C’était intense, c’était génial, c’était plein de vie, plein d’échanges. Un grand bol d’humanité dans un monde qui en manque tant. Les Journées Poët Poët sont bien plus qu’un festival : l’occasion de nous relier poétiquement les uns aux autres.
Ces Journées portent bien leur nom. Poët Poët. Rendre hommage à la poésie. Avec dérision, joie et simplicité. Et cependant, la distinction du tréma, qui ajoute quelque chose au coup de klaxon. Avec sérieux, mais sans se prendre au sérieux. C’est une aventure d’amitié. Entre les organisateurs, mais aussi bien vite avec les poètes invités. Qui jouent le jeu. Qui ne sont pas là pour se montrer, mais pour partager la poésie. Qui intègrent bien vite l’esprit Poët Poët, tout simplement parce que c’est déjà le leur. Ils étaient particulièrement nombreux, cette année, les poètes invités.
Jeudi 13 mars : ouverture à Breil-sur-Roya

Pendant que les Journées Poët Poët débutent officiellement à Breil-sur-Roya, je suis chargé de récupérer à l’aéroport les poètes belges David Giannoni et Jérémie Tholomé. Bonheur de retrouver le premier, déjà invité l’an dernier et qui revient cette année moins en tant que poète que comme organisateur du Fiestival de Bruxelles. Et joie de rencontrer Jérémie, dont j’ai hâte de découvrir plus amplement l’univers.
Vendredi 14 mars : « journée professionnelle » et micro ouvert
C’est une nouveauté de cette dix-neuvième édition du festival : l’organisation d’une « journée professionnelle », sous la forme d’une table ronde entre différents acteurs de la poésie dans le monde. L’idée est de créer du lien entre des initiatives qui vont dans le même sens : les Journées Poët Poët, donc, mais aussi le Fiestival de Bruxelles, porté par la joyeuse équipe de Maelström ; la Factorie, résidence poétique dirigée par Charlène Damour ; et même l’Inde, avec Sonnet Mondal qui organise un festival à Calcutta. Cette table ronde a eu lieu à l’INSPE de Nice, en présence de la rectrice des Alpes-Maritimes, d’inspecteurs de l’Éducation nationale et de futurs professeurs et acteurs de la culture. Une démarche qui a du sens, et qui, peut-être, suscitera des vocations ?

Et, le soir venu, tout le monde se retrouve au Bistrot Poète, pour une soirée festive étincelante. L’artiste Louis Dollé ouvre le bal avec une performance étonnante. En tenue de soudeur, il incarne un Vulcain moderne. Il projette un court-métrage réalisé par le photographe Éric-Clément Démange, où on voit l’artiste à l’oeuvre en train de réaliser une sculpture de métal, pendant que l’on entend la voix off du photographe. La bande-son est saturée des bruits des machines-outils, qui créent un rythme envoûtant. Par dessus, en direct, Louis Dollé improvise à la trompette des mélodies dissonantes.
Ensuite, Jérémie Tholomé et David Giannoni prennent le relais, pour organiser une scène ouverte. De très nombreux poètes et artistes se succèdent au micro, mêlant sans hiérarchie aucune les générations, les genres et les styles. J’ai eu le plaisir d’entendre les performances de poètes que je connais bien, et d’en découvrir d’autres, notamment une performance d’une femme portant un intrigant chaperon rouge qui paraissait tout droit sortie d’un conte.








Samedi 15 mars : petit-déjeuner poétique
La matinée du samedi 15 mars devait avoir lieu sur la plage du Centenaire, pour entendre de la poésie face à la mer. Une météo défavorable et l’organisation d’une course cycliste sur la Promenade des Anglais nous ont fait changer de lieu. Camille et Aurore ont tout de suite accepté de nous accueillir au Bistrot Poète, pour ce qui est devenu un très agréable petit-déjeuner poétique.

