Citation du jour : Zeno Bianu

Zeno Bianu est sans conteste un nom important dans l’histoire de la poésie française contemporaine, c’est un nom que j’ai croisé plusieurs fois au gré de mes lectures universitaires, mais je ne m’étais jamais penché sur son œuvre. J’ai donc décidé d’emprunter l’un de ses recueils à la Bibliothèque Municipale de ma commune.

Je l’avoue, je ne sais pas grand-chose de Zéno Bianu, mais voici les informations que l’on peut tirer de l’article que Wikipédia lui a consacré, et qui permettent de situer quelque peu le bonhomme. Zéno Bianu, né à Paris en 1950 d’un père roumain réfugié politique et d’une mère française, est un poète, dramaturge, essayiste et traducteur dont le parcours se distingue par la diversité de ses champs d’intervention. Signataire en 1971 du Manifeste électrique aux paupières de jupes, il développe une œuvre d’une cinquantaine d’ouvrages où se croisent poésie, théâtre, jazz et références aux cultures de l’Orient. Publié notamment chez Gallimard (Infiniment proche, Le désespoir n’existe pas, Prendre feu) et Fata Morgana (Traité des possibles, Le Ciel intérieur, La Troisième Rive), il explore la relation entre texte, voix et scène à travers de nombreuses lectures publiques et enregistrements. Il est l’auteur d’une anthologie de poésie francophone contemporaine centrée sur l’oralité (Poèmes à dire) et d’une trilogie consacrée à des figures majeures du jazz (Chet Baker, Jimi Hendrix, John Coltrane). Son travail comprend également des anthologies de poésie chinoise et japonaise (La Montagne vide, recueils de haïkus) ainsi qu’un essai consacré à Jiddu Krishnamurti (Krishnamurti ou l’insoumission de l’esprit). Parallèlement, ses pièces et adaptations ont été jouées notamment au Festival d’Avignon et à l’Odéon-Théâtre de l’Europe, et ses textes ont été portés par de nombreux metteurs en scène, acteurs et musiciens.

« Voilà, ta vie est une question, tous les matins, le sphinx te la pose. La même question. C’est quoi, dis-moi, la question de la vie ? Et Van Gogh répond, c’est pas si mal, je suis vivant, je descends à pic dans l’infini. Une question tous les matins, une réponse par jour. Un jour, une vie. Trouver ce qui sauve une journée, et ce qui, à la longue, sauve une vie. Mais si tu t’attardes à une seule réponse, tu meurs. Van Gogh n’a pas de réponse, mais il aime. Un point, c’est tout.

Zéno Bianu, Le battement du monde, Editions Lettres Vives, Castellare-di-Casinca, 2002, p. 23.

Ce petit livre de Zéno Bianu qu’est Le battement du monde s’ouvre avec une reproduction en noir et blanc de La Nuit étoilée de Van Gogh. Tableau très connu. Et Zéno Bianu développe ensuite une méditation en prose sur ce tableau, un texte de plusieurs pages sans aucun retour à la ligne, formant un unique paragraphe qui court sur plusieurs pages. Puis, un saut de page, un autre tableau, de Francis Bacon cette fois-ci, qui représente Van Gogh dans un paysage. La réflexion sur ce second tableau adopte à nouveau la même forme : un bloc de texte qui court sur plusieurs pages, comme un monologue. L’ensemble ne compte que trente-huit pages petit format, ce qui fait du Battement du monde un opuscule très court. J’ai choisi ma citation vers le début du livre, non au tout début, mais presque, un passage qui m’a intéressé par sa profondeur philosophique, existentielle, où l’on voit que la méditation sur la peinture déborde largement sur une méditation sur le sens de la vie. Ce texte se trouve ainsi à la croisée de la poésie, du théâtre (monologue), de la critique d’art, de la philosophie. En ce sens, il renouvelle la figure de l’ekphrasis.

Image d’en-tête : La Nuit étoilée de Van Gogh, 1889, exposée au MOMA de New-York, domaine public, via Wikipédia.


En savoir plus sur Littérature Portes Ouvertes

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

5 commentaires sur « Citation du jour : Zeno Bianu »

Répondre à Gabriel Grossi Annuler la réponse.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.