Archives pour la catégorie Poésie

Griffonnages d’enfant

« Mon péché
— et qui de nous fut sans péché —
j’ai continué de croire au bleu du ciel
de voir les arbres, les étoiles, les nuages comme des amis […] »

Nizar Kabbani, « Griffonnages d’enfant », Femmes, Arfuyen, trad. Vénus Koury-Ghata,
cité d’après Farouk Mardam-Bey, Rachid Koraïchi, Abdallah Akkar, La Poésie arabe,
Petite anthologie
, Mango Jeunesse, Album Dada, 1999.

Qu’est-ce que le « lyrisme critique » ?

Le lyrisme critique, également parfois appelé nouveau lyrisme, est une tendance poétique née dans les années quatre-vingts en France, ensuite théorisée notamment par Jean-Michel Maulpoix à travers des essais tels que Du Lyrisme et Pour un lyrisme critique.

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Jeu du nouvel an : les surréalistes

Pour bien commencer l’année, rien de tel qu’un petit jeu amusant. Alors, à l’occasion du nouvel an, je vous propose un quiz, que j’ai réalisé sur le site JetPunk. Saurez-vous retrouver, en moins de cinq minutes, les noms de onze poètes français surréalistes ? Attention, le chrono tourne !

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Osez l’aphorisme !

La revue Traversées s’intéresse aux aphorismes…

Traversées, revue littéraire

 

Un vocable savant pour quelque chose qui l’est beaucoup moins, l’aphorisme est essentiellement ludique. 

Comme l’on s’en doute, cela vient du grec : « aphorismos » qui signifie définition. 

Mais le sens a évolué : « courte maxime », nous dit le Larousse encyclopédique. 

« Un énoncé autosuffisant » qui « peut être lu, compris, interprété sans faire appel à un autre texte », explicite Wilipédia qui propose « sentence » comme synonyme. 

Bref, l’aphorisme est indispensable, puisqu’il ne sert à rien (ce qui, en soi, est déjà un aphorisme !)… sinon à relativiser, à vous divertir. Il a été pratiqué de tous temps. En particulier par les poètes et les philosophes. Plus près de nous, par un Prévert. Et chez nous, par les surréalistes : Louis Scutenaire dans ses Inscriptions, Achille Chavée dans ses Décoctions… Du cher Achille, «Chassez le naturel, il revient à vélo» ou «

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« Et le beau corps de la chair
Un bleu interrompu de quelques tirets d’or
Ou son entracte parmi les aromates
Car la mer chante où un nageur s’épanche
La transparence et la rotonde
Sans nul appui devant la corde du silence
Et la péripétie s’isole
Quelque regard vacant se rappelle un baiser
Dans une tâche d’ombre ornée par le rivage
Quand le soleil parfait a dissipé l’émoi »

Gabrielle Althen, La raison aimante, Sud, Marseille, 1985, p. 19.

Solution du jeu : Arthur Rimbaud

Je vous proposais, il y a quelques jours, de jouer à retrouver le poème qui se cachait derrière la liste alphabétique de ses mots. Cela n’était pas forcément très facile, même si le texte choisi était l’un des plus célèbres poèmes du XIX° siècle. Il s’agissait en effet du prologue de la Saison en Enfer d’Arthur Rimbaud…

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Daniel Biga au château de Mouans-Sartoux

Plusieurs fois par an, le château de Mouans-Sartoux résonne de voix poétiques. Une centaine environ de convives se réunissent, dans une ambiance chaleureuse, autour d’un poète invité, accompagné de musiciens. Vendredi soir, 20 novembre, c’était le poète Daniel Biga qui était l’invité de Pierre-Jean Blazy et de son association, les Mots d’Azur.

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Comment se repérer dans la poésie contemporaine ?

La poésie contemporaine est un continent aussi vaste qu’il est méconnu. Rarement placé à la lumière des projecteurs médiatiques, il demeure en retrait de l’actualité, fût-elle littéraire. Il s’agit pourtant d’un monde bien vivant, rythmé par des dizaines de publications annuelles, qui connaît un succès à son échelle, et qui mériterait d’être davantage connu. Pour vous aider à vous y repérer, je vous propose quelques (modestes) jalons.

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Jeu : Saurez-vous reconnaître ce poème ?

Je vous propose aujourd’hui un petit jeu. Vous trouverez ci-dessous un poème très célèbre. Mais voilà ! Il est passé à la moulinette du logiciel « Iramuteq« . Du coup, les mots grammaticaux ont disparu, et les autres ont été rangés dans l’ordre alphabétique sous leur forme canonique (masculin singulier pour les noms et adjectifs, infinitif pour les verbes). Saurez-vous, malgré tout, reconnaître ce poème ? C’est à vous de jouer ! Réponse dans une semaine !

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« Je suis né en Franche-Comté, entre Vosges et Jura, de père lorrain et de mère comtoise ; mon anniversaire coïncide avec la commémoration de l’armistice de 1918. Au souvenir des rires, des bougies soufflées et des papiers multicolores, se superpose celui des drapeaux fléchis dans le matin blême tandis que retentit la sonnerie aux morts. De petits vieux bardés de médailles sont alignés auprès d’un obélisque de marbre rose gravé de lettres d’or. Un homme chauve, en uniforme, dépose une gerbe. A cette image naïve et cocardière, je frissonne encore. […] »

Jean-Michel Maulpoix, « Papiers d’identité »,
dans Papiers froissés dans l’impatience, Seyssel, Champ Vallon, 1987.

Le poème d’à côté : Charles Baudelaire

On ne cite pas souvent le poème de Baudelaire intitulé « L’homme et la mer », quatorzième poème des Fleurs du mal, qui se trouve non loin du sonnet très connu de « La vie antérieure ». Voilà donc un choix tout trouvé pour notre rubrique « Le poème d’à côté ». Laissons donc la parole à Baudelaire…

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« Elle disait que l’on ne reconnaît pas les gens mal élevés à leur façon de se curer le nez aux feux rouges ou de bâiller quand on leur parle, mais à l’emploi qu’ils font du mode subjonctif dans une proposition circonstancielle de temps introduite par “après que”. »

Jean-Michel Maulpoix, Papiers froissés dans l’impatience,
Seyssel, Champ Vallon, 1987, p. 53.

« Que j’aime le premier frisson d’hiver ! le chaume,
Sous le pied du chasseur, refusant de ployer !
Quand vient la pie aux champs que le foin vert embaume,
Au fond du vieux château s’éveille le foyer ;

C’est le temps de la ville. — Oh ! lorsque l’an dernier
J’y revins, que je vis ce bon Louvre et son dôme,
Paris et sa fumée, et tout ce beau royaume
(J’entends encore au vent les postillons crier),

Que j’aimais ce temps gris, ces passants et la Seine
Sous ses mille falots assise en souveraine !
J’allais revoir l’hiver. — Et toi, ma vie, et toi !

Oh ! dans tes longs regards j’allais tremper mon âme ;
Je saluais tes murs. — Car, qui m’eût dit, madame,
Que votre cœur sitôt avait changé pour moi ? »

Alfred de Musset, « Sonnet », Premières poésies 1829-1835,
Paris, Charpentier, 1890.

René Depestre est un poète haïtien, à propos duquel va paraître un ouvrage collectif, aux éditions Hermann, dirigé par Béatrice Bonhomme et Marie Jocqueviel-Bourjea. Les auteures évoquent une œuvre « abondante et multiforme », indissociable de la vie elle-même de l’écrivain. Cet ouvrage, à paraître le 4 décembre prochain, comptera 358 pages consacrées à cette « oeuvre-vie ».