« Flocons,
Bévues sans conséquences de la lumière. »
Yves Bonnefoy, Début et fin de la neige (1991)
« Flocons,
Bévues sans conséquences de la lumière. »
Yves Bonnefoy, Début et fin de la neige (1991)
Je crois bien n’avoir déjà lu qu’un seul poème de Théophile Gautier :
« Oui, l’œuvre sort plus belle
D’une forme au travail
Rebelle,
Vers, marbre, onyx, émail. »
Cet art poétique fait l’éloge de la beauté formelle, et affirme que le véritable artiste doit refuser la facilité, en privilégiant au contraire ce qui « résiste » à la volonté. Bref, la doctrine de « l’art pour l’art ». Et si nous regardions « le poème d’à côté » ?
Je voudrais vous parler aujourd’hui d’une citation très connue dans le monde de la poésie contemporaine. Il s’agit d’une phrase de Denis Roche, sans doute la plus célèbre de cet écrivain et photographe. Cette phrase, laconique, la voici : « La poésie est inadmissible, d’ailleurs elle n’existe pas ».
Continuer à lire Réflexion libre autour d’une phrase de Denis Roche
« Je parlerai du mot pluie, du mot
silence sous la pluie, je parlerai du jardin
sous la pluie, de la facilité des fleurs
à accepter les confidences du matin, je
parlerai de vestiges, de tuiles tombées,
de fontaines taries, de sources renaissantes,
je parlerai de pulsations, de paupières,
je marcherai vers la montagne, je me
[précéderai. »
Richard Rognet, Élégies pour le temps de vivre,
Paris, Gallimard, 2012, via Google Books.
J’ai déjà parlé ici plusieurs fois de la poète Béatrice Bonhomme, professeur à l’Université de Nice, et directrice de ma thèse de doctorat. Je voudrais aborder ici un aspect moins connu de son œuvre, à savoir qu’elle a aussi écrit une pièce de théâtre, intitulée La Fin de l’éternité. Elle a été jouée en 2009 à Grenade, sous la direction de Rafael Ruiz Álvarez, dans une traduction espagnole. Je précise que je n’ai pu assister à la représentation, mais que j’ai lu la pièce en 2013, ainsi que la majeure partie de ses ouvrages. Je ne prétends pas étudier la pièce, mais simplement la présenter de façon tout à fait personnelle.
Continuer à lire « La fin de l’éternité » : le poète au théâtre
Quelque temps après avoir lu L’Amérique n’existe pas de Jean-Michel Maulpoix, j’ai eu l’idée de ce poème sur l’Amérique où je ne suis jamais allé, mais dont tant d’images me parviennent…
Continuer à lire L’Amérique
N’espérez pas faire fortune en publiant de la poésie ! Les poètes d’aujourd’hui ne vivent pas de leur plume. S’ils en retirent parfois quelque argent, c’est de façon tout à fait dérisoire en regard des fortunes qu’amassent les auteurs de best sellers. Comment expliquer cela ?
« Je suis incapable de parler d’autre chose que de l’amour dont je ne sais rien. J’ai essayé, je n’y parviens pas et l’ennui vient comme une sanction immédiate. Tout ce qui est de l’ordre d’un savoir m’indiffère. »
Christian Bobin, L’épuisement, Folio, via Google Books.
L’un des poèmes les plus célèbres de Victor Hugo s’intitule « Le mendiant ». Eh bien, je vous propose de découvrir le poème d’à côté dans Les Contemplations.
C’est une œuvre particulièrement dense que celle d’Arthur Rimbaud. Des premières poésies du Cahier de Douai à la publication de la Saison en Enfer, il ne s’est passé que quelques années. Et pourtant, que d’évolutions, de changements, de transformations ! Dans ce bref laps de temps, entre 1870 et 1873, Rimbaud bouleverse le vers, opte pour la prose, et se renouvelle constamment, avant d’abandonner radicalement la poésie et de partir faire du commerce au Harar. Comme si des siècles s’immisçaient dans ces quelques années. Comment ce si bref itinéraire parvient-il à s’élargir de la sorte ?
Vous l’attendiez peut-être, le voici, le voilà, un nouveau jeu ! Je vous propose aujourd’hui de tester votre savoir poétique !
Le « Bateau ivre » est l’un des plus célèbres poèmes de Rimbaud. Ce long poème de cent vers mérite sa place dans les anthologies de la poésie française. Eh bien, je vous propose de découvrir aujourd’hui le poème d’à côté…
« Tendre vers une prose claire affirmant notre présence en ce monde, notre souci d’y mieux vivre et de le dire avec exactitude. »
Jean-Michel Maulpoix, Du lyrisme, Paris, José Corti, 2000, p. 432.
« Mon rêve familier » est sans doute l’un des plus célèbres poèmes de Paul Verlaine. Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, le voici en vidéo, prononcé sur une Gymnopédie d’Erik Satie. Eh bien, je vous propose de tourner la page et de découvrir le poème d’à côté…
Aujourd’hui 4 octobre, c’est la journée mondiale des animaux. Cette initiative onusienne vise à « protéger les espèces en voie de disparition ». Les poètes n’ont évidemment pas attendu cette injonction pour évoquer, célébrer, chanter les animaux dans leurs poèmes. Quelques exemples puisés dans différentes époques.
« Une fringale de papier me surprend en automne. J’écris tandis que tombent les feuilles. Le ciel se tasse, il craque quand on marche dessus. Ni fontaine fraîche, ni petites lèvres végétales, ni langues agiles, ni voix d’oracle, ni couvert secret des couvées : mon arbre est le monument de l’absence, une croix griffée à l’encre noire sur l’horizon vide. Écrire accompagne sa douleur.
Les feuilles tombées ressemblent aux ailes des papillons. Séchées entre les pages d’un livre, ce sont de petits buvards silencieux. La mémoire immobile de l’envol. »
Jean-Michel Maulpoix, Emondes, Solaire, 1981, p. 44.
« Tour à tour, nous avons perdu le réel et l’imaginaire. Nous sommes les citoyens hébétés d’un univers inquiétant sur lequel nos actes semblent n’avoir aucune prise. »
Jean-Michel Maulpoix, Papiers froissés dans l’impatience,
Seyssel, Champ Vallon, 1987.
« Un passage comme si de rien n’était
Et voilà que je me remets pénétrer les mots de la vie
Un soleil sur la nappe rouge
La pompe au milieu de la cour
Ne ramenant plus d’eau
Mais la source est toujours présente
Avec l’eau claire que on aperçoit
À travers la fente des pierres. »
Béatrice Bonhomme, La Maison abandonnée,
Colomars, Melis, 2006, p. 8.
Oui, je sais, c’est la lune qui a une face cachée, les icebergs ont une partie immergée. Je conserve malgré tout mon titre, on dira que c’est une licence poétique. Bref, je voulais vous parler aujourd’hui du monde poétique contemporain, tel que j’ai commencé de le découvrir. Je tente ici de répondre à dix questions que vous vous posez peut-être sur la poésie contemporaine.
La poésie contemporaine représente un univers aussi vaste qu’il demeure méconnu du grand public. Heureusement, plusieurs ouvrages permettent d’en avoir un aperçu. Petit tour d’horizon.
Continuer à lire Quelques ouvrages pour découvrir la poésie contemporaine