Archives pour la catégorie Littérature française

Lumineux Emmanuel Godo

Emmanuel Godo, poète, professeur de lettres en classes préparatoires au lycée Henri IV, était invité, dimanche 31 août, à présenter son univers poétique, au village d’Aiglun, sur l’invitation de Patrick Quillier, lui-même poète, professeur émérite et membre du conseil municipal. Nous avons assisté à un très beau moment de poésie, marqué par l’aisance lumineuse et sincère d’Emmanuel Godo.

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Connaissez-vous Jean-Pierre Siméon ?

Longtemps directeur artistique du Printemps des Poètes, éditeur chez Gallimard, engagé dans des revues et maisons d’édition poétiques, Jean-Pierre Siméon, par ailleurs agrégé de Lettres modernes et formateur d’enseignants, a beaucoup œuvré pour la poésie contemporaine, pour la faire connaître, pour lui redonner sa place au sein de la Cité. C’est ainsi en tant qu’acteur culturel que j’ai d’abord rencontré le nom de Jean-Pierre Siméon. Il a été l’invité d’honneur du festival Poët Poët qui a eu lieu au printemps. Aussi ai-je voulu découvrir, au-delà du défenseur de la poésie, le poète lui-même. Quelques mots à propos des ouvrages récents de Jean-Pierre Siméon.

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Les ancêtres de Laurence Vielle

Laurence Vielle, née à Buxelles en 1968, a publié en 2017 un petit livre aux éditions Maelström intitulé Ancêtres. Il est centré sur un voyage en Indonésie, sur la rencontre des peuples indonésiens, qui vouent un culte particulier aux Ancêtres. À son tour, la poétesse s’interroge, et nous interroge. Quelle place laissons-nous à nos ancêtres dans nos vies ?

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« Tous-Solo » de Dimitri Porcu

C’est avec des mots simples, proches de la langue orale quotidienne, que Dimitri Porcu, poète franco-sarde âgé de quarante-quatre ans, développe une expérience à la fois personnelle et collective, une expérience de l’existence entre ciel et mer, entre père et mère, entre légèreté et engagement, dans un recueil intitulé Tous-Solo.

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Olivier Barbarant et la poésie

Je vous proposais, il y a quelques jours, d’écouter une conférence de Jean-Yves Masson, qui consistait en un « état des lieux » de la poésie contemporaine, à l’occasion des Journées de Lagrasse. Aujourd’hui, je rends compte d’une autre de ces conférences, à savoir celle d’Olivier Barbarant.

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« Son corps d’ombre » de Marilyne Bertoncini

Un univers onirique, peuplé de miroirs et d’ombres, abrite la douleur du deuil. Il y a la souffrance, la blessure, le cri, mais aussi la contemplation du réel tel qu’il est, dans l’effacement des marques personnelles. Des images se télescopent, à l’instar des collages de Ghislaine Lejard qui font face à chaque poème. De la réalité, Marilyne Bertoncini ne retient que quelques détails saillants, recomposés sous un jour mythique : Orion, Ariane, Eurydice apportent le surplomb du mythe au détail quotidien. Le point commun qui relie les poèmes est la mort, cet autre monde si près du nôtre, la perte d’êtres chers qui se laisse deviner sans pathos aucun, et le surcroît de lumière sur les choses et les êtres qu’apporte leur fragilité. Un très beau livre, pudique et lumineux, « au pays de la mort ».

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« Le Lion et le Moucheron » de Jean de La Fontaine

Cela faisait longtemps que je n’avais pas proposé d’article portant sur le XVIIe siècle. Or, aujourd’hui même, les collégiens composaient, à l’occasion du Brevet 2022, à partir d’une fable de La Fontaine, intitulée Le Lion et le Moucheron. Profitons de ce prétexte pour combler cette lacune, et lisons ensemble ce poème. Il s’agit de la neuvième fable du livre II des Fables.

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« Myrtos mon amour » de Béatrice Bonhomme

« Myrtos mon amour, t’emporter partout où je suis ton sourire et dépasser l’absence, les rideaux verts voguent un bateau amarré sur le bord de ces rochers.
Cette absence toujours à supporter. Je ne sais plus qui je suis. Tu m’as quittée. Depuis cet instant je ne suis plus moi. Ce soir dans la rue, les autres, d’autres gens, d’autres visages. Rien de commun entre eux et moi. Le sentiment d’appartenir à un autre monde.
Le manque, une déchirure qui n’en finit plus d’arracher un à un les lambeaux du passé comme s’il fallait arracher la mémoire.
[…]
Des maisons face à la mer, des façades où nous aurions pu vivre, tout ce en quoi je ne crois plus, une plaie toujours ouverte sur le mal de toi, tu es manque constant, certitude absolue
je t’aime, j’accepte cet amour, je t’accepte, dans la douleur et la joie, pauvre absence perdue dans les pierres de Myrtos, sur le chemin brûlant de quelques ruines. »

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La poésie contemporaine par Jean-Yves Masson

Je viens d’écouter une passionnante conférence, prononcée par Jean-Yves Masson, professeur de Littérature française à l’Université de la Sorbonne, spécialiste de littérature comparée, éditeur et traducteur de poésie, et lui-même poète. Cette conférence a été donnée le 27 mai 2022, dans le cadre du « Banquet de printemps » de Lagrasse.