Là, j’étais chargé de présenter les poètes Sonnet Mondal et Béatrice Bonhomme, qui nous ont embarqués dans leurs univers singuliers. D’abord, Béatrice Bonhomme nous a fait voyager au sein de son recueil Monde, genoux couronnés, qui a récemment reçu le Prix Mallarmé, tout en lisant aussi des extraits de recueils plus anciens. D’une voix douce, sans artifices, elle a évoqué les paysages de l’enfance, la figure de la grand-mère, tout en insistant aussi sur le besoin de se relier au monde et aux êtres.
Les poèmes de Sonnet Mondal, poète indien habitant Calcutta, offrirent une continuation logique, en nous transportant du côté de la maison de son grand-père et de sa véranda. Ces poèmes en anglais ont été traduits pour l’occasion par Ariel Tonello.
Entre ces deux performances, Stéphanie Lemonnier a inséré une ponctuation onirique, en présentant son recueil Shift, constitué de récits de rêves d’autrui. La poétesse a recueilli et transcrit sous forme de poèmes des centaines de rêves. Le titre du recueil vient de cette tendance née pendant le confinement, une sorte de rêve éveillé où l’on s’évade dans un monde imaginaire plus agréable.




Samedi 15 mars : un après-midi à Pasteur
C’est une des marques de fabrique des Journées Poët Poët : le fait d’aller au-devant de publics qui ne sont pas acquis à la poésie, et d’investir des lieux où l’on n’a pas l’habitude d’entendre des vers. Cette année, le festival s’est installé, pour une après-midi, sur la place Maccario, dans le quartier Pasteur, à deux pas de l’hôpital du même nom.
C’est là qu’a été installée la « Petite Maison de Poësie », une structure mobile de quelques mètres carrés, décorée et occupée par un poète. Après Tristan Blumel, Lo Moulis et Gabriel Fabre, c’est cette année Alexandra de Beaussier qui a investi la Petite Maison de Poësie. Cette artiste varoise a proposé une expérience immersive au visiteur, qui, le temps de quelques minutes, se laisse emporter dans une petite aventure où les cinq sens sont convoqués. Une fragrance à sentir, une saveur à goûter, un objet à toucher, un bruit à entendre, des photos à admirer… Et un poème à savourer et à emporter avec soi…


À l’extérieur de la Petite Maison de Poësie, poètes, artistes et bénévoles étaient présents pour accueillir le public, murmurer des poèmes à l’oreille des passants, les inviter à s’allonger sur un transat, ou leur proposer un instant de danse traditionnelle niçoise ! Malheureusement, à cause de la pluie, les rues étaient quasi désertes, mais cela n’a pas entamé notre bonne humeur…
Dimanche 16 mars : une journée à Saorge
Depuis plusieurs années, les Journées Poët Poët s’associent avec le Monastère de Saorge pour proposer une journée hors du temps. Ce lieu a vraiment une énergie particulière, véritable îlot de sérénité au milieu des montagnes. Le matin, un atelier d’écriture est organisé, dirigé cette année par Tristan Blumel. Et l’après-midi, un parcours poétique mêle les voix des poètes invités à celles des habitants de la vallée : élèves de l’école de Saorge-Fontan, résidents de l’EHPAD « Le temps des cerises », etc.

Cette année, j’étais chargé d’aller chercher Mélanie Leblanc à l’aéroport de Nice, et de faire avec elle le trajet jusqu’à Saorge, tandis que les autres poètes invités, Sonnet Mondal et Alaa Hassanien, étaient déjà montés la veille. Je me souviendrai longtemps de ce trajet, puisqu’une panne d’embrayage a nécessité un arrêt d’urgence sur l’autoroute et un remorquage. Mais finalement, nous sommes arrivés à bon port au monastère, et avons pu profiter des réjouissances de l’après-midi.

L’après-midi a débuté dans le cloître, où nous avons entendu les restitutions des ateliers d’écriture, ainsi que les voix des résident.e.s de l’EHPAD de Saorge.
Ensuite, nous avons pu entendre des poèmes de Sonnet Mondal dans l’église du monastère, accompagné par un pianiste et un violoniste. J’ai eu le plaisir de lire la traduction d’Ariel Tonello, qui ne pouvait être là personnellement.
La suite a eu lieu dans les jardins du monastère, où nous avons eu le plaisir de découvrir la douceur et la force de la poésie de Mélanie Leblanc, marraine des Journées Poët Poët 2025. Douceur de ses vœux adressés au public, et force de son « manifeste du Nous » qui a conclu la journée.

