Béatrice Bonhomme à la bibliothèque Romain Gary

C’est avec joie que je relaie dans les colonnes de ce blog la nouvelle de cette lecture de poèmes de Béatrice Bonhomme, qui se tiendra le vendredi 15 mars 2024 à la Bibliothèque Romain Gary, située boulevard Dubouchage, à Nice.

Une poésie de l’intime…

Née en 1956 à Alger, Béatrice Bonhomme a grandi à Nice. Elle a appris à lire sur les collines niçoises, entourée d’une famille aimante et passionnée de culture, avec une mère qui lui a donné l’amour des mots, un père qui peignait des couleurs de lumière, et quatre frères autour desquels elle s’est construite.

Cette histoire personnelle et familiale joue un rôle essentiel dans la poésie de Béatrice Bonhomme, dont le point de départ réside dans l’intime, le vécu concret. Les livres de la poète évoquent fréquemment l’enfance, la famille, les amours, jusque dans l’épreuve douloureuse du deuil.

Ainsi Passant de la lumière (2008) et Mutilation d’arbre (2008) se lisent-ils comme des livres de deuil dédiés au père Mario Villani. Dans le dernier ouvrage en date, Monde, genoux couronnés (2022), c’est la figure de la mère qui est centrale. On peut mentionner aussi L’Indien au bouclier (2013), consacré au frère de la poète.

J’ai à cœur de rappeler également que Kaléidoscope d’enfance est une œuvre collective familiale, avec des textes de Béatrice Bonhomme, des images de son fils Stello Bonhomme, scénarisées par sa fille Bérénice Bonhomme, avec une musique de son frère Philippe Villani. La petite-fille de la poète, Lou, est évoquée dans les poèmes parus au sein de l’ouvrage collectif Béatrice Bonhomme : le mot, la mort, l’amour dirigé par Peter Collier et Ilda Tomas.

Béatrice Bonhomme écrit ainsi à partir des bonheurs et des souffrances de la vie vécue. Les mots, loin d’être des signifiants abstraits, sont incarnés. Le corps, la chair, la blessure sont des thèmes essentiels de sa poésie, comme le montre par exemple Proses écorchées au fil noir (2020). C’est la vie, dans toute sa complexité, avec ses joies et ses peines, et parfois son tragique, qui est le point de départ du poème.

…qui accède à l’universel…

C’est précisément parce qu’elle est personnelle et intime que la poésie de Béatrice Bonhomme accède à l’universel. L’amour, la vie, la mort ne sont que des concepts, des thèmes abstraits, s’ils ne sont pas nourris de l’expérience propre du poète. En puisant dans l’intime, le poème trouve une matière concrète immédiatement partageable, qui dès lors n’appartient plus à la vie privée.

Aussi Béatrice Bonhomme travaille-t-elle sur l’anonyme. Si le vécu personnel est un point de départ essentiel, il n’est précisément que cela : un point de départ. Le poème efface les circonstances, les détails inutiles, les narrations superflues, pour ne conserver que ce qui touche à l’universel. Le titre même de Dialogue avec l’anonyme (2018) le montre bien. Il y a chez Béatrice Bonhomme une recherche de ce qui est archétypal, accompagnée d’une épure stylistique, qui resserre le poème sur l’essentiel.

La notion de nudité, chère à la poète, contient à la fois cette dimension intime et cette ouverture sur l’universel. « Rien de plus intime que le nu, mais rien de plus dépouillé aussi », écrivais-je dans un précédent article sur Béatrice Bonhomme. Cette exigence absolue d’authenticité se retrouve, d’une façon à chaque fois renouvelée, dans les différents recueils de la poète, depuis L’Âge d’en haut (1989-1992, rééd. 2004) jusqu’à Monde, genoux couronnés (2022).

C’est ce dernier ouvrage, d’une sincérité bouleversante, qui sera au cœur de la lecture qui se tiendra le 15 mars prochain à la bibliothèque du Boulevard Dubouchage (Nice). Ce recueil a valu à Béatrice Bonhomme le prestigieux prix Mallarmé 2023.

Née en 1956 à Alger, Béatrice Bonhomme est Professeur de Littérature française du XXe siècle à l’Université de Nice. Spécialiste de Jean Giono et de Pierre Jean Jouve, elle a consacré un très grand nombre d’études, d’articles critiques et de colloques à des poètes contemporains. Elle conduit ses recherches au sein du laboratoire CTELA (Centre Transdisciplinaire d’Epistémologie de la Littérature et des Arts Vivants), qu’elle a dirigé pendant plusieurs années, et au sein duquel elle a fondé l’axe Poïéma. En 1994, elle fonde avec Hervé Bosio la revue Nu(e), dont chaque numéro est centré sur un poète contemporain, avec des poèmes inédits, un entretien, des articles critiques, et des interventions plastiques. Cette revue, qui s’apprête à fêter sa trentième année, paraît désormais en ligne, hébergée par le site Poesibao. En 2023, Béatrice Bonhomme reçoit le prix Mallarmé pour son recueil Monde, genoux couronnés (Collodion, 2022).

Parmi ses recueils, on peut citer le coffret Poésie paru aux éditions Melis en 2004, qui édite en cinq volumes une grande partie de la poésie de Béatrice Bonhomme parue jusqu’à cette date. Citons aussi les livres de deuil parus en 2008 que sont Passant de la lumière et Mutilation d’arbre. Ajoutons Les Gestes de la neige (1998), Variations du visage et de la rose (2013), Dialogue avec l’anonyme (2018), Les Boxeurs de l’absurde (2019).


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