Introduction à la littérature du XVIIIe siècle

Louis XIV meurt en 1715 ; la Révolution française sonne le glas du régime monarchique en 1789. Voici donc les deux bornes d’un siècle littéraire passionnant, où l’effervescence intellectuelle pose les bases théoriques de la contestation de la monarchie absolue. C’est le siècle des Lumières, celui de Voltaire, Rousseau, Montesquieu, Diderot, et d’autres. C’est aussi, au théâtre, celui de Beaumarchais et de Marivaux. Et, du côté du roman, celui de l’abbé Prévost, de Sade ou de Laclos…

Une société en mutation

Le régime monarchique français, celui qu’on appelle aujourd’hui l’Ancien Régime, bien qu’inégalitaire par définition, a duré pendant des siècles. En effet, les gens ne connaissaient rien d’autre : cet ordre social paraissait naturel et, de surcroît, voulu par Dieu. La religion enseignait le respect des hiérarchies sociales et de l’autorité du roi. Le roi apparaissait comme le protecteur du royaume. Initialement, l’inégalité féodale a été justifiée par le besoin des paysans de se placer sous la protection de seigneurs, leur sécurité n’étant plus garantie par l’Empire romain. Mais au XVIIIe siècle, ce besoin de la sécurité offerte par le seigneur n’est plus aussi important.

Si l’Ancien Régime a duré si longtemps, ce n’est pas malgré ses inégalités, mais parce que celles-ci étaient justifiées, ritualisées, encadrées et largement acceptées, dans un monde où l’idée même d’égalité n’était ni dominante ni même concevable. Ce sont les transformations économiques, culturelles, et surtout intellectuelles du XVIIIe siècle qui ont rendu visible et inacceptable ce que des générations entières avaient considéré comme normal.

Au XVIIIe siècle, une catégorie sociale connaît un essor important : la bourgeoisie. Les grands bourgeois avaient la même richesse pécuniaire que les nobles, parfois même davantage, ils pouvaient acheter leurs châteaux, mener le même train de vie, et pourtant ils n’avaient pas les mêmes droits, et pas le même accès aux hautes fonctions. Ce sont eux qui vont ressentir l’injustice de l’Ancien Régime.

Or, cette bourgeoisie montante est aussi de mieux en mieux informée. Grâce à l’invention de l’imprimerie, l’accès aux livres et aux journaux est relativement aisé. On va pouvoir comparer le régime français avec d’autres pays (les Lettres anglaises de Voltaire). On assiste à une effervescence intellectuelle qui, peu à peu, pose les jalons théoriques de la contestation du régime.

Face à cette catégorie montante, le régime de monarchie absolu commence à apparaître comme trop rigide, inadapté, incapable de se réformer, et en particulier incapable de renflouer les caisses de l’État par l’abolition de certains privilèges. Dans une époque où la raison, le progrès, la rationalité deviennent des valeurs essentielles, la justification du « droit divin » devient peu à peu obsolète.

Les philosophes des Lumières

La pensée des Lumières, qui s’épanouit en France au XVIIIe siècle, valorise la raison, la liberté et le progrès. Les philosophes comme Voltaire, Montesquieu, Rousseau ou Diderot critiquent l’absolutisme, l’intolérance religieuse et les inégalités sociales. Ils défendent la liberté d’expression, la séparation des pouvoirs, l’éducation et les droits naturels de l’homme. Cette pensée s’appuie sur la confiance en la raison humaine pour comprendre le monde et améliorer la société. Elle joue un rôle majeur dans la préparation intellectuelle de la Révolution française.

