse personne indifférent, mais se révèle finalement bien plus complexe et profond qu’il apparaît au premier abord, au vu de ses implications philosophiques.

H comme Habitation

Friedrich Hölderlin, figure majeure du romantisme allemand, nous invite à « habiter poétiquement le monde ». Cette expression, devenue célèbre, nous renvoie à une attitude de contemplation et d’émerveillement face à la beauté du monde. Il s’agit d’être attentif aux détails et aux nuances de l’existence, et de trouver une source d’inspiration poétique jusque dans la vie quotidienne. On peut y voir la définition d’une posture méditative du poète, invité à être disponible au réel, plutôt qu’aveuglé par ses pensées.

L’habitation du monde désigne une manière d’être au monde qui transcende la simple fonctionnalité et vise à saisir l’essence poétique des choses. C’est une invitation à cultiver une sensibilité aiguisée, à porter un regard neuf sur le monde, et à trouver de la beauté dans les aspects les plus ordinaires de la vie.

Cette expression a tellement été reprise, utilisée et employée à tout bout de champ, qu’elle pourrait paraître galvaudée, en tout cas un peu usée. Il est aujourd’hui devenu assez banal de dire que la poésie nous invite à habiter poétiquement le monde. Pourtant, en soi, c’est une belle idée, et il pourrait être intéressant de revenir au sens littéral de cette expression, en nous interrogeant sur cette idée d’habitation, dans la mesure où il s’agit d’un véritable enjeu contemporain.

L’habitation, au sens physique comme symbolique, est au cœur de nos vies. C’est l’espace que nous occupons, façonnons et partageons, un lieu de refuge et d’exploration, d’intimité et d’ouverture sur le monde. Elle est à la fois un reflet de notre identité et un miroir des transformations sociales et environnementales qui nous entourent. Cela peut être l’occasion d’évoquer en poésie les défis actuels de notre société, comme les problèmes du logement, de l’urbanisation galopante, du rapport à la terre et à la nature. L’habitation concerne aussi bien le migrant sans abri que le citadin en quête d’un havre de paix, le nomade qui sillonne les contrées sauvages que l’habitant d’un village ancestral. L’expression « habiter poétiquement le monde » fait aussi de nous des citoyens du monde, dont la maison est la Terre elle-même, une maison dont nous devons prendre soin, pour aujourd’hui et pour les générations futures. On mesure ainsi combien ce thème est essentiel.

H comme Héritage

Je crois que c’est René Char qui dit que notre héritage n’est précédé d’aucun testament. C’est une façon de dire que les poètes d’aujourd’hui sont riches d’une longue histoire littéraire, laquelle apparaît comme une matière pour la création contemporaine, mais qu’il n’y a aucun mode d’emploi imposé. Cette absence de directives rigides nous offre une liberté inestimable : celle de puiser dans la richesse de la tradition littéraire tout en forgeant notre propre voix, en explorant des chemins inédits.

Nos prédécesseurs seraient écrasants s’ils nous imposaient une ligne esthétique à suivre. Mais, loin de nous écraser par leur grandeur, ils nous invitent à un dialogue ouvert et fécond. Leur œuvre n’est pas un ensemble de dogmes à suivre aveuglément, mais une source d’inspiration et de stimulation pour notre propre créativité. Il n’y a pas de testament, pas d’obligation. Nous sommes libres de visiter cet héritage à notre guise, de la façon la plus respectueuse comme aussi de la façon la plus iconoclaste.

Et cette exploration de l’héritage pourrait faire l’objet d’un intéressant Printemps des Poètes, à condition qu’il soit bien acté que l’on peut jouer avec cet héritage, sans aucunement se limiter à de respectueuses écritures « à la manière de ». Ce serait une façon de rappeler que toute écriture est aussi réécriture, réinvention, réappropriation, retraitement… Il ne s’agirait pas, ou pas seulement, de célébrer des pastiches ou des imitations serviles, mais de s’emparer de l’héritage avec audace et respect, de le revisiter, de le réinventer, de se le réapproprier à notre manière. Cette démarche pourrait se manifester d’une multitude de façons, qui témoigneraient de la vitalité de la création contemporaine, consciente de ses héritages mais libre dans sa démarche.