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La grenouille de Desnos

Robert Desnos doit sans doute une bonne part se sa renommée au fait que certains de ses poèmes, aisément accessibles, sont devenus des classiques des récitations d’école. Il n’est guère de Français qui n’ait eu à apprendre l’un de ses poèmes. Comme La Fontaine avant lui, il met en scène un univers animal censé séduire les enfants : fourmi de dix-huit mètres, oiseau du Colorado, et j’en passe. Mais il ne faudrait pas croire pour autant à une « poésie pour enfants ». La fable est bien le lieu où peut s’exprimer, sous des dehors agréables, une pensée très profonde. Exemple avec « La grenouille aux souliers percés ».

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Jean-Michel Maulpoix au micro d’Inter

Jeudi 9 juin dernier, le poète contemporain Jean-Michel Maulpoix, lauréat du Goncourt de poésie 2022 pour l’ensemble de son œuvre, était l’invité d’Augustin Trapenard dans l’émission radiophonique Boomerang. Le site de France Inter permet de réécouter ce passionnant entretien, dont j’espère qu’il demeurera longtemps disponible en ligne.

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« Le vin du solitaire » de Charles Baudelaire

Si j’ai choisi de vous parler aujourd’hui de ce poème, c’est qu’il fait partie de ma liste des poèmes les moins connus des Fleurs du Mal. En effet, je me suis amusé à compter le nombre de résultats proposés par Google pour chacun des poèmes du célèbre recueil. Il semblerait ainsi que ce sonnet ne fasse pas partie des plus fréquemment évoqués. Sa lecture ne manque pourtant pas d’intérêt.

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Lire « La Belle au Bois dormant » à l’école

Faire lire et enseigner les contes traditionnels à l’école, c’est d’autant plus important que cette culture commune n’est parfois plus relayée par les familles. Certains enfants n’ont jamais entendu parler de cette histoire, pas même à travers les adaptations animées. Or, étudier le conte originel de Charles Perrault, c’est aussi se rendre compte qu’il est relativement éloigné de ces adaptations contemporaines.

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Citation du jour : Dimitri Porcu

"Dans la gorge du poète

Les mots douceurs
Les mots piaillés
Les mots cris
Les mots du vent
Au-dessus des immeubles
Les mots-Oiseaux
Planent
Au-dessus des prisons
Au-dessus des ravages
Au-dessus des Hommes en pleurs"

Dimitri Porcu, Tous-Solo, Editions de l’Aigrette, 2022, p. 23.


« En coupant mes oranges ce matin
le monde s’est ouvert en deux
dans un nouveau sens »

Laurence Vielle, Zébuth ou l’histoire ceinte, suivi de l’Imparfait,
Bruxelles, Communauté française de Belgique,
coll. « Espace Nord », 2022, p. 135

Jean-Michel Maulpoix reçoit le Goncourt de poésie 2022

Je viens d’apprendre, grâce à une publication du Mercure de France sur les réseaux sociaux, une nouvelle extrêmement réjouissante : Jean-Michel Maulpoix vient de recevoir le prix Goncourt de poésie Robert Sabatier 2022 pour l’ensemble de son œuvre.

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Huysmans à l’honneur à Nice

L’œuvre de Joris-Karl Huysmans fait l’objet, depuis longtemps, de nombreuses recherches et d’études critiques. Mais elle demeure aujourd’hui moins connue que celles d’autres romanciers du dix-neuvième siècle tels que Stendhal ou Zola. C’est pourquoi un important colloque international se propose de faire le point sur les Actualités huysmansiennes. Il a débuté aujourd’hui, à Nice, sous la direction d’Alice De Georges et de Marc Smeets.

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« Rue des fleurs » de Jean-Michel Maulpoix

À quelle autre adresse un poète pourrait-il rêver d’habiter ? Pour Jean-Michel Maulpoix, le poète habite Rue des fleurs. Quelques années après Boulevard des Capucines, ce nouveau titre suggère à lui seul tout un univers, urbain et campagnard à la fois. Promenons-nous, à notre tour, le long de cette rue des fleurs…

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« Des fois il est tard le silence est quand même là après le travail alors
on comprend soudain combien c’est dérisoire et presque rien d’aimer
ça va passer quelqu’un s’en va comme toujours en marge
le vrai bonheur on sait pas trop quoi vraiment
un geste un visage on n’a pas le temps même
quand c’est présent moment de désespoir anodin petit détail
vif qu’on a vu feuillage dans un jardin parisien le travail
c’est pas fini
peut-être pas bien fait ça continue le vrai bonheur est là »

James Sacré, Figures qui bougent un peu, Paris, Gallimard, coll. « Poésie », 1978, rééd. 2016, p. 62.

Un colloque sur Joris-Karl Huysmans

Moins enseigné que Balzac, Flaubert, Stendhal ou Zola, Joris-Karl Huysmans est pourtant l’un des plus grands romanciers français du XIXe siècle. Né en 1848, mort en 1907, son œuvre s’épanouit dans la fin du XIXe siècle. Son roman le plus connu, À rebours, a été rendu célèbre par ses considérations sur l’art, portées par le personnage principal, Des Esseintes. Un colloque universitaire sur Huysmans va prochainement se tenir à Nice. Je me permets d’en reproduire le programme.

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