Nous avons également découvert la poésie d’Alaa Hassanien, et son parcours particulièrement difficile. C’est parce qu’elle était poète qu’elle a dû fuir l’Arabie Saoudite pour se réfugier en Égypte. Le répit n’a été que de courte durée, puisqu’elle a ensuite subi un harcèlement sexuel de la part de son éditeur égyptien. Et la justice égyptienne n’a pas cru Alaa Hassanien, parce que les poètes inventent, forcément. Elle a donc dû se réfugier en France, où elle se reconstruit en écrivant de la poésie.




Cette belle journée s’est terminée avec un goûter partagé dans les jardins du monastère, face aux versants abrupts des montagnes de la Roya.
Lundi 17 mars : rencontres à la librairie Masséna
Depuis plusieurs années, j’ai l’honneur et le plaisir de conduire l’entretien croisé avec les poètes invités à la librairie Masséna. J’ai beaucoup apprécié l’échange avec Mélanie Leblanc et Sonnet Mondal, qui a pu mettre en évidence certains points communs des deux œuvres : l’importance du quotidien, l’émergence d’une dimension spirituelle, la dialectique de l’individuel et du collectif. En contrepoint, nous avons eu droit à une magnifique performance de danse traditionnelle indienne.

Mardi 18 mars : Alaa Hassanien et le collectif Arson-Réaction
C’est une nouveauté de l’édition 2025 des Journées Poët Poët. Pour la première fois, le festival a investi la Villa Arson, célèbre école-musée d’art contemporain, située sur les hauteurs de Nice. Notre poétesse invitée a commencé par déclamer ses vers en arabe, avec une traduction française lue par Sabine Venaruzzo, dans le grand amphithéâtre de l’école, quasiment comble. Puis, menés par Marc-Aurèle, un ancien étudiant, les élèves de la villa Arson proposent des performances multi-sites simultanées dans différents espaces et jardins de la Villa. Les artistes se sont ensuite rejoints pour une performance finale dans le grand hall. C’est là que j’ai appris que leur collectif s’appelait : « Arson Réaction ».
J’ai beaucoup aimé cette scénographie qui permettait au spectateur de déambuler librement au sein de la Villa Arson. Entre les blocs de béton, dans cette sorte de labyrinthe contemporain, mais aussi dans les jardins, on pouvait entendre des mots déclarés, dont on percevait des bribes en passant. J’ai aussi beaucoup aimé le finale dans le hall, collectif et puissant.
Cette soirée m’a convaincu de la force de la poésie d’Alaa Hassanien, de la beauté du phrasé en langue arabe, et de la pertinence qu’il y a à faire travailler les artistes en collaboration les uns avec les autres. J’aurais apprécié qu’Alaa Hassanien soit encore davantage avec les autres artistes plutôt qu’à côté d’eux, et cela aurait été parfait. Une très belle soirée, à renouveler. Et bravo au collectif Arson Réaction !















Mercredi 19 mars : Mélanie Leblanc auprès des tout petits
C’est une nouveauté de l’édition 2025 des Journées Poët Poët : la collaboration avec « La Passerelle », structure d’accueil de petite enfance installée au sein des HLM des Canebiers, à Cagnes-sur-Mer. Cette association a un fort volet social, s’adressant à des familles défavorisées, des parents qui peinent à retrouver le chemin de l’emploi, ou encore des enfants en situation de handicap. L’un des appartements en rez-de-jardin a ainsi pris la forme d’une micro-crèche.
C’est Mélanie Leblanc, marraine des Journées Poët Poët 2025, qui est allée au-devant des plus jeunes, en installant un univers très doux. Les jeunes enfants et leurs mamans, parfois accompagnés de frères et sœurs, assis sur des coussins autour de la poétesse, se sont montrés très réceptifs. Ils ont reçu les vœux de Mélanie, ils ont lancé les dés générateurs de haïkus aléatoires, ils ont dessiné leurs ressentis. J’ai beaucoup aimé la douceur de ce moment, et admiré la capacité de Mélanie Leblanc à captiver un si jeune public avec ses mots.