H comme Histoire

« Histoire » ferait aussi un thème intéressant, car ce mot polysémique peut à la fois renvoyer au passé historique comme objet d’exploration pour la poésie, et désigner la dimension narrative d’une poésie qui se plaît parfois à raconter des histoires. Le récit, la fiction, la narration ne sont pas réservés à la prose romanesque, et lorsque la poésie s’en empare, c’est à sa façon à elle…

Ce thème pourrait permettre de rappeler que la poésie ne parle pas seulement du temps qui passe, des saisons qui s’égrènent, du quotidien, mais aussi de l’Histoire avec un grand H, celle des peuples et non uniquement celle des individus. Patrick Quillier, dans Voix éclatées, et à l’occasion du centenaire de la Grande Guerre, a publié un poème épique qui nous plonge au cœur de l’Histoire du siècle passé. Son épopée se fonde sur un impressionnant travail de documentation, ce qui est assez rare en poésie. Un tel poème nous ramène au rôle initial de l’aède, qui est d’être la voix du groupe, du collectif, de mettre en mots et en chants son Histoire. Le poète ne dit pas l’Histoire de la même manière que l’historien, ce sont deux finalités différentes, toutes deux nécessaires.

Choisir « l’histoire » comme thème pour le Printemps des Poètes 2025, cela pourrait être une invitation pour les poètes à se ressaisir de cette fonction originelle de la parole poétique, une invitation à raconter, à conter, à dire la grande histoire du bipède dégingandé qui se croit malin, mais qui apparaît aujourd’hui bien désemparé.

H comme Hargne

Et pourquoi pas la hargne ? Un thème sans doute moins consensuel, mais néanmoins porteur en ces temps troublés qui sont les nôtres. La hargne, c’est la rage, la fureur, la colère. Pour rappeler que la poésie n’est pas une petite chose douce et gentille. Que la poésie a des choses à dire. Et que la poésie n’a pas l’intention de s’autocensurer. Le thème de la hargne inviterait les poètes à ne pas détourner le regard des sujets qui nous interpellent, à ne pas céder à la tentation de l’esthétisme facile. La poésie a le pouvoir de dire les maux du monde, de porter la voix des opprimés et des oubliés.

La poésie peut dire notre indignation, notre refus des injustices, notre colère face à la misère, à l’horreur, à la guerre. Les poètes peuvent être là pour porter notre révolte. Fins lecteurs de leur temps, les poètes peuvent sublimer cette hargne dans une écriture poétique qui témoignerait de cette révolte.

En somme, cette démarche n’impliquerait pas d’en rester à un militantisme de bas étage, à une poésie de circonstance qui serait vite périmée. Il ne s’agit pas de sacrifier la beauté et la force du langage au profit d’une simple dénonciation. La poésie de la hargne peut être subtile, complexe, et même empreinte d’une certaine beauté tragique. Elle peut explorer les nuances de l’indignation, du désespoir et de la révolte, tout en conservant sa puissance d’évocation et son pouvoir de transformation.

En invitant les poètes à explorer la hargne, le Printemps des Poètes 2025 contribuerait à redonner du sens à la parole poétique. Il affirmerait que la poésie n’est pas un art futile ou déconnecté du monde réel, mais qu’elle peut être une force de résistance et d’espoir. Ce ne sont pas les sujets d’indignation qui manquent, hélas ! Une invitation à ne pas se taire face aux injustices, à ne pas céder à la résignation, et à croire au pouvoir transformateur de la poésie, en remettant le poète au cœur de la Cité.

H comme Humour

Le thème de l’humour est intéressant en ce qu’il permet de mettre en avant un aspect de la poésie qui est assez peu souvent évoqué. Pourtant, comme d’autres formes d’art, la poésie peut faire rire, elle peut faire sourire. Elle est l’art des jeux de mots, des rapprochements de sons et de sens, des calembours et des contrepèteries. Ce rire n’est généralement pas gratuit : derrière le sourire, il y a souvent quelque leçon à tirer du bon mot. Le rire fait souvent réfléchir.

Le choix de ce thème impliquerait de faire attention à ne pas en faire une lecture réductrice. Je verrais d’un assez mauvais œil que l’on présente comme poèmes ce qui ne serait que de simples blagues, qui peuvent du reste être amusantes, mais ne méritent pas d’être qualifiées de poésie. Faire de l’humour en poète, ce n’est pas la même chose que faire de l’humour tout court, et cette distinction doit absolument rester en permanence dans les esprits, sans quoi il ne s’agirait plus du Printemps des Poètes.

L’humour en poésie est un art particulièrement difficile. Il est, à mon sens, bien plus facile d’émouvoir que de faire rire. Il s’agit de manier le langage avec finesse, de jouer sur les mots et les sonorités, de créer des images surprenantes et de distiller une dose d’ironie ou de satire. C’est un exercice bien plus difficile qu’il n’y paraît, et il requiert un talent certain pour toucher le lecteur et provoquer un rire intelligent. Il y a des poètes qui en sont capables, je pense par exemple à Jean-Pierre Verheggen, récemment décédé, qui était invité à l’Université de Nice dans le cadre des Journées Poët Poët.

