Il paraît que les enfants n’aiment pas lire. Qu’ils ont des difficultés en lecture. Qu’ils ne comprennent pas ce qu’ils lisent. Qu’ils ne prennent pas de plaisir à apprendre à lire. Et si le problème venait des textes qu’on leur donne ? Et si, au lieu d’histoires fades, on leur faisait vivre une des plus grandes aventures de tous les temps : celle d’Ulysse ?
Le problème que j’ai rencontré
Dès mes débuts d’enseignant, j’ai voulu aborder la mythologie en classe, convaincu que ces textes riches étaient capables de porter l’imaginaire des élèves, et de développer leur goût pour la lecture.
J’ai longtemps bricolé avec des supports existants, empruntant tel passage à un album, tel passage à un autre, mais je n’étais jamais vraiment convaincu. Le texte était toujours soit trop éloigné du mythe homérique, soit trop simplifié, soit au contraire trop complexe. Et puis, je voulais un texte susceptible de convenir à des enfants d’âges différents : j’ai beaucoup enseigné en double niveau, avec des CE1-CM1, CE1-CM2, CE2-CM1, CP-CE1. Je voulais faire un projet commun, adapté à tous les élèves, pour vivre ensemble une aventure littéraire.
Réécrire entièrement l’aventure d’Ulysse pour les enfants
Alors, cette année, j’ai changé de tactique. J’ai arrêté de bricoler, et je me suis replongé dans une traduction de l’Odyssée d’Homère. Quel texte magnifique ! Et j’ai choisi ce que je voulais adapter, comment je voulais raconter. J’ai pris énormément de plaisir à réécrire le mythe, associant mes deux casquettes d’enseignant et d’écrivain. J’ai opté pour un texte à deux niveaux de lecture : un texte en gros caractères pour les plus jeunes, quasiment déchiffrable dès la mi-CP, et un texte en petits caractères pour les plus grands.
J’ai donc écrit le texte, en différents chapitres qui reprennent non l’ordre homérique, mais l’ordre chronologique. De Troie à Ithaque, en passant par les très nombreuses aventures du héros grec. Avec quelques petites libertés malgré tout, mais avec un résultat à mon sens très proche du mythe antique. Du moins pour une première lecture, s’agissant de préparer les enfants à une découverte plus avancée lorsqu’ils seront plus grands. Car l’Iliade et l’Odyssée, ce sont de grands textes qui peuvent nous nourrir toute la vie.
Ce travail est devenu un livre, que j’ai édité avec Littérature Portes Ouvertes pour qu’il soit facilement accessible à tous. Le livre est disponible ici : https://www.amazon.fr/dp/2958883302. Oui, le livre au format papier est payant : l’encre, le papier, ne sont pas gratuits. Il est illustré de nombreuses illustrations en couleur, patiemment générées avec Canva, en modifiant de nombreuses fois les prompts jusqu’à obtenir quelque chose qui ressemble au mythe originel. Mais vous pouvez trouver un aperçu sur Calameo.
Une exploitation pédagogique : « Projet Ulysse »
Parce qu’il ne suffit pas de lire ou d’entendre la lecture pour comprendre, cet ouvrage vient avec une exploitation pédagogique complète. Pour chaque séance, vous avez les fiches de préparation, les activités différenciées, les supports prêts à être utilisés. Vous pouvez télécharger, projeter, imprimer tout ce que vous voulez. Vous n’êtes pas obligés de traiter toutes les séances : vous pouvez par exemple vous intéresser seulement à la guerre de Troie, ou seulement aux aventures sur le chemin du retour, etc.
Ces séances invitent à la réflexion, à la manipulation, à la remise en ordre d’images ou de phrases, évitant ainsi les sempiternels questionnaires dont la recherche a montré qu’ils ne sont pas efficaces pour travailler la compréhension. Elles incluent des séances de production d’écrits, et travaillent aussi le lexique (dessin légendé, réemploi du lexique, etc.). La séquence s’appuie sur les travaux de recherche de Jocelyne Giasson, Catherine Tauveron, Pierre Péroz, entre autres.
Tout est déjà disponible sur la page « Projet Ulysse », mais je la remettrai en forme cet été pour la rendre encore plus agréable à lire, plus efficace, plus aboutie.
Pour en savoir plus sur mes convictions pédagogiques en matière de littérature, je vous recommande aussi l’article : Pourquoi enseigner le goût de lire ?

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À l’Ecole Normale, mon prof de Psychopédagogie a passé son temps à nous faire rentrer dans la Mythologie comme fondation de la Littérature…
Et JC Carrière se plaît à dire que Sheherazade est la Mére de tous les conteurs … Après ces deux sources, on peut rajouter le Théâtre, comme Scène pour la Parole, P. Brook :
« Ce qui compte, c’est le conte, il raconte. »
J’ai déjà dit séparément ces choses là, je crois, mais après Sten, ce week-end, ça a plus de force …
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