Mercredi 19 mars : carte blanche à la bibliothèque Romain Gary
Après avoir pris le temps de savourer des sushis sur la plage de Cagnes-sur-Mer, nous revenons à Nice pour la carte blanche de Mélanie Leblanc à la bibliothèque Romain Gary, boulevard Dubouchage.
Les autres années, la « carte blanche » du parrain ou de la marraine avait lieu à la grande Bibliothèque Municipale à Vocation Régionale Nucéra. Mais les travaux de l’extension de la « Coulée Verte » ont entraîné la fermeture de ce site, et le report des activités culturelles sur les autres bibliothèques du réseau des bibliothèques municipales de Nice. C’est ainsi que j’ai eu l’occasion de découvrir la beauté de la salle d’étude de la bibliothèque Romain Gary, décorée d’une fresque représentant la Baie des Anges et la capitale azuréenne.
C’est devant ce décor que Mélanie Leblanc nous a à nouveau embarqués dans son univers accueillant. Je me suis à nouveau fait cette remarque : enfin une poésie qui fait du bien. Il y a une vraie douceur, une chaleur humaine dans la poésie de Mélanie Leblanc, et cela sans mièvrerie aucune, mais au contraire une force intérieure immédiatement perceptible. Comme à Saorge, Mélanie Leblanc a terminé avec des extraits de son Manifeste du Nous, et demandé au public de former une ronde pour répéter certains vers en écho.



Après cette performance intense, Mélanie Leblanc rentre à son hôtel prendre un peu de repos, pendant que Sabine, Karina et moi accueillons notre nouvel invité, Timoteo Sergoï, poète belge qui vit actuellement à Châlons-sur-Saône, où son cœur l’a conduit. Le courant passe immédiatement avec le poète qui a beaucoup d’humour et de simplicité.
Mercredi 19 mars : la soirée slam-poésie à la Cave Romagnan
C’est une tradition bien ancrée des Journées Poët Poët, que de s’associer à la scène ouverte de slam-poésie que tient Pascal Giovannetti, un mercredi par mois, à la Cave Romagnan. Ce bar libertaire, connu pour ses soirées jazz, fait ainsi résonner les mots une fois par mois. C’est un lieu qui est cher aux Journées Poët Poët. C’est là où Sabine Venaruzzo a osé déclamer ses premiers vers. Nous tenons à faire découvrir ce lieu atypique à nos poètes invités. Ce soir-là, Mélanie Leblanc et Timoteo Sergoï étaient avec nous, et se sont joints à la vingtaine de poètes présents, dans un bar archibondé où il y avait bien davantage de convives que de places assises.











Jeudi 20 mars : la Trésorerie
C’est rue Trachel, dans un quartier de Nice qui est loin d’être le plus touristique, à proximité de la gare et de la voie rapide, que l’association « De l’art » fait vivre la Trésorerie. Une association culturelle de quartier, qui met de la couleur et de la joie de vivre dans la ville grise.
Ce soir-là, le lieu est investi par un collectif qui réalise des films en Super 8. Ce support aujourd’hui tombé dans l’oubli permet de réaliser des films courts, sans montage, avec des images d’un grain désuet immédiatement reconnaissable. Les poètes ont donc pris la parole pour s’exprimer devant ces films muets.
En première partie, une troupe a mis en corps un poème déclamé par Olivier Debos. Car plus que de danse, il s’agit bien d’une écriture par le corps du poème, par les artistes du Champ d’Attention Poétique menés par Olivier Debos, sur une musique envoûtante de l’excellent Chakib Erraissi. Une autre façon de découvrir le Manifeste du Nous de Mélanie Leblanc.
Ensuite, l’écran s’est animé des images silencieuses et poétiques de l’association Regards indépendants. Le format super 8 permet de réaliser des films courts, sans montage. Les poètes se sont succédé au micro pour poser des mots sur ces images oniriques.




