« Ouvrez la porte, les fenêtres, crevez le plafond, éventrez les murs. Laissez-la s’envoler ! Elle a le crâne tatoué d’étoiles filantes. »
Michèle FINCK, « Mademoiselle Albatroce », Balbuciendo,
Paris-Orbey, Arfuyen, 2012, p. 22.
« Ouvrez la porte, les fenêtres, crevez le plafond, éventrez les murs. Laissez-la s’envoler ! Elle a le crâne tatoué d’étoiles filantes. »
Michèle FINCK, « Mademoiselle Albatroce », Balbuciendo,
Paris-Orbey, Arfuyen, 2012, p. 22.
Parmi les poèmes de Baudelaire qui sont souvent cités et commentés, le sonnet des « Correspondances » n’est pas le moins connu, sans doute parce qu’y apparaît une lecture du monde sensible qui en fait un signe vers une signification plus profonde.
Continuer à lire Les correspondances baudelairiennes
« Neige danse vent dans les feuilles
Ce mouvement sans fin des herbes
Cette en-allée que rien ne peut rompre
Une beauté nue que la main ne peut prendre »
Laurence Chaudouët, La Grâce ou l’Oubli, Les Presses Littéraires, coll. « Florilège », 2020.
Prix de poésie 2020 « Yolaine et Stephen Blanchard »
Je vous avais annoncé, au terme d’un article consacré à « Décembre » de François Coppée, la lecture du poème du même titre par le poète belge Verhaeren. Chose promise, chose due : voici donc ce poème, consacré à Noël.
Continuer à lire La nuit de Noël de Verhaeren
Je vous l’accorde, il n’y a rien de très original à déclarer aimer « Sensation » de Rimbaud, dans la mesure où il s’agit de l’un de ses poèmes les plus célèbres. De fait, vous en trouverez déjà de nombreux commentaires. Aussi, je voudrais vous proposer ce soir rien de plus qu’une lecture personnelle de ces vers incontestablement sublimes.
Continuer à lire « Sensation » de Rimbaud
Je voudrais vous présenter aujourd’hui un poème que je connais depuis l’enfance, puisque mon père, instituteur, avait l’habitude de l’enseigner à ses élèves, en leur proposant de chercher des variations d’intonation et des bruitages susceptibles d’en souligner le sens. J’ai ensuite redécouvert ce poème en khâgne où j’ai dû en proposer un commentaire composé. Il est du poète belge Verhaeren, et je le cite à partir de l’édition des Poèmes parue en 1895 aux éditions du Mercure de France, telle que retranscrite par Wikisource.
Continuer à lire « Les horloges » de Verhaeren

Les Amours de Ronsard ne sont pas d’un abord facile pour un lecteur d’aujourd’hui, ne serait-ce que par leur langue qui diffère des usages contemporains. Les très nombreux sonnets qui le composent se lisent comme autant de variations sur un thème commun : l’amour éprouvé pour la belle Cassandre Salviati. Rien de bien romantique cependant, quand on sait que la relation est probablement restée de l’ordre du fantasme, et apparaît avant tout comme un prétexte au déploiement de la virtuosité du poète. Le lecteur d’aujourd’hui doit également s’approprier les codes du genre : références antiques, modèle pétrarquiste, métaphores conventionnelles… C’est alors que l’on peut faire la part entre le trait d’époque et ce qui appartient en propre à Ronsard. Rien de tel, pour découvrir cet univers, que de s’y plonger ! Je vous propose aujourd’hui la lecture du sonnet 82, sur lequel j’avais travaillé quand j’étais étudiant en khâgne.
Continuer à lire Ronsard face à Platon

Il y a quelques jours, j’ai eu le plaisir d’être contacté par la journaliste Louise Pluyaud, qui souhaitait m’interroger à propos d’un article de mon blog, « la poésie au féminin ». En effet, celle-ci préparait un article sur le prix Vénus Khoury-Ghata, destiné à mettre en lumière les poètes femmes d’aujourd’hui. Qu’elle soit chaleureusement remerciée pour cette interview. Je vous recommande son article paru sur le site de TV5-Monde.
Continuer à lire Mieux représenter les femmes poètes
« Je me ferai pavoiser des terres incultes
je vous donnerai la lumière de mes yeux
de long en large voici mon souffle
pour accoupler la vie éventrer le pain »
Gemma Tremblay, Cratères sous la neige,
Montréal, Librairie Déom,
coll. « poésie canadienne », 1966, p. 13.