H comme Hospitalité

Les mots hôte et hostile sont parents par leur étymologie. Tous deux viennent lointainement du verbe latin hostire, comme le rappelle un graphe publié par Alain Rey dans son Dictionnaire historique de la langue française. Ce sont ainsi deux postures différentes face à l’Autre, et même radicalement opposées, qui sont rapprochées par l’étymologie : l’hospitalité et l’hostilité.

Revendiquer l’hospitalité comme thème du Printemps des Poètes 2025, ce ne serait évidemment pas politiquement neutre, mais la poésie n’est jamais neutre lorsqu’elle est authentique. En effet, cette notion, qui évoque l’accueil, l’ouverture et le partage, résonne particulièrement dans un monde marqué par les migrations, les mouvements de population et les rencontres interculturelles.

Dans un monde où il est facile de se déplacer, il est normal et sain que les personnes se déplacent et aillent à la rencontre d’autres cultures, tout comme il est normal et sain que ces rencontres ne soient pas toujours lisses, et fassent l’objet de frictions. Le débat, l’argumentation, la polémique font partie d’un fonctionnement démocratique sain. Là où cela va trop loin, c’est lorsque cela conduit à la violence. Le thème de l’hospitalité nous invite à promouvoir les valeurs d’accueil, d’écoute, d’intercompréhension, qui sont d’autant plus indispensables que l’immigration que nous connaissons aujourd’hui n’a rien à voir avec celle qui se profile dans les décennies à venir, lorsque des régions entières du monde deviendront inhabitables du fait du dérèglement climatique.

Dans le monde actuel, le thème de l’hospitalité évoque immédiatement ces questions d’une brûlante actualité. Mais il ne s’y limite pas. La poésie a toujours quelque chose à voir avec l’Autre, quel que soit cet autre. Paul Celan a dit : « Je ne vois pas de différence entre un poème et une poignée de mains », définissant en quelques mots l’hospitalité en poésie. Michel Deguy affirmait pour sa part que « la poésie n’est pas seule », et cette phrase sonne comme un rappel du fait que la poésie n’est pas isolée dans une tour d’ivoire, mais en contact constant avec le monde, avec les autres arts, avec l’altérité au sens large. Pour René Char, « le poème est toujours marié à quelqu’un ». Il n’y a de poésie véritable que dans le contact, le partage, la confrontation à l’altérité. Pour Jean-Michel Maulpoix, le lyrisme n’est pas l’expression autocentrée de sentiments personnels, mais bien une ouverture sur l’autre. Le poème, loin d’être un univers clos et autotélique, est inscrit dans une situation d’énonciation, d’un destinateur à un destinataire, qu’il s’agisse d’un destinataire réel ou d’un destinataire fictif. Le poème est adressé, il est voué à passer d’une bouche à une oreille, à se transmettre entre les individus. L’accueil de l’Autre apparaît ainsi comme un thème poétique essentiel.

En conclusion, l’hospitalité, dans ses multiples facettes, apparaît comme un thème fertile : il invite à la réflexion sur les relations humaines, la mobilité, la rencontre de l’altérité et la place de la poésie dans un monde en constante évolution. Choisir ce thème pour le Printemps des Poètes 2025 serait une occasion de célébrer la richesse des échanges interculturels et de promouvoir des valeurs d’ouverture, d’écoute et de respect de l’Autre, plus que jamais nécessaires dans le monde actuel.

H comme Hybridité

Et pourquoi pas l’hybridité ? Ce mot renvoie au mélange, à la chimère, au croisement d’espèces, à l’association dans un même corps de réalités distinctes. Il nous rappelle l’existence, souvent négligée, d’un continuum, d’une porosité entre les êtres et les choses. Une poète et chercheuse comme Béatrice Bonhomme accorde une importance essentielle à cette notion de porosité.

Choisir l’hybridité comme thème du Printemps des Poètes 2025, ce serait rappeler qu’il y a toujours de l’autre dans le soi et du soi dans l’autre. La frontière entre le soi et l’autre est beaucoup plus perméable qu’il ne paraît. La notion d’hybridité nous aide à penser la réalité dans ce qu’elle peut avoir de mouvant, lorsque les catégories ne sont pas étanches entre elles, mais qu’elles s’échangent et partagent des caractéristiques. Prendre conscience de ce mélange, cela permet d’accueillir plus aisément l’autre, qui n’est plus, dès lors, foncièrement autre, puisqu’il intègre un peu de nous-même, de la même manière que nous intégrons un peu de lui-même. Et Dieu sait que nous avons besoin d’ouverture à l’autre !

