Parce qu’un schéma vaut parfois mieux que cent discours, je vous propose aujourd’hui d’explorer la poésie contemporaine sous la forme d’une carte mentale.
Continuer à lire La poésie contemporaine en carte mentale
Parce qu’un schéma vaut parfois mieux que cent discours, je vous propose aujourd’hui d’explorer la poésie contemporaine sous la forme d’une carte mentale.
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Philippe Jaccottet, né en 1925 et décédé en cette année 2021, fait partie des grands noms de la poésie contemporaine. Avec Yves Bonnefoy, André du Bouchet ou encore Jacques Dupin, il fait partie de cette génération qui émerge après guerre, avec le souci de renouer avec la vie, avec le monde. Auteur de nombreux recueils, en vers libres et en prose, il tente de s’exprimer avec justesse, authenticité et humilité. L’un de ses plus beaux recueils s’intitule A la lumière d’hiver.
Continuer à lire « A la lumière d’hiver » de Philippe Jaccottet
Sans doute, la poésie de Claude Ber peut-elle dérouter au premier abord. Mais, bien vite, l’on est convaincu par son authenticité absolue et sans compromis, par son humanisme chevillé au corps et à l’âme, et, plus encore que par son humanisme, par sa vigoureuse et chaleureuse humanité. Chaque fois que j’ai rencontré Claude Ber – à Cerisy, à Nice –, celle-ci m’est apparue comme une personne extrêmement vivante, qui parle et qui écrit comme elle vit. Cette voix majeure de la poésie d’aujourd’hui est de ces pointures qui savent vous mettre à l’aise en quelques mots. C’est avec grand plaisir que je me ferai aujourd’hui l’écho des propos qui l’ont concernée, au sein du colloque Poèt(e)s qui s’est récemment tenu en ligne.
Continuer à lire Connaissez-vous Claude Ber ?
En l’espace de quelques semaines, la pandémie a profondément marqué notre époque, jusque dans nos habitudes quotidiennes, nos façons de penser et de nous projeter dans l’avenir. Un tel bouleversement, nécessairement, intéresse les écrivains, qui sont avant tout les lecteurs d’une époque, chargés de mettre des mots sur nos inquiétudes, nos aspirations, nos espoirs et nos sentiments. Je voudrais aujourd’hui explorer deux écritures du confinement, parmi tant d’autres.
Continuer à lire Écritures du confinement
C’est sous le signe de Ronsard qu’est placé le dernier numéro de la revue Florilège, paru en ce mois de décembre. De fait, c’est avec deux de ses sonnets, issus des Amours de 1560 et des Sonnets pour Hélène, que s’ouvre la revue.
Continuer à lire J’ai reçu le « Florilège » de Décembre
Comme je le disais dans mon précédent billet, je suis vraiment très heureux d’avoir participé, samedi dernier, à un colloque inter-universitaire consacré aux poètes-femmes d’aujourd’hui. Cinq universités au total se relaient pour leur donner voix, et pour éclairer leur œuvre par des études critiques. La journée de samedi dernier s’ouvrait avec la présentation de la poète Marie Étienne, à travers un film documentaire de Bérénice Bonhomme et une lecture critique de Marie Jocqueviel-Bourjea.
Continuer à lire Connaissez-vous Marie Étienne ?
Une Saison en Enfer est très certainement le texte le plus connu d’Arthur Rimbaud. Et pour cause ! C’est d’ailleurs le seul ouvrage dont il ait contrôlé la publication. Mais si l’on commente très fréquemment le texte liminaire, « Jadis, si je me souviens bien… », ainsi que la fameuse « Alchimie du verbe », il est en revanche beaucoup plus rare de s’intéresser à « Vierge folle« . C’est pourquoi je voudrais vous faire découvrir ce poème aujourd’hui.
Continuer à lire La « Vierge folle » d’Arthur Rimbaud
C’est avec grand plaisir que j’ai participé aujourd’hui à un passionnant colloque inter-universitaire, co-organisé par Béatrice Bonhomme et Aude Préta de Beaufort, sur les poètes-femmes d’aujourd’hui. Je devais, pour ma part, présenter la poésie de Michèle Finck, dont la voix m’a beaucoup séduit, par son authenticité, par sa capacité à transcender la douleur, par son lien constant avec la musique.
Continuer à lire Connaissez-vous Michèle Finck ?
Il est des ouvrages dont la lecture fait du bien, des livres qui délivrent un message qui nous touche particulièrement, et Ce que dit le nuage est de ceux-là. Enza Palamara ne cache pas la dimension spirituelle de ce recueil récemment paru aux éditions Poesis. Loin de tout dogmatisme, la poète nous invite à un voyage de l’âme en compagnie des nuages.
Continuer à lire Les nuages d’Enza Palamara
« Tu as suivi
la danse du Nuage
Et tu te laisses
déposer
sur le rocher
d’où tu perçois
le chant des sources » […]
Enza Palamara, Ce que dit le nuage, Poesis, 2020, p. 127.