Tristan Blumel a été le présentateur et le coordonnateur de cette belle soirée. C’était la première fois que les Journées Poët Poët proposaient une soirée de ce genre, et cela a été un franc succès, avec une Trésorerie pleine à craquer.
Vendredi 21 mars : une soirée étincelante à La Gaude
Malgré le mauvais temps qui nous a contraints de n’utiliser que les espaces intérieurs du Centre Culturel de la Coupole, la soirée « Étincelles » de La Gaude a tenu ses promesses. Chaque année, les Journées Poët Poët proposent un parcours atypique au sein des différents espaces de ce lieu magnifique dirigé par Gilles Faraut.

Tout a commencé sous la Coupole, avec l’exposition du collectif « stArt » qui a proposé un ensemble d’œuvres plastiques autour de la « poésie volcanique ». C’est ensuite Timoteo Sergoï qui a ouvert le bal poétique et nous a entraînés, par ses mots, jusque dans l’obscurité de la salle de cinéma.
Là, côté cour de la scène, j’ai déclamé mon poème « Au mois de mai », extrait de mon premier recueil Concordance. Il était prévu que ce poème soit interprété à quatre voix par la chorale dont je suis membre, sur une musique composée par Philippe Benassaya, mais une urgence médicale a rendu impossible cette représentation. Ce qui importe, c’est que la personne concernée aille mieux aujourd’hui. Ce chant sera créé le 21 juin prochain à l’occasion de la fête de la musique.
Ensuite, côté jardin, le poète Cédric Lerible, seulement éclairé de sa lampe frontale, nous a embarqués dans son univers insolite. J’ai beaucoup aimé son poème sur les poulpes, et plus largement l’ensemble de sa prestation qui m’a donné envie de découvrir davantage ce poète.
Place ensuite à l’évolution d’une circassienne acrobate, Myriam Lehman, qui transportait une sorte de table inversée, dont les quatre pieds lui permettaient de faire des acrobaties vertigineuses.
Le centre de la scène s’est ensuite éclairé, laissant voir une immense toile de parachute, animée par de puissantes souffleries, au sein de laquelle une poétesse-comédienne a émergé. Un moment de poésie absolument sublime, servi par des jeux d’éclairage très subtils et une évolution corporelle de la comédienne qui donne à voir comme une naissance, une libération, une sortie de chrysalide.
Place ensuite à notre poète invité Timoteo Sergoï, dont l’aisance n’a d’égale que son humour, et qui parvient à faire aimer la poésie tout en la désacralisant. Avec lui, « ça métaphore fort », pour le plus grand bonheur des petits comme des grands.
Retour, ensuite, sous la Coupole, pour une performance d’un très beau duo de musiciens. Christelle Bernard (violon, violoncelle) et Philippe Cara (guitare, voix, textes) nous ont régalés de chansons à texte où perçait leur grande sensibilité. Une magnifique conclusion pour cette soirée véritablement étincelante.








Samedi 21 mars : ateliers d’imprimerie avec Timoteo Sergoï
La journée du samedi 21 mars m’a permis de mieux connaître le poète Timoteo Sergoï, chargé d’animer des ateliers d’écriture poétique et linogravure, à Sospel le matin, à Cap d’Ail l’après-midi. Ce jour-là, j’étais le voiturier du poète, et la Poët Mobile a effectué près de 180 km, pour environ 3 h 30 de route au total. Nous avons admiré les reliefs de l’arrière-pays mentonnais, le littoral abrupt des environs de Cap d’Ail et la folie verticale des gratte-ciel de Monaco.
Après un tour de table où chacun était invité à donner sa définition de la poésie, les convives ont pratiqué des jeux poétiques comme celui du cadavre exquis. Place ensuite à la gravure sur linoléum, permettant une impression sur papier, avec un rendu très satisfaisant. Cela m’a donné envie d’en refaire, et pourquoi pas de tester avec mes élèves, car le procédé est assez simple, pour un résultat assez sympa.