Voltaire, le penseur satiriste à la plume acérée

Voltaire, de son vrai nom François-Marie Arouet (1694-1778), est l’un des écrivains les plus emblématiques du siècle des Lumières. Satiriste redouté et défenseur infatigable de la tolérance, il utilise l’ironie et l’humour pour critiquer les abus de l’Église, du pouvoir monarchique et de l’intolérance. Ses contes philosophiques, comme Candide, Micromégas ou Zadig, mêlent récit de fiction et réflexion critique : ils dénoncent l’absurdité de la guerre, le fanatisme religieux et les injustices sociales tout en proposant une philosophie fondée sur la raison et l’humanité. Voltaire y vulgarise les idées des Lumières en les rendant accessibles à un large public. Ses Lettres philosophiques (ou Lettres anglaises), publiées en 1734, présentent avec admiration les institutions anglaises, notamment la liberté de religion, la tolérance et la monarchie parlementaire, en contraste avec la France absolutiste. Ce texte déclenche un scandale et est rapidement condamné, preuve de son impact. À travers ces œuvres, Voltaire incarne le combat des Lumières pour l’émancipation de l’esprit humain.

Diderot, l’Encyclopédiste chevronné

Denis Diderot (1713-1784) est connu à la fois comme philosophe, écrivain et encyclopédiste. Il est le principal maître d’œuvre de L’Encyclopédie, entreprise monumentale visant à rassembler et diffuser tout le savoir humain de son temps. Aux côtés de d’Alembert et d’une équipe de contributeurs, Diderot y promeut la raison, l’esprit critique et la lutte contre l’obscurantisme religieux et politique. Cette œuvre emblématique des Lumières est un acte militant autant qu’un projet intellectuel. En parallèle, Diderot développe une œuvre littéraire originale, souvent en rupture avec les conventions, comme en témoigne La Religieuse. Ce roman, qui met en scène une jeune femme contrainte de devenir nonne, dénonce les abus de l’institution religieuse et l’oppression des femmes. Il mêle pathétique et ironie pour susciter une réflexion sur la liberté individuelle et la condition féminine. À travers ses écrits et son engagement intellectuel, Diderot défend une société fondée sur la connaissance, la justice et l’émancipation.

Diderot a aussi écrit Jacques le Fataliste et son maître. Ce récit audacieux et original remet en question les conventions du roman traditionnel. Il met en scène Jacques, un valet bavard et philosophe, et son maître, au cours d’un voyage ponctué de récits, de digressions et de dialogues sur le destin, l’amour, et la liberté. Le fatalisme de Jacques, convaincu que « tout ce qui nous arrive était écrit là-haut », est sans cesse interrogé par les événements et par l’ironie de Diderot. Le narrateur intervient souvent, brouillant les frontières entre fiction et réalité, et interpellant le lecteur. Le roman joue sur le hasard, la liberté, et l’imprévisibilité de la vie. À travers ce récit libre et souvent comique, Diderot critique la morale rigide et explore la complexité de la condition humaine. Jacques le Fataliste anticipe les romans modernes par sa structure éclatée et son refus des règles narratives classiques.

Montesquieu, le législateur des Lumières

Venons-en à Montesquieu. Dans Les Lettres persanes (1721), il adopte le regard fictif de deux voyageurs orientaux, Usbek et Rika, en France pour critiquer ironiquement les mœurs françaises, l’absolutisme, la religion et les travers de son époque. Ce jeu de distance permet la critique sociale. Son œuvre maîtresse, De l’Esprit des lois (1748), est un traité politique fondamental dans lequel il analyse les différents types de gouvernement (républicain, monarchique, despotique) et formule le principe de la séparation des pouvoirs. Il y défend l’idée que les lois doivent être adaptées aux contextes géographiques, historiques et culturels, et que seule la modération permet la liberté. Ce livre exerce une influence majeure sur les constitutions modernes, notamment celle des États-Unis. Montesquieu se distingue par sa méthode comparatiste, sa modération et son souci constant d’un équilibre entre pouvoir et liberté.

