Citation du dimanche : Pier Paolo Pasolini

Poète, romancier, cinéaste, essayiste, Pier Paolo Pasolini (1922-1975) demeure l’une des voix les plus fortes et les plus lucides de la culture italienne du XXᵉ siècle. On oublie souvent que sa poésie s’est d’abord enracinée dans sa terre du Frioul, à Casarsa, où il écrivit très jeune, en dialecte frioulan, les poèmes de Poesie a Casarsa (1942). Cette langue intime, rurale et préservée fut pour lui un geste de résistance contre la normalisation linguistique et culturelle. Cinquante ans après sa mort tragique, le 2 novembre 1975, son œuvre garde une intensité rare: elle reste un cri d’amour adressé à une Italie qu’il voyait déjà se perdre dans le consumérisme et la disparition des langages vivants.

Ta na sitàt, Trièst o Udin,
ju par un viàl di tèjs,
di vierta, quan’ ch’a mùdin
il colòur li fuèjs,
i colarài muàrt
sot i soreli ch’ al art
biondu e alt
e i sierarài li sèjs,
lassànlu lisi, il sèil. […]

Pier paolo Pasolini

Ce que l’on pourrait traduire par :

Dans une ville, Trieste ou Udine,
Par un chemin bordé de tilleuls,
Quand, au printemps,
Les feuilles changent de couleurs,
Je tomberai mort,
Sous le soleil brûlant,
Blond et grand,
Et je fermerai les cils,
En laissant le ciel à sa splendeur.

(Traduction française personnelle, à partir de la traduction italienne de Gian Mario VILLALTA, Il friuli dei poeti, In viaggio con la poesia in una terra di confini, Ed. Storie, 2024, Pordenone, UD.)

Pier Paolo Pasolini – Photo trouvée sur Wikipédia et recolorisée par ChatGPT


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