On pense, bien sûr, à l’hybridité des formes, des genres, des pratiques poétiques, mais aussi à celle des idées, des cultures, des personnes. Toutes sortes de métissages peuvent venir à l’esprit et devenir matière à création poétique. L’association « Embarquement poétique », sous la houlette de Marilyne Bertoncini, est précisément en train, ces jours-ci, de travailler en lien avec le Printemps des Migrations, pour recueillir des « mots migrants » et les tresser sous forme de banderoles. Hybridation des mots, des langues, des cultures…

Ce thème permettrait en somme de prolonger la réflexion entamée en 2023 avec le choix des « frontières » comme thème annuel. La notion d’hybridité vient rappeler la porosité des frontières, la fluidité des identités, l’importance du mouvement, du dialogue, des échanges, des métissages, des interconnexions entre les êtres, les choses, les idées. Il importe que la poésie circule, s’échange, se partage, se mélange…

*

Ces propositions ne sont bien sûr pas exhaustives. On pourrait penser à l’hiver, sur lequel tant de poètes ont écrit de sublimes poèmes, mais cela paraît quelque peu anachronique pour un « Printemps des poètes ». On pourrait penser à l’heure, comme une invitation à célébrer ou déplorer le passage du temps. Il y aurait aussi l’héroïsme, car la poésie peut aussi chanter les héros invisibles de notre temps. Bien évidemment, j’ai pensé à l’homosexualité, même si ce n’est sans doute pas suffisamment fédérateur pour la société entière. L’hystérie pourrait mettre un grain de folie dans le printemps poétique, mais cela reste un nom de maladie mentale, controversé qui plus est. Bref, ce ne sont pas les thèmes possibles qui manquent…

Le futur vous dira si mes pronostics ont été bons, et si le thème officiel du Printemps des Poètes 2025 correspondra à l’une des propositions que j’ai faites ici. Et vous, si vous deviez choisir un thème, parmi ceux que j’ai proposés, ou n’importe quel autre de votre choix, que choisiriez-vous ? Je vous invite à réagir en commentaire !

Je choisirai, parmi vos propositions, un thème pour un prochain appel à textes, qui devrait former une deuxième livraison de la revue « Grabuge », après les propositions de l’an dernier. Ce thème ne sera pas forcément celui qui sera officiellement retenu pour le Printemps des Poètes officiel.


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28 commentaires sur « Quel pourrait être le thème du prochain printemps des poètes? »

      1. Merci ! Je pose des questions surtout parce que je vais coordonner un projet dans le cadre du Printemps des Poètes et le thème va forcément donner une couleur au projet donc je cherche des infos sur quand le thème va sortir… mais vous n’en savez peut-être pas plus ?

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  1. Et pourquoi pas tout simplement HUMANITÉ ! Cela fait tellement défaut actuellement. Pensons aux plus jeunes, notamment les écoliers des classes de primaire qui réaliseront des textes sur le thème.

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  2. Et pourquoi pas HUMANITÉ ! Tout le monde en manque cruellement actuellement !

    Des élèves de primaire participent à cette fête de la poésie et de l’écriture…Ce thème serait plus judicieux !

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  3. Pour ma part l’humour me semble correspondre pour mettre un peu de joie dans le vie de tous les jour. J’attends le thème pour participer avec une école primaire : enfants de CE2 CM1. Claude Dussert

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      1. Humour ferait du bien à tout le monde peut-être.

        Mais il est difficile de privilégier un thème alors que plusieurs s’entremêlent : l’Humain peut-il vivre en Harmonie dans son Habitation en cherchant son Histoire, son Héritage à travers divers Horizons ? Mais avec ferveur Hargne et Humour il prouvera son Hospitalité et son Hybridité à vivre parmi les siens.

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      2. Humour ferait du bien à tout le monde peut-être.

        Mais il est difficile de privilégier un thème alors que plusieurs s’entremêlent : l’Humain peut -il vivre en Harmonie dans son Habitation en cherchant son Histoire, son Héritage à travers divers Horizons ? Mais avec ferveur Hargne et Humour il prouvera son Hospitalité et son Hybridité à vivre parmi les siens.

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  4. Humour ferait du bien à tout le monde peut-être.

    Mais il est difficile de privilégier un thème alors que plusieurs s’entremêlent: l’Humain peut il vivre en Harmonie dans son Habitation en cherchant son Histoire, son Héritage à travers divers Horizons? Mais avec ferveur Hargne et Humour il prouvera son Hospitalité et son Hybridité à vivre parmi les siens.

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