Archives pour la catégorie Poésie

La revue Nu(e) célèbre la poésie roumaine

La revue Nu(e), fondée en 1994 par Béatrice Bonhomme et Hervé Bosio, est consacrée à la poésie contemporaine. Dans chacun des soixante-trois numéros déjà publiés, la revue se propose de réunir poètes, écrivains, chercheurs et plasticiens, généralement autour d’un poète contemporain, plus rarement autour d’un thème commun.

Des numéros ont déjà été consacrés, notamment, à Pierre Jean Jouve, Michel Deguy, Marie-Claire Bancquart, Jean-Michel Maulpoix, Salah Stétié, James Sacré, Antoine Emaz, Yves Charnet, Benoît Conort…

Le dernier numéro en date est consacré à la poésie roumaine contemporaine.

Site de la revue Nu(e) : http://www.revue-nue.org/

Complies

Vue de la colline
la mer s’établit
au-dessus des maisons :

tente de la Sagesse,
manteau bleu de la Vierge,
couvrant la ville entière.

Le soir n’a laissé
dans l’eucalyptus
qu’une seule cigale

et sur le mur clair
de la chapelle ouverte
le soleil remonte

comme un roi les degrés
que l’ombre matinale
avait descendus. »

Jean-Pierre Lemaire, L’intérieur du monde,
Le Chambon-sur-Lignon, Cheyne éditeur, 2002, p. 97.

Le poème d’à côté : Charles Baudelaire

Figure majeure de la poésie française du XIXe siècle, Charles Baudelaire est souvent considéré comme le point de départ de la poésie moderne. Selon Michel Jarrety, dans la préface du Dictionnaire de poésie de Baudelaire à nos jours, « en lui se resserrent quelques-uns des signes majeurs de la modernité : l’attention du poète à son propre langage et la lucidité critique de la poésie pour elle-même, le glissement de l’expression vers la création, le sens du transitoire, l’accueil du paysage urbain, l’émergence d’un lyrisme moins personnel — et la possibilité finalement d’écrire des poèmes dans un monde devenu industriel, et justement moderne« .

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Les escargots de James Sacré

James Sacré est un poète français né en 1939 en Vendée. Il a été instituteur en France puis enseignant du supérieur aux États-Unis. J’ai eu la chance de l’entendre lire ses poèmes, lorsqu’il était invité par l’Université de Nice ou par la Bibliothèque Nucéra. Je voudrais aujourd’hui vous présenter l’un de ses ouvrages, paru aux éditions Tarabuste en 1991, intitulé Comme en disant c’est rien, c’est rien. C’est un recueil de poèmes qui parle d’escargots. Oui, oui, d’escargots

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« Prends-moi la main, ami, il n’est pas de bonheur plus clair
que de marcher sur une route avec celui qu’on aime
au jour levé, trouvant ouverte toute l’aube.

Viens, nous ferons sourire les passants, nous chercherons
la sagesse des sources, la bienheureuse
connaissance de l’eau qui garde la mémoire de l’orage

et se souvient de la nuit traversée. Viens avec moi
demander au matin le sens de ce mot : la jeunesse,
pendant qu’il en est temps, ne tarde pas, bien-aimé, viens. »

Jean-Yves Masson, Neuvains du sommeil et de la sagesse,
Le Chambon-sur-Lignon, Cheyne éditeur, 2007,
poème XIV, p. 26.

Faire écrire de la poésie à des enfants

L’Observatoire National de la Lecture (ONL) affirme que l’enseignement de la poésie « pose problème » aux enseignants : ceux-ci ressentiraient un « malaise » qui expliquerait le fait que la poésie soit souvent reléguée à l’école « à l’heure de la récitation ». Jean Verrier ne dit pas autre chose lorsqu’il constate que « le syntagme “enseigner la poésie” est presque toujours présenté à la forme interrogative et diversement modalisé : “peut-on”, “doit-on”, etc. ». Pourquoi et comment faire écrire de la poésie à des enfants ?

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Un poème de Jean-Yves Masson

Né en 1962 en Lorraine, Jean-Yves Masson, poète, nouvelliste, traducteur, éditeur, enseigne la littérature comparée à l’Université de la Sorbonne. Il est notamment connu pour ses Onzains de la nuit et du désir (1995) et ses Neuvains du sommeil et de la sagesse (2007), tous deux parus chez Cheyne Éditeur. Il a reçu le prix Max Jacob pour ce dernier ouvrage.

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Lire la poésie de René Char

René Char est l’un des plus grands poètes français du XXe siècle. Né en 1907 et mort en 1988, son existence s’étend sur quasiment tout le siècle. Connu pour son engagement pendant la Résistance, sous le pseudonyme de « Capitaine Alexandre », ainsi que pour son recueil Fureur et Mystère, il est aussi l’un des rares poètes publiés de son vivant dans la prestigieuse collection « Bibliothèque de la Pléiade ».

