Archives pour la catégorie Poésie

L’Éphémère

Des nuages qui passent, des feuilles qui tombent, le bruit du vent ou de la pluie, une fleur qui fane, le soleil qui se lève ou se couche, un sourire qui s’esquisse, un enfant en équilibre sur un muret, le regard d’une passante, l’eau qui s’écoule d’un pont… Toutes ces réalités se prêtent volontiers à l’écriture d’un poème. Ce qu’elles ont en commun ? Elles manifestent l’éphémère.

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Un « poème à Lou » d’Apollinaire

On sait que Guillaume Apollinaire mourut à la guerre, des suites de la grippe espagnole, quelques jours avant l’Armistice. Quelques années avant cela, il rencontra, en 1914, à Nice, la belle Lou. Envoyé à Nîmes, le poète lui écrivit le poème qui va suivre, comme beaucoup d’autres qui constitueront les Poèmes à Lou. J’aime dans ce poème la façon dont la déclaration d’amour permet de sublimer le réel, jusqu’à rendre presque invisible l’horreur de la misère et de la pauvreté, dans le contexte d’une guerre qui se prépare.

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Le « chant des naufragés » de Jean-Michel Maulpoix

Je viens de recevoir un courrier me demandant quelques éclaircissements sur le « Chant des naufragés », poème de Jean-Michel Maulpoix publié dans le petit recueil intitulé Dans l’interstice, paru aux éditions Fata Morgana en 1991. Nous sommes donc juste un an avant la publication de Une histoire de bleu, le recueil le plus connu du poète, et cette précision n’est pas sans intérêt, puisque ce « Chant des naufragés » rassemble plusieurs des lignes directrices de ce grand recueil. De là à y voir un poème préparatoire d’Une histoire de bleu, il n’y a qu’un pas qu’il ne faut pas nécessairement franchir, dans la mesure où cet angle de vue empêche peut-être de saisir les qualités propres du poème.

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« Vie du poème » de Pierre Vinclair

C’est un ouvrage singulier que Vie du poème, et la façon la plus simple dont on puisse le définir, c’est de dire qu’il s’agit d’un écrit réflexif sur la poésie. Pourquoi cette périphrase? Parce que ce livre n’a pas vraiment le ton d’un traité, qu’il ne se présente pas non plus comme un manuel à l’usage des jeunes poètes, qu’il n’est pas davantage une autobiographie, tout en tenant un peu de ces trois genres. Il ne prétend sans doute pas détenir la vérité absolue, et pourtant il livre bien un message, et porte une représentation de ce que sont un poème, et la poésie.

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« i like my body when it is with your
body. It is so quite new a thing.
Muscles better et nerves more.
i like your body. i like what it does,
i like its hows. i like to feel the spine
of your body and its bones, and the trembling
-firm-smotth ness and which i will
again and again and again
kiss, i like kissing this and that of you,
i like, slowly stroking the, shocking fuzz
of your electric fur, and what-is-it comes
over parting flesh… And eyes big love-crumbs,

and possibly i like the thrill

of under me you so quite new »

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Questions à Marilyne Bertoncini

Par ses livres de poésie, par ses traductions mais aussi par son rôle actif pour faire vivre la poésie contemporaine, notamment sur la Toile, Marilyne Bertoncini, née en 1952, est une voix importante de la poésie d’aujourd’hui. J’ai récemment parlé de son beau livre qu’est La Noyée d’Onagawa. Elle a gentiment accepté de répondre à mes questions.

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« La noyée d’Onagawa » de Marilyne Bertoncini

J’ai lu ce petit livre (51 pages) d’une traite ce matin, et c’est l’une de ces lectures qui ne laissent pas indemne. Il fallait un poème pour dire le tsunami de Fukushima, et c’est paradoxalement une poète française, qui ne de trouvait pas même sur les lieux au moment de la catastrophe, qui l’a écrit.

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« Le mani de le donne che incontrammo
una volta, e nel sogno, e ne la vita:
oh quelle mani, Anima, quelle dita
che stringemmo una volta, che sfiorammo
con le labbra, e nel sogno, e ne la vita ! »

Gabriele D’Annunzio, « Le mani », tratto da Poesie d’Amore del ‘900, a cura di Paola Decina Lombardi, Mondadori, 1992.

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Atelier d’écriture à Saorge, ce dimanche

Rappel : J’animerai ce dimanche 26 septembre un atelier d’écriture au monastère de Saorge, dans le cadre du Festival Poët Poët. Je suis vraiment très heureux de participer à cette manifestation, et je vous donne rendez-vous à dimanche ! J’en profite ici pour remercier Sabine Venaruzzo et son équipe pour leur confiance.

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Les cent ans de Frédéric-Jacques Temple

Né en 1921 à Montpellier, le poète Frédéric-Jacques Temple aurait eu cent ans cette année, s’il ne nous avait quittés l’an dernier. Il laisse une œuvre considérable, avec des publications qui vont des années quarante jusqu’en 2020. Ses livres de poésie, ses romans, ses essais, ses traductions ont intéressé la critique littéraire et universitaire, avec notamment un colloque organisé par l’Université de Nice en 2007, et une décade de Cerisy en 2015. L’Université Paul Valéry (Montpellier III) lui a rendu hommage à travers une journée d’étude.

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Prêts pour l’automne du Printemps des Poètes ?

Habituellement, le Printemps des Poètes a lieu au mois de mars. Et cette année 2021 n’a pas dérogé à la règle, avec des manifestations un peu partout en France. Comme chaque année, sur la Côte d’Azur, la compagnie « Une petite voix m’a dit » avait programmé plusieurs événements printaniers. Mais, contexte sanitaire oblige, la voilure avait été considérablement réduite par rapport au festival « Poët Poët » tel qu’il est organisé depuis quinze ans. D’où cette volonté de prolonger les choses par un septembre poétique

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Le silence selon Rûmî

Je vous avais parlé naguère d’une belle anthologie des poèmes de Rûmî, le grand poète mystique iranien, traduite par Leili Anvar. J’en ai acquis une autre, cette fois-ci traduite par Jean-Claude Carrière, Mahin Tajadod et Nahal Tajadod. Je vous en propose quelques extraits.

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J’ai reçu : Florilège n°184

C’est une belle illustration de Rémy Demestre et inspirée de Kandinsky qui occupe la couverture du cent-quatre-vingt-quatrième numéro de la revue Florilège, paru en ce mois de septembre 2021. Feuilletons ensemble ce numéro.

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« Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres ;
Adieu, vive clarté de nos étés trop courts !
J’entends déjà tomber avec des chocs funèbres
Le bois retentissant sur le pavé des cours. »

Charles Baudelaire, « Chant d’automne » (LVI), Les Fleurs du Mal, via Wikisource.