Archives pour la catégorie Citation du jour

« En hiver » d’Emile Verhaeren

Verhaeren est un très grand poète belge. Voici un poème intitulé « En hiver »…

« Le sol trempé se gerce aux froidures premières,
La neige blanche essaime au loin ses duvets blancs,
Et met au bord des toits et des chaumes branlants,
Des coussinets de laine irisés de lumières.

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« NOËL ! paix dans les cieux ! paix à l’enfer dompté !
Paix sur la terre, aux cœurs de bonne volonté !
Premier chaînon d’amour de l’insoluble chaîne
Qui joint la terre au ciel, l’ange à la race humaine !
Mystère, enivrement, pardon, trêve à nos maux,
Pitié pour les enfants, respect des animaux !! »

Alfred Busquet, La Nuit de Noël (poèmes), Christmas Carol, Librairie nouvelle, 1861,
via Wikisource.


« Si tu crois qu’aux enfants seuls siéent les songes je te dirai ce retour d’images brèves qui font d’une vie une éternelle saison qui nous frôle et n’en finit pas d’interroger les forêts

On lâche seulement sur le tard des mots neufs enfermés comme des copeaux légers dans des larmes avides d’épaules »

Barbara Auzou.

Ce beau poème, intitulé « Prolégomènes IV », se lit (presque) d’un seul souffle. Il est à lire sur le blog de Barbara Auzou, dont le titre très durassien est Lire, dit-elle. Allez-y voir !


« Sur une plage vide d’après l’été, je nous imagine. Ton petit chien renifle les vagues. Tu portes sur la tête un bonnet rayé et tu marches à la lisière des eaux. On dirait que le sable tremble, cette minute est trop importante. Les mouettes se sont tues dans un battement d’aile. Le crabe aux yeux éteints s’est souvenu de quelque chose. La plage croule et je m’écarte pour écouter ces drôles d’histoires que les enfants égrènent au sortir de l’école. »

Jean-Michel Maulpoix, Locturnes, Lettres Nouvelles, 1978, p. 49-50.


« À cause de la joie qui me vient de ses yeux j’ai grande peine et tendresse aussi d’aller parmi la solitude

Fleuves nuages rutabagas les visages passent le temps poudroie

Grâce au songe de lui je ne suis plus quand je suis seule seule dans la rue […] »

Valérie Rouzeau, Va où,
Le temps qu’il fait, 2002, p. 120.

« Mon vieux Paillon
Pourtant
malgré tout ce qu’ils t’ont fait
un soir après sept jours de pluie
comme l’Achéron ou le Styx
tu surgis du monde souterrain« 

Daniel BIGA, Stations du Chemin, Le Dé bleu, 1990,
cité dans l’anthologie Poésie francophone éditée par le CRDP de Nice,
sous-titrée Les poètes d’ici vous invitent à lire les poètes d’ailleurs.


« Donnez-moi le silence, l’eau, l’espoir.
Donnez-moi le combat, le fer et les volcans.
Collez vos corps à moi ainsi que des aimants.
Accourez à ma bouche et à mes veines.
Parlez avec mes mots, parlez avec mon sang. »

Pablo Neruda, Chant général, Paris, Gallimard, coll. « Poésie », p. 51.

Charles Cros (Wikipédia)

« C’est l’été. Le soleil darde
Ses rayons intarissables
Sur l’étranger qui s’attarde
Au milieu des vastes sables.

Comme une liqueur subtile
Baignant l’horizon sans borne,
L’air qui du sol chaud distille
Fait trembloter le roc morne. »

Charles Cros, « L’été », dans Le Coffret de santal (Tresse, 1879), d’après Wikisource.

« Le moineau » de Jean-Luc Despax

Hier matin, Jean-Luc Despax publiait sur Facebook un poème de son cru, qu’il m’a autorisé à reproduire ici. J’ai été séduit par la simplicité de ce poème d’amour où grignote un petit moineau. Il me semble que c’est le genre de poèmes dont nous avons besoin, bien plus que de poèmes tourmentés.

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« L’absent » par Eileen Cicoli

Vous pouvez verser des larmes parce qu’il est parti, ou
Vous pouvez sourire parce qu’il a vécu.

Vous pouvez fermer les yeux et prier pour qu’il revienne, ou
Vous pouvez ouvrir les yeux et voir ce qu’il nous a laissé.

Votre cœur peut-être vide parce que vous ne pouvez le voir, ou
Il peut être plein de l’amour que vous avez partagé.

Vous pouvez tourner le dos à demain et vivre hier, ou
Vous pouvez être heureux demain parce qu’il y a eu hier.

Vous pouvez vous souvenir de lui et ne penser qu’à son départ, ou
Vous pouvez chérir ce souvenir et le laisser vivre.

Vous pouvez pleurer et vous fermer, ignorer et tourner le dos, ou
Vous pouvez faire ce qu’il aurait voulu : Sourire, ouvrir les yeux, aimer et continuer.

Eileen Cicoli. Extrait de “The Poem”

Questionnant une touffe de violettes découverte en déplaçant du bois. C’est comme si un homme très voûté lisait un livre à même le sol. Les apparitions. C’est de cela que se nourrit la poésie : des prémices. Grâce à elle, il y a moins de répétitions, bien qu’elle dise toujours à peu près la même chose.

Philippe Jaccottet, « Notes », Le Nouveau Recueil, n°50, mars-juin 1999, p. 66.