Archives pour la catégorie Un poète contemporain

Dix bonnes raisons de lire Maulpoix

Jean-Michel Maulpoix est l’auteur de ce blog auquel j’ai consacré le plus grand nombre d’articles. Il n’y a rien d’étonnant à cela, vu que c’est un très grand poète contemporain, que j’admire au point de lui avoir consacré ma thèse de doctorat. Je voudrais à mon tour vous faire aimer ce poète. J’ai donc sélectionné dix bonnes raisons de lire ses ouvrages.

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Jean-Michel Maulpoix (Wikipédia)

Je contemple dans le langage le bleu du ciel.

Les mots ne me seraient d’aucun prix s’ils se résignaient à nommer ou décrire ce qui est, au lieu de se précipiter vers ce qui n’est pas. Leur aveuglement convient à l’irréductible rêveur que je suis. Ils ont leur manière propre de dissiper le mystère en l’aggravant et de ne rien me donner à voir dont ils n’aient tout d’abord déformé les traits. Je sais leurs tromperies et m’y suis résigné. Je ne compte plus m’approprier ce que je nomme : il me suffit d’esquisser le geste de le toucher des mains. Ne fût-ce que pour en aviver la douleur, je concède au langage le soin de courtiser l’impossible. Jamais l’écriture n’est trop riche de désirs ni de mensonges pour fait de ses masques un usage tragique. Sachant sa vanité, il n’y renonce point mais la cultive comme un poison. Dès lors, rien ne l’obsède davantage que cette duplicité à quoi il reconnaît qu’il est en passe de devenir un homme. »

Jean-Michel Maulpoix, Une histoire de bleu (1992),
Paris, Gallimard, coll. « Poésie », 2005, p. 107.

Brève présentation d’Yves Bonnefoy

Je viens de recevoir un message me demandant des précisions sur le poète contemporain Yves Bonnefoy, cet auteur étant actuellement au programme de l’agrégation de Lettres au Maroc. Afin d’aider nos amis marocains dans la préparation de ce concours, et plus largement à l’intention de tous ceux qui s’intéressent à la poésie, voici quelques mots de présentation.

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Il a slamé sous la lune

Il a slamé entre des oliviers millénaires sous le regard bienveillant d’un mince croissant de lune et de milliers d’étoiles. C’était hier, jeudi 27 juillet 2017, dans les jardins du domaine Renoir. C’était à Cagnes-sur-Mer comme ç’aurait pu être à Douala ou Port-au-Prince. Il a slamé sous la lune et devant un public conquis. Alors, avant tout, merci au poète slammeur Marc Alexandre Oho Bambe.

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Poésie et musique au musée Renoir

C’est à Cagnes-sur-Mer, dans le domaine des Collettes, où vécut le peintre Auguste Renoir, que se tiendront les prochaines « Histoire de dire ». Au programme, notamment, la venue du poète-slammeur Marc Alexandre Oho Bambe. Voici quelques précisions qui devraient vous allécher…

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« Limpide est le jour,
La terre n’est belle
Que si tu parais
Prête à t’y dissoudre
Comme une eau de source.

Oui la terre est belle
Quand tu me reviens
Et que tu escortes
Tes seins et ta voix,

Tes lèvres humides
Comme des draps frais. »

Gaston Puel, « Terre d’ombre brûlée — VII » (2010),
paru dans Nu(e), n° 46, décembre 2010,
coédition Nu(e)/L’Arrière-pays, p. 133.

Jean-Pierre Lemaire : « L’intérieur du monde »

Né en 1948, Jean-Pierre Lemaire publie son premier recueil, Les Marges du jour, en 1981, à l’âge de trente-trois ans. En 1985, son recueil Visitation reçoit le prix Max Jacob, puis en 1999, le Grand prix de poésie de l’Académie française couronne l’ensemble de son œuvre. Sa poésie, proche du nouveau lyrisme des années quatre-vingts, est empreinte de spiritualité. Marie-Claire Bancquart le présente comme un poète « qui croi[t] au ciel et tien[t] de près à la terre » [1]. Aujourd’hui, je parcours avec vous le recueil intitulé L’intérieur du monde, paru chez Cheyne en 2002.

