Décidément, Nice est riche de surprises. Grâce aux Journées Poët Poët, j’ai découvert un lieu atypique, un peu underground, où l’on bricole en co-working et où l’on monte des courts-métrages. Au Poulailler, les poèmes de Sélim-a Atallah Chettaoui et d’Iris Colomb se sont mêlés aux courts-métrages maison de l’association.
C’est au rez-de-chaussée d’un vieil immeuble de l’avenue Malausséna. Vieux hall d’entrée, au plafond voûté sculpté. Des coussins en forme de boudins sont disposés au sol. Nous sommes invités à nous asseoir. Un écran tendu au fond ne tarde pas à s’animer.

La projection fait se succéder plusieurs courts-métrages, aux esthétiques bien différentes entre elles. Il y a du noir et blanc, de la couleur, du dessin animé. Peu de dialogues, des situations étranges, insolites, poétiques.

Puis Iris Colomb intervient en chair et en os devant l’écran. Pantalon noir, chemisier rouge. Elle déclame tout en faisant un numéro d’équilibriste, et passe fréquemment du français à l’anglais et de l’anglais au français. Cette performance était ma première rencontre avec l’univers poétique d’Iris Colomb, poétesse d’origine parisienne installée à Londres, et invitée des Journées Poët Poët. J’ai hâte de pouvoir découvrir plus profondément son univers.

Vient ensuite le tour de Sélim-a Atallah Chettaoui, que nous avons rencontrée la veille à la librairie Les Parleuses. Elle se tient derrière l’écran, en ombre chinoise, pendant que défilent des images de son parcours et des documents officiels évoquant sa situation administrative. L’objet de son poème est en effet son statut d’immigrée, les difficultés administratives qui y sont associées, la nécessité de constamment montrer patte blanche et de prouver son activité, ce qui ne va pas de soi lorsque l’on vit de poésie. Ancienne élève d’écoles françaises en Tunisie, Sélim-a Atallah Chettaoui a davantage étudié la France et la culture française que l’histoire de son propre pays. Trop Française pour être Tunisienne, trop Tunisienne pour être française. Dans l’inconfort de l’entre-deux. Une position pas toujours agréable, mais qui est idéale pour observer avec recul les travers de notre société.

Et puis, on nous invite à poursuivre dans la cour de l’immeuble, véritable oasis de verdure au cœur de la ville, sous les grands citronniers. Là, nous avons installé un buffet partagé, et c’est mon compagnon Nicola qui s’est chargé de la cuisine. Il a fait cinq plaques de pizza et pissaladière et des dizaines de muffins. Un travail incroyable qui a permis de très agréablement poursuivre la soirée.

Les réjouissances poétiques de la journée ne s’arrêtaient pas là, puisque nous avons été invités à poursuivre jusque sur le parvis de l’ancienne Gare du Sud, où débutait une incroyable nuit de l’écriture organisée par l’ami Tristan Blumel. Mais cela, ce sera l’objet d’un autre article…
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