Lopin
« on marche dans le jardin calme
il y a peu à dire
seulement voir la lumière
sur la haie de fusainsun reste de pluie brille
sur les feuilles de lierre. »
Antoine Émaz, « Lopin », Nu(e), n°33, septembre 2006, p. 186.
Lopin
« on marche dans le jardin calme
il y a peu à dire
seulement voir la lumière
sur la haie de fusainsun reste de pluie brille
sur les feuilles de lierre. »
Antoine Émaz, « Lopin », Nu(e), n°33, septembre 2006, p. 186.
« Comme un bleu qui s’ameute sur la bouche des toits, offrant à boire la nudité de son silence, la machette soudaine de ta joie sur les ruines, — et les tessons qui brillent. »
Gabrielle Althen, Vie saxifrage, Éditions Alain Gorius, 2012, p. 51.
« Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres ;
Adieu, vive clarté de nos étés trop courts !
J’entends déjà tomber avec des chocs funèbres
Le bois retentissant sur le pavé des cours. »
Charles Baudelaire, « Chant d’automne », Les Fleurs du mal
La Cène
« Ils sont à table
Ils ne mangent pas
Ils ne sont pas dans leur assiette
Et leur assiette se tient toute droite
Verticalement derrière leur tête. »
Jacques Prévert, Paroles, Paris, Gallimard, coll. « folio », 1972, p. 161.
« L’étoile a pleuré rose au cœur de tes oreilles,
L’infini roulé blanc de ta nuque à tes reins,
La mer a perlé rousse à tes mammes vermeilles,
Et l’Homme saigné noir à ton flanc souverain. »
Arthur Rimbaud, Poésies 1870-1871,
dans Poésies, Une Saison en enfer, Illuminations,
Paris, Gallimard, coll. « folio classique », p. 114.
« Écrire de la poésie consiste moins à accomplir séparément de beaux poèmes clos sur eux-mêmes qu’à relancer dans le langage le processus qui conduit du leurre à la clarté. »
Jean-Michel Maulpoix, dans « Yves Bonnefoy : l’image et la voix »
« Les mots parfois se précipitent.
La page bleuit, s’étale, se déplie, s’allonge, bientôt plus vaste que la mer. Elle se lève et forcit. Elle prend vers le ciel son essor. On voudrait croire alors qu’elle n’est plus ce vain chemin d’encre qui se hasarde vers nulle part, mais le cœur retrouvé de l’amour. »
Jean-Michel Maulpoix, Une histoire de bleu (1992, rééd. 2005),
Paris, Gallimard, coll. « Poésie », III-7, p. 61.
« La poésie est beaucoup plus vaste que la poésie. »
Michel Deguy, Donnant Donnant, Poèmes 1960-1980,
Paris, Gallimard, coll. « Poésie », 2006, p. 8.
« Je ne suis plus qu’herbes dans pré
sans mémoire ni science
où glisse l’être, heureux à peine
d’errer, d’écrire un rêve. »
Marie-Claire Bancquart, La paix saignée, précédé de Contrées du corps natal,
Obsidiane, 2004, p.111.
« Et peut-être la vie d’un homme n’est-elle somme toute que cela : une succession mal définie de naissances et de trépas imaginaires. On se plaît à la concevoir unique et continue, semblable à un fleuve qui s’écoule de sa source vers son embouchure, on lui prête une orientation et un destin, on la dit glorieuse ou maudite, quand elle n’est, en définitive, qu’un tas de papiers froissés, couverts de ratures et de taches. »
Jean-Michel Maulpoix, L’Écrivain imaginaire,
Paris, Mercure de France, 1996, I-1, p. 11-12.
« Et que l’eau qui ruisselle dans le pré
Te montre que la joie peut survivre au rêve
Quand la brise d’on ne sait où venue déjà disperse
Les fleurs de l’amandier, pourtant l’autre neige. »
Yves Bonnefoy, Début et fin de la neige, « Le tout, le rien », III, extrait,
dans Ce qui fut sans lumière, suivi de Début et fin de la neige,
Paris, Gallimard, coll. « Poésie », 1991, p. 141.