Rousseau, penseur d’une nature immaculée

Jean-Jacques Rousseau, mon philosophe des Lumières préféré, occupe une place à part dans ce mouvement. Plus solitaire, plus sensible, il se méfie du progrès et de la raison quand ils éloignent l’homme de la nature et de lui-même. Dans ses deux Discours sur l’origine de l’inégalité, il oppose l’état de nature, libre et paisible, à la société, qui engendre la propriété, la jalousie et la domination. Contrairement à d’autres philosophes, Rousseau ne croit pas que la civilisation rende nécessairement l’homme meilleur. Dans sa Lettre à d’Alembert sur les spectacles, il critique le théâtre et défend la vertu républicaine contre la culture mondaine. Sa Nouvelle Héloïse, roman épistolaire bouleversant, exalte l’amour, la nature et la vie simple, en touchant le cœur du lecteur. Enfin, dans ses Rêveries du promeneur solitaire, écrites à la fin de sa vie, Rousseau se livre dans une méditation intime, poétique et mélancolique. Il y cherche la paix intérieure en se promenant seul dans la nature, loin du tumulte social. Rousseau,  parfois présenté comme « préromantique », même s’il s’agit d’un anachronisme, incarne une voix singulière au sein des Lumières.

Les femmes et les Lumières

Trop longtemps, on a présenté la pensée des Lumières comme un univers strictement masculin, ce qui ne correspond pas à la réalité. Quand j’étais étudiant, le professeur Jacques Domenech a raconté avoir consacré un colloque à Madame d’Épinay, définie comme un autre philosophe des Lumières. On peut mentionner Olympe de Gouges, aujourd’hui enseignée dans le secondaire, mais totalement ignorée des cursus généraux à l’époque où j’étais élève.

Mme d’Épinay

Madame d’Épinay (1726-1783) est une femme de lettres et salonnière française, figure importante de la vie intellectuelle au XVIIIe siècle. Elle fréquente les philosophes des Lumières, notamment Diderot, Grimm et Rousseau. Son salon devient un lieu d’échange d’idées, où se croisent écrivains, musiciens et penseurs. Femme indépendante, elle se distingue par son esprit critique et sa culture étendue dans une société dominée par les hommes. Elle est l’auteure du roman Histoire de Madame de Montbrillant, inspiré de sa propre expérience. Elle s’intéresse aussi aux questions pédagogiques, influencée par les débats de son temps. Son œuvre, longtemps négligée, est aujourd’hui redécouverte pour sa finesse et sa modernité.

Olympe de Gouges

Olympe de Gouges (1748-1793) est une figure majeure du féminisme naissant à l’époque de la Révolution française. Autodidacte et femme de plume, elle s’engage avec courage dans les débats politiques et sociaux de son temps. En 1791, elle rédige La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, en réponse à la Déclaration des droits de l’homme, pour revendiquer l’égalité juridique et politique entre les sexes. Elle y proclame que « la femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la tribune ». Olympe de Gouges défend aussi les droits des enfants naturels, des esclaves et des plus démunis. Elle prend ouvertement position contre la peine de mort et les violences de la Terreur. Son audace et son indépendance dérangent : accusée de s’opposer à Robespierre, elle est guillotinée en 1793. Olympe de Gouges incarne une conscience lucide, libre et visionnaire, qui anticipe les luttes féministes modernes.

Le théâtre au XVIIIe siècle

Le théâtre est le reflet du bouillonnement intellectuel des Lumières. Certes, pour une part, il s’inscrit dans le prolongement du siècle précédent. Voltaire a ainsi écrit des tragédies tout à fait classiques, dont on n’a pas conservé un énorme souvenir, tout simplement parce que ce n’est pas là, mais bien dans ses Contes philosophiques, qu’éclate son génie.

C’est au XVIIIe siècle également qu’émerge le drame bourgeois, lequel ne m’a pas laissé un souvenir impérissable. Mais il est important de mentionner son existence. Dans le théâtre classique, la tragédie représente des princes et des héros de la mythologie ; et la comédie représente des personnages plus humbles, tournés en ridicule. Le drame bourgeois est précisément l’expression de l’aspiration d’une bourgeoisie montante à égaler la noblesse. Les roturiers représentés dans le drame bourgeois sont pris au sérieux au lieu d’être des personnages de comédie. Parmi les auteurs du drame bourgeois, il faut retenir les noms de Sedaine et de Mercier.

Il faut surtout nommer deux grands dramaturges inclassables, qui questionnent la position du maître et du valet. Je veux parler de Marivaux et de Beaumarchais.