Né lui-même en novembre 1952, Jean-Michel Maulpoix a consacré plusieurs poèmes à cette période de l’année. Ainsi, dans Papiers froissés dans l’impatience, le poète présente-t-il ses « papiers d’identité », rappelant être né un jour d’armistice, dans ce « temps natal » qu’il évoquera à nouveau dans Pas sur la neige, en précisant qu’il est fait de « croix blanches, de drapeaux fléchis, de sonneries aux morts et de brouillards de novembre ». Une section de Ne cherchez plus mon cœur s’intitule précisément « Toussaint ». C’est également le titre d’un poème de Dans l’interstice, que je voudrais vous présenter aujourd’hui.
Continuer à lire « Toussaint » de Jean-Michel Maulpoix
Je commentais il y a quelque temps le « Soir d’octobre » de Paul Verlaine, où le poète faisait l’éloge de cette saison pourtant froide et humide. Je voudrais aujourd’hui rester dans le même ton en vous invitant à découvrir « Brumes et pluies », un poème de Charles Baudelaire extrait des Fleurs du Mal.
Continuer à lire « Brumes et pluies » de Charles Baudelaire
C’est peu dire que nous vivons une période anxiogène. Une pandémie qui dure et ne faiblit pas, des violences et des assassinats, des catastrophes naturelles… Sans doute importe-t-il de se préserver un peu. Pourquoi ne se détournerait-on pas, pour un temps, des nouvelles angoissantes des journaux télévisés, pour découvrir quelques poèmes ? La lecture de poésie peut-elle faire du bien ? Un peu de beauté dans ce monde de brutes !
Continuer à lire Des poèmes qui font du bien
« Comment ? Comment dire ? La grâce.
La vie vivante. L’écume et le large.
Voix faite pure joie.
Son et silence joie.
Don. Don de la joie. Don. »
Michèle Finck, La Troisième main, Arfuyen, Paris-Orbey, 2015, p. 73.
C’est une bien curieuse question qui ouvre le tout dernier essai de Jean-Michel Maulpoix : « De quoi est-ce donc fait, un poète ? » Par-delà sa simplicité apparente, la notion même de « poète » est bien moins anodine qu’il ne paraît : être biographique réel, mais aussi sujet d’encre et de mots, le poète est un être composite. Jean-Michel Maulpoix se fait donc anatomiste, et entreprend de disséquer cet être étrange qu’est le poète…
Continuer à lire « Anatomie du poète » de J.-M. Maulpoix
Je vous propose aujourd’hui de découvrir un poème de Valérie Rouzeau. Née en 1967 dans la Nièvre, elle est connue tant pour son travail de traductrice que pour son œuvre poétique, riche à ce jour de nombreux recueils. Elle a écrit des chansons pour le groupe Indochine. Son œuvre a récemment fait l’objet d’un numéro de la revue Nu(e). Le poème ci-dessous est extrait de l’un des recueils les plus récents de la poète, Sens averse, paru en 2018 aux éditions de La Table Ronde.
Continuer à lire Citation du jour : le cochon de Valérie Rouzeau
Inutile de présenter les Fables de La Fontaine, qui sont sans doute l’un des recueils de poésie les plus connus de la langue française. Celles-ci doivent sans doute leur succès à leur caractère plaisant : la mise en scène d’animaux et la dimension morale ont séduit des générations d’enseignants, qui à leur tour les ont fait connaître à leurs élèves. Cela ne doit pas faire oublier que les Fables n’étaient pas, au départ, destinées au divertissement de la jeunesse, mais à celui de la Cour de Louis XIV. Inspirées d’Ésope, ces Fables témoignent du goût de la Cour pour les humanités classiques. Elles plaisaient aussi par leur façon détournée de pointer les vices des hommes de ce temps. Aujourd’hui, je vous parle de « L’Aigle et l’Escarbot ».
Continuer à lire La Fontaine : « L’Aigle et l’Escarbot »
Cela faisait longtemps que je n’avais pas parlé de Rimbaud. Je vous propose donc aujourd’hui la lecture de l’un de ses sonnets.
Continuer à lire « La Maline » de Rimbaud
« Rien n’est plus paisible que des ruines. Il y règne des rongeurs, des serpents, des hiboux. Au cœur de ce tissu d’odeurs et de présences assemblées, l’homme transporte sa prison. — Mastique, avec le sourire ! »
Pierre Perrin-Chassagne, « Les ruines »,
dans La Porte et autres poèmes,
Editions Possibles, 2018, p. 76.
Continuer à lire Citation du jour : « Septembre » de François CoppéeSeptembre
Après ces cinq longs mois que j’ai passés loin d’elle,
J’interroge mon cœur ; il est resté fidèle.
« Eurêka cela ne tienne ! »
Valérie Rouzeau, Éphéméride, La Table Ronde, 2020,
via « Google Livres ».