On sait que Guillaume Apollinaire mourut à la guerre, des suites de la grippe espagnole, quelques jours avant l’Armistice. Quelques années avant cela, il rencontra, en 1914, à Nice, la belle Lou. Envoyé à Nîmes, le poète lui écrivit le poème qui va suivre, comme beaucoup d’autres qui constitueront les Poèmes à Lou. J’aime dans ce poème la façon dont la déclaration d’amour permet de sublimer le réel, jusqu’à rendre presque invisible l’horreur de la misère et de la pauvreté, dans le contexte d’une guerre qui se prépare.
Continuer à lire Un « poème à Lou » d’Apollinaire
« Prends la première rue
Profite de ce linge bleu qui tombe
L’heure ne coule pas encore
Vers la moisson sombre
Des arbres dévêtus »
Philippe Leuckx, Doigts tachés d’ombre, éditions du Cygne, 2020, p. 7.
Je viens de recevoir un courrier me demandant quelques éclaircissements sur le « Chant des naufragés », poème de Jean-Michel Maulpoix publié dans le petit recueil intitulé Dans l’interstice, paru aux éditions Fata Morgana en 1991. Nous sommes donc juste un an avant la publication de Une histoire de bleu, le recueil le plus connu du poète, et cette précision n’est pas sans intérêt, puisque ce « Chant des naufragés » rassemble plusieurs des lignes directrices de ce grand recueil. De là à y voir un poème préparatoire d’Une histoire de bleu, il n’y a qu’un pas qu’il ne faut pas nécessairement franchir, dans la mesure où cet angle de vue empêche peut-être de saisir les qualités propres du poème.
Continuer à lire Le « chant des naufragés » de Jean-Michel Maulpoix
C’est un ouvrage singulier que Vie du poème, et la façon la plus simple dont on puisse le définir, c’est de dire qu’il s’agit d’un écrit réflexif sur la poésie. Pourquoi cette périphrase? Parce que ce livre n’a pas vraiment le ton d’un traité, qu’il ne se présente pas non plus comme un manuel à l’usage des jeunes poètes, qu’il n’est pas davantage une autobiographie, tout en tenant un peu de ces trois genres. Il ne prétend sans doute pas détenir la vérité absolue, et pourtant il livre bien un message, et porte une représentation de ce que sont un poème, et la poésie.
Continuer à lire « Vie du poème » de Pierre VinclairContinuer à lire Citation du jour — E. E. Cummings
« i like my body when it is with your
body. It is so quite new a thing.
Muscles better et nerves more.
i like your body. i like what it does,
i like its hows. i like to feel the spine
of your body and its bones, and the trembling
-firm-smotth ness and which i will
again and again and again
kiss, i like kissing this and that of you,
i like, slowly stroking the, shocking fuzz
of your electric fur, and what-is-it comes
over parting flesh… And eyes big love-crumbs,
and possibly i like the thrill
of under me you so quite new »
Par ses livres de poésie, par ses traductions mais aussi par son rôle actif pour faire vivre la poésie contemporaine, notamment sur la Toile, Marilyne Bertoncini, née en 1952, est une voix importante de la poésie d’aujourd’hui. J’ai récemment parlé de son beau livre qu’est La Noyée d’Onagawa. Elle a gentiment accepté de répondre à mes questions.
Continuer à lire Questions à Marilyne Bertoncini
J’ai lu ce petit livre (51 pages) d’une traite ce matin, et c’est l’une de ces lectures qui ne laissent pas indemne. Il fallait un poème pour dire le tsunami de Fukushima, et c’est paradoxalement une poète française, qui ne de trouvait pas même sur les lieux au moment de la catastrophe, qui l’a écrit.
Continuer à lire « La noyée d’Onagawa » de Marilyne Bertoncini
« Le mani de le donne che incontrammo
una volta, e nel sogno, e ne la vita:
oh quelle mani, Anima, quelle dita
che stringemmo una volta, che sfiorammo
con le labbra, e nel sogno, e ne la vita ! »
Gabriele D’Annunzio, « Le mani », tratto da Poesie d’Amore del ‘900, a cura di Paola Decina Lombardi, Mondadori, 1992.
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« Le veilleur a disparu
Un matin posé sur le drap
Le visage glacé
Les mains jointes
Il nous a laissé la lumière et le silence. »
Béatrice Bonhomme, Les Boxeurs de l’absurde,
Fourmagnac, L’Étoile des Limites, 2019, p. 139.

Né en 1921 à Montpellier, le poète Frédéric-Jacques Temple aurait eu cent ans cette année, s’il ne nous avait quittés l’an dernier. Il laisse une œuvre considérable, avec des publications qui vont des années quarante jusqu’en 2020. Ses livres de poésie, ses romans, ses essais, ses traductions ont intéressé la critique littéraire et universitaire, avec notamment un colloque organisé par l’Université de Nice en 2007, et une décade de Cerisy en 2015. L’Université Paul Valéry (Montpellier III) lui a rendu hommage à travers une journée d’étude.
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