Marivaux

Marivaux, dramaturge de l’émotion et de la finesse, nous montre avec subtilité que la vraie noblesse n’est pas celle de l’habit, mais celle du cœur. Dans Le Jeu de l’amour et du hasard, Silvia, une jeune femme de bonne famille, doit rencontrer Dorante, son futur époux, qu’elle ne connaît pas. Pour l’observer librement, elle échange son rôle avec celui de sa servante, Lisette. Ce qu’elle ignore, c’est que Dorante a eu la même idée et s’est fait passer pour son valet, Arlequin. Les quiproquos amoureux se multiplient entre maîtres et domestiques, chacun tombant amoureux sans connaître la véritable identité de l’autre. La pièce mêle humour et réflexion sur le rang social, pour affirmer que l’amour véritable dépasse les apparences. Tout reste cependant dans les normes, puisque, in fine, les valets se marient entre eux, et les nobles entre eux. Mais il y a malgré tout un début de contestation de l’ordre établi.

Beaumarchais

Le théâtre de Beaumarchais (1732-1799) incarne l’esprit des Lumières en mêlant comédie vive, critique sociale et audace politique. Le personnage de Figaro, un valet plein d’esprit, rusé et irrévérencieux, permet au dramaturge de remettre en question les hiérarchies sociales de l’époque, et de critiquer les privilèges. Le théâtre de Beaumarchais innove par sa liberté de ton, son rythme enlevé et sa capacité à faire rire tout en éveillant la conscience politique du spectateur.

Liberté et libertinage dans le roman

Le roman français du XVIIIe siècle explore avec intensité les notions de liberté et de libertinage, reflétant les bouleversements intellectuels et moraux de l’époque. Alors que la pensée des Lumières remet en question les dogmes religieux et les structures sociales figées, la littérature romanesque s’empare de ces tensions pour interroger le désir, l’autonomie individuelle et la transgression. Des auteurs comme Crébillon fils ou Laclos mettent en scène des libertins raffinés, manipulateurs et lucides, dont les aventures amoureuses deviennent un terrain d’expérimentation de la liberté — mais aussi de mise à l’épreuve de la morale. Dans Les Liaisons dangereuses, la séduction devient un jeu de pouvoir cynique où l’émancipation apparente révèle parfois un vide ou une chute. Parallèlement, Rousseau propose, avec La Nouvelle Héloïse, un autre rapport à la liberté, fondé sur la sincérité des sentiments, la vertu et le retour à la nature. Ainsi, le roman du XVIIIe siècle oscille entre critique sociale, quête de liberté morale et exploration du désir, à la frontière entre libération et perdition.

Les Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos

Les Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos est un roman épistolaire publié en 1782, où deux aristocrates libertins, la marquise de Merteuil et le vicomte de Valmont, manipulent leur entourage par jeu et par vengeance. Ils s’amusent à corrompre des jeunes gens innocents, notamment Cécile de Volanges et la vertueuse madame de Tourvel. À travers leurs lettres, ils révèlent leur cynisme, leur intelligence et leur perversité. Mais leurs intrigues se retournent contre eux : Valmont tombe sincèrement amoureux et Merteuil finit ruinée et défigurée. Le roman dénonce l’hypocrisie et la décadence morale de l’aristocratie à la veille de la Révolution.

La philosophie dans le boudoir de Sade

La Philosophie dans le boudoir, publié en 1795 par le marquis de Sade, est un dialogue libertin mêlant érotisme et réflexion philosophique provocatrice. Le récit met en scène la jeune Eugénie, initiée au libertinage par Madame de Saint-Ange et le chevalier Dolmancé, à travers une série de scènes sexuelles et de discours subversifs. Sous prétexte d’éducation, Sade y expose une vision radicale de la liberté individuelle, fondée sur le rejet de la morale chrétienne, des lois sociales et de toute forme de culpabilité. Le texte défend l’égoïsme, la jouissance et la transgression comme principes de vie. À la fois roman pornographique et manifeste politique, La Philosophie dans le boudoir choque par sa violence et sa crudité, mais incarne une forme extrême et dérangeante de la pensée des Lumières, poussée jusqu’à ses limites les plus amorales.