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Benoît Conort : « Sortir »

Le sixième recueil de Benoît Conort, intitulé Sortir, vient de paraître aux éditions Champ Vallon, onze ans après Écrire dans le noir (2006) et vingt-neuf ans après Pour une île à venir (1988). Dès que j’ai appris la nouvelle, je me suis empressé de lire l’ouvrage (hélas, en version numérique, manque de place oblige). S’y livre une parole dense, aux vers brefs, qui tente, donc, de « sortir »…

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Un poète contemporain : Benoît Conort

Auteur de cinq recueils dont plusieurs ont été couronnés par des prix, Benoît Conort est l’une des voix majeures de la poésie française contemporaine. Son ami Jean-Michel Maulpoix le classe parmi les nouveaux lyriques, aux côtés de Jean-Pierre Lemaire, Guy Goffette, James Sacré ou encore Yves Leclair. Sa poésie est fortement marquée par les thèmes du deuil et de la mort.

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« Chacun n’est après tout que la forme nouvelle d’une question toujours posée, et manière singulière de tenter d’y répondre aussi bien que de l’oublier, avec des jeux, des cris, des tâches, des en allées et des retours, des bains et des éclaboussures, sur la plage, en été, près du bleu qui gonfle et qui remue. »

(Jean-Michel Maulpoix, Une histoire de bleu, suivi de L’instinct de ciel,
Paris, Gallimard, coll. « Poésie », 2005, p. 148-149)

Mon premier colloque

Aujourd’hui, j’ai décidé de vous raconter mon premier colloque. C’était en 2011, du 3 au 10 septembre. J’avais vingt-quatre ans. Il s’agissait du colloque de Cerisy-la-Salle consacré à Marie-Claire Bancquart. J’en conserve un très fort souvenir…

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Un oiseau de James Sacré

Après les escargots, après les bocaux, je vous propose aujourd’hui de découvrir un oiseau de James Sacré. Le recueil s’intitule plus exactement Un oiseau dessiné, sans titre. Et des mots. Il a été publié aux éditions Tarabuste en 1988.

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Qui est Serge Pey ?

Il vient de recevoir le Grand Prix national de Poésie, décerné par la Société des Gens de Lettres. Mais qui est donc Serge Pey ? Quelques explications…

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Les paysages de Philippe Jaccottet

Né dans les années 1920 en Suisse, Philippe Jaccottet est l’un des plus grands poètes vivants de langue française. Il s’est installé en 1953 dans le village de Grignan, en Drôme provençale, dans le Sud de la France. Il y découvre des paysages qui l’émerveillent et qui prennent une place croissante dans sa poésie. C’est à ces paysages que se consacre un petit reportage d’Arte. Ce film d’une dizaine de minutes est disponible sur le site Internet de la chaîne franco-allemande.

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Maulpoix en 20 citations

Comme vous le savez peut-être, j’aime la poésie de Jean-Michel Maulpoix. La fluidité de sa prose, la justesse de ses mots, le rythme de ses phrases m’ont particulièrement ému. Le poète a su, d’un recueil à l’autre, construire une œuvre cohérente, dotée d’une indéniable unité, et, cependant, faire preuve d’un constant renouvellement, qui rend chaque livre unique en son genre. Deux ans après la soutenance de ma thèse sur cet auteur, voici les citations qui me restent en tête

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D’un lyrisme oblique : Jean-Yves Masson

Écrivain, poète, professeur de littérature, éditeur, traducteur, Jean-Yves Masson, né en 1962 en Lorraine, est l’auteur d’ouvrages de poésie, notamment les Onzains de la nuit et du désir suivis des Neuvains du sommeil et de la sagesse, ainsi que de nouvelles et d’un conte, la Fée aux larmes. J’ai déjà cité plusieurs poèmes de Jean-Yves Masson, et je voudrais à présent vous présenter ses Neuvains, recueil que j’ai particulièrement apprécié.

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La phrase qui s’éveille,
aucun horizon ne la cerne,
elle respire, elle ne parle

au nom de personne,
elle met au monde,
sa voix est prête

sans crainte à se parfaire,
ne refuser que de conclure,
se donner, dire « nous ».

Pierre Dhainaut, « La phrase qui s’éveille… »
dans Nu(e), n°45, « Pierre Dhainaut », novembre 2010, p. 217.

Les bocaux de James Sacré

L’une des grandes tendances du lyrisme poétique contemporain en France est l’humilité et la modestie. Finies, donc, les grandes exclamations larmoyantes, les cris de détresse, les envolées théâtrales. Le lyrisme, ce n’est pas seulement cela. On ne peut pas se contenter, pour définir le lyrisme, de relever uniquement ses caractéristiques les plus extrêmes, sans quoi l’on n’aboutit qu’à une image très caricaturale. C’est ce dont on peut se rendre compte en parcourant le livre de James Sacré intitulé Bocaux, bonbonnes, carafes et bouteilles (comme), paru aux éditions du Castor Astral en 1986.

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