J’ai beaucoup aimé ce temps de création collective, ces jeux d’écriture où il n’y a pas d’auteur unique, puis le temps de linogravure qui changeait vraiment des ateliers d’écriture habituels.
À l’issue des deux ateliers d’écriture, la Poët Mobile reprend la route en direction du village d’Aiglun, dans la vallée de l’Estéron, où nous sommes merveilleusement accueillis par nos amis Patrick et Hoda, en attendant les réjouissances du lendemain.
Dimanche 22 mars : une randocriture pour terminer le festival
J’adore l’idée : pour sa dernière journée, le festival se met au vert. S’exporte dans le moyen pays, dans cette sublime vallée de l’Estéron aux paysages préservés. Dans ce village d’Aiglun qui est devenu un repaire de poètes.
Nous sommes accueillis par le maire, Anthony Salomone, dans la salle du conseil municipal où nous partageons un café et des biscuits secs. C’est ensuite Timoteo Sergoï qui, par une performance mémorable, donne le départ de la randocriture, qui nous entraîne au-dessus du village, sur un sentier forestier depuis lequel on peut admirer un paysage magnifique.
La randonnée est ponctuée par les interventions du Collectif du Tröm, une troupe de théâtre niçoise habillée pour l’occasion de plumes vertes. Les comédiens et les membres du PoëtBuro volontaires (dont bibi, bien sûr !) ont ainsi agrémenté la promenade par des lectures de poèmes d’Hélène Dorion. Nos pas nous ont conduits jusqu’à une source, avant de revenir par le même chemin.
La journée s’est terminée avec la fameuse « Popote des Poët Poët », que nous avons partagée au sein de l’auberge en raison des risques de mauvais temps. Pour cette dernière journée, j’ai remplacé Karina derrière la valise en cuir de la librairie mobile du festival.















*
Les Journées Poët Poët se sont donc terminées comme elles ont commencé, c’est-à-dire merveilleusement. Le récit qui précède ne narre que les événements auxquels j’ai pris part, et auxquels il faut ajouter de nombreuses interventions de nos poètes invités dans des établissements scolaires, écoles, collèges, lycées, universités. Les Journées Poët Poët s’adressent ainsi à tous les âges, et ont à cœur de soutenir l’éducation artistique et culturelle des jeunes, qui ont la chance de pouvoir rencontrer des poètes, et de se rendre compte que la poésie est bien plus qu’une simple discipline scolaire.
Ces dix journées très intenses ont été pour moi l’occasion de nombreux plaisirs, de grands moments d’émotion poétique, et de rencontres marquantes avec des poètes. Je vous reparlerai de nos poètes invités quand je les aurai davantage lus et étudiés.
Cette année, j’ai enchaîné directement avec d’autres manifestations qui feront l’objet de prochains articles :
- Le lundi 24 mars, j’ai performé Du Néon aux Étoiles, mon deuxième recueil de poésie, à la Cave Wilson, un magnifique cabaret niçois.
- Le mardi 25 mars, j’étais invité à l’université de Nice pour célébrer la « poésie volcanique », en présentant mon propre poème mais aussi le « volcan qui parle » de mes élèves.
- Le jeudi 27 mars, j’étais invité au colloque « Poésie et philosophie » consacré à Arnaud Villani, pour rendre hommage à mon ancien prof de philosophie en khâgne.
Bref, un mois de mars encore plus intense qu’à l’accoutumée. Je me suis régalé, mais à présent j’aspire à un repos bien mérité. À bientôt pour de nouvelles aventures !
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graag toezending van alle teksten mvg Walter Vandewaetere Molenweg 3 8870 izegem (Vlaanderen) ________________________________
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En tant que personne confinée à la maison, votre message m’a emmené loin des quatre murs qui m’enferment et je vous en remercie!!
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En tant que personne confinée à la maison, votre message m’a emmené loin des quatre murs qui m’enferment et je vous en remercie!!
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Merci !
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