Manon Lescaut de l’Abbé Prévost

Manon Lescaut, roman de l’abbé Prévost publié en 1731, raconte l’histoire passionnée et tragique du chevalier Des Grieux et de la jeune Manon. Tombé éperdument amoureux, Des Grieux fuit avec elle, renonçant à une vie rangée. Mais Manon, séduite par le luxe, se laisse entraîner dans une vie de plaisirs et de compromissions. Leur amour est sans cesse menacé par la misère, la jalousie et les scandales. Après bien des épreuves, Manon meurt misérablement en exil, et Des Grieux reste anéanti, seul avec son chagrin.

Paul et Virginie de Bernardin de Saint-Pierre

Paul et Virginie, roman de Bernardin de Saint-Pierre publié en 1788, raconte l’histoire de deux enfants élevés ensemble dans une nature idyllique de l’île de France (l’actuelle île Maurice), loin des corruptions de la société européenne. Paul et Virginie grandissent dans l’innocence, l’amitié, puis l’amour, protégés par leurs mères et par la beauté d’un monde harmonieux. Mais leur bonheur est brisé lorsque Virginie est envoyée en France pour recevoir une éducation plus conforme à son rang. À son retour, le navire qui la ramène fait naufrage sous les yeux de Paul. Refusant de se déshabiller devant les hommes pour rejoindre la rive à la nage, Virginie périt dans les flots, symbole tragique d’une vertu sacrifiée aux conventions sociales. Paul, dévasté, ne s’en remettra jamais. Le roman, à la fois idyllique et pathétique, dénonce les inégalités sociales, l’égoïsme des civilisations corrompues et célèbre la pureté de la vie simple et naturelle. Il incarne l’esprit préromantique, entre rêve d’innocence et douleur du destin.

La poésie au XVIIIe siècle

La poésie française au XVIIIe siècle occupe une place bien discrète. Elle reste à l’ombre des Lumières. Elle demeure marquée par les formes classiques héritées du XVIIe siècle, comme l’ode, l’élégie ou la satire, et par un langage raffiné et rhétorique. Voltaire utilise la poésie comme un moyen de réflexion philosophique, morale ou politique, plutôt que comme un lieu d’émotion. La satire y joue un rôle important pour critiquer les travers de la société ou défendre les idées nouvelles. Toutefois, à la fin du siècle, une sensibilité nouvelle apparaît : Chénier, inspiré par l’Antiquité et la nature, annonce le romantisme par la fraîcheur de ses images et son attention aux élans du cœur.


Ce qu’il faut retenir de la littérature du XVIIIe siècle, c’est en somme son rôle de laboratoire des idées nouvelles, où s’expriment à la fois la raison critique des Lumières, la remise en cause des autorités établies, et une quête croissante de sens, d’émotion et de liberté individuelle, annonçant ainsi les bouleversements intellectuels, sociaux et artistiques qui prépareront les révolutions à venir. Les essais, mais aussi le roman et le théâtre, sont le reflet de ces préoccupations nouvelles, issues de l’aspiration de la bourgeoisie à davantage d’égalité et de liberté. Ce que l’on voit émerger, depuis la Renaissance jusqu’à la Révolution, c’est une pensée de l’individu : une conscience croissante de sa dignité, de ses droits et de sa liberté, ainsi qu’une interrogation nouvelle sur son rapport au monde, à la société et à la morale, qui va progressivement remettre en cause les autorités traditionnelles pour affirmer l’autonomie de la raison et de la volonté personnelle. C’est un monde en transformation que nous dépeint la littérature du XVIIIe siècle, où bien des certitudes centenaires sont remises en question, jusqu’à la Révolution de 1789.


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2 commentaires sur « Introduction à la littérature du XVIIIe siècle »

  1. très bel article .

    quel bonheur de réviser les auteurs que nous avions étudiés en classe et de voir comme ils sont si bien commentés.

    Je me suis régalée.

    MERCI Gabriel

    Aimé par 1 personne

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