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Poésie au monastère de Saorge

Surplombant les gorges de la Roya, le village de Saorge se blottit contre les cimes montagneuses des Alpes, dont certaines conservent, en ce mois de mars, un chapeau de neige. À l’extrémité du village, un peu en hauteur, se trouve un ancien monastère, aux murs blancs partiellement recouverts de fresques. C’est là, dans le cloître, dans la bibliothèque, dans le réfectoire et dans l’église, que se tenait, dimanche dernier, l’une de ces « Journées Poët Poët » organisées par la compagnie « Une petite voix m’a dit » dans le cadre du Printemps des Poètes.

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Festival poétique à La Gaude

article-afriqueUne petite troupe s’amasse sur le parking de La Gaude, ce vendredi 10 mars 2017, aux alentours de dix-neuf heures. Pourquoi cette soudaine affluence dans le paisible village de la Côte d’Azur ? C’est que la joyeuse troupe s’apprête à embarquer pour le monde de la « Pouasie »…

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Jean-Pierre Verheggen invité à l’Université de Nice

article-afriqueC’était dans le cadre du Printemps des Poètes 2017, et plus particulièrement des « Journées Poët Poët » organisées par la compagnie « Une petite voix m’a dit », que le poète Jean-Pierre Verheggen était l’invité de l’Université de Nice, ce vendredi 3 mars 2017.

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Danse et poésie : James Sacré

Je me permets de relayer cette information : Béatrice Bonhomme, poète et professeur de littérature française à l’Université de Nice, interviendra le mardi 14 mars 2017 au sujet de la poésie de James Sacré, dans une conférence intitulée « James Sacré : des gestes et des mots », dans le cadre du séminaire « Articuler danse et poésie » actuellement en cours au sein du Centre Transdisciplinaire d’Épistémologie de la Littérature et des Arts Vivants (CTEL) de l’Université de Nice.

  • Date : mardi 14 mars 2017
  • Heure : de 10 h à 12 h
  • Lieu : Faculté de Lettres, Bd. Edouard Herriot, Nice – Salle 218 Extension

Rumeur, nuages et brouillards

Je n’avais encore rien lu d’Emmanuel Hocquard, poète français né en 1940. Et puis, lors de mon dernier passage à la bibliothèque, j’ai été séduit par le titre de Des nuages & des brouillards. Je l’ai emprunté, je l’ai lu : voici ce que j’en ai pensé.

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La prose aux accents poétiques de Tayeb Saleh

article-afriqueJ’ai découvert récemment une citation dont l’auteur est Tayeb Saleh. Une petite recherche sur Wikipédia m’apprend que c’est un écrivain soudanais, considéré par l’encyclopédie comme « l’un des plus grands écrivains arabes » (1929-2009). Ce qui tombe bien, puisqu’à l’approche du Printemps des Poètes 2017, le blog « Littérature Portes Ouvertes » se met à l’heure de l’Afrique.

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Afrique

Texte personnel

On ne l’avait pas vue arriver. Elle était surgie de nulle part, comme toute chose dans une bananeraie. Elle promenait avec elle le silence, dissimulé parmi les fruits de sa robe et ceux qu’elle portait dans une corbeille d’osier. Y avait-il un nourrisson endormi sur son dos ? On n’aurait su le dire, à travers les palmes alanguies de l’été, pas plus qu’on ne pût deviner où elle se rendait. Son regard, aussi noir et luisant que sa peau, s’ourlait de chansons douces, et pourtant, traduisait la volonté inébranlable de continuer à être femme dans les souffrances de la pauvreté, de la sécheresse, de la guerre toujours latente. Elle répétait inlassablement les mêmes gestes, habituels et consciencieux, sans mépriser leur caractère anodin, mais au contraire avec toute l’attention et tout l’amour dont est capable une mère. Ses mains roses travaillaient avec douceur, imprimant un peu de leur sérénité aux choses qu’elle manipulait, faisant de chaque geste un semblant de caresse.

Gabriel GROSSI, « Afrique » (2008),
paru dans le n°52 « Jokari » de la revue Nu(e), 2012, p. 37.

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Il y a dans la nuit ton cri. Tu le répètes au moins trois fois. Je ne l’entends qu’en m’affolant. Tu cries avec les étoiles. Tu cries avec ton ventre qui déchire. Je dors dans la surdité de l’écrasement. Je ne t’entends pas. Mais les étoiles traversent mon rêve. Les déchirements de ton ventre m’ouvrent les yeux. Je t’entends tomber. J’entends ton cri descendre me prendre. Dans la nuit éblouissante. Je m’accroche à ta chute. […] »

Serge Martin, Ta résonance, ma retenue (extrait),
à paraître prochainement aux éditions Tarabuste.