Enseigner « Le Chat Botté » au Cours Préparatoire

Au Cours Préparatoire, la tâche première est l’apprentissage du code, des correspondances entre graphèmes et phonèmes, selon une méthode syllabique qui permet progressivement aux élèves de déchiffrer eux-mêmes de nouveaux mots. Mais il importe aussi de travailler la compréhension de textes plus robustes. Les programmes le prévoient explicitement, et imposent en particulier d’aborder au cours de l’année de grandes œuvres du patrimoine, indispensables à la constitution d’une culture commune. Cette année, j’ai décidé de travailler sur Le Chat Botté de Charles Perrault.

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Hommage à la poésie amérindienne

Béatrice Machet, poète, est aussi passeuse de poésie. Traductrice des poètes amérindiens, elle a, jeudi soir, à l’occasion du « Jeudi des mots », présenté cet univers, méconnu en France, avant de donner à entendre des extraits de ses propres poèmes. La soirée s’est terminée avec une scène ouverte.

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Yves Bonnefoy lu à Nucéra

Décédé en 2016, Yves Bonnefoy aurait eu cent ans cette année. C’est pour célébrer ce centenaire que la BMVR Louis Nucéra de Nice et l’association des Amis de l’Amourier ont organisé des lectures croisées de son oeuvre. La lecture était prévue pour se faire à quatre voix, avec Alain Freixe, Marie-Jo Freixe, Martin Miguel et Michel Séonnet. Ce dernier n’a pu être présent. L’auditoire a malgré tout profité de beaux moments de poésie, à travers des lectures qui, sans réellement constituer un panorama, donnent une idée de la poésie de Bonnefoy, et de son attachement à la « présence ».

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8 ans de découvertes poétiques

Ce jour de Saint-Valentin est aussi le jour d’une célébration un peu spéciale, puisqu’il s’agit de l’anniversaire de « Littérature Portes Ouvertes »! Cela fait donc 8 ans, jour pour jour, qu’est né ce blog, le 14 février 2015. C’était pour moi le moyen, un mois après la soutenance de ma thèse de doctorat, de continuer à parler de poésie contemporaine, et de bâtir des passerelles entre les savoirs universitaires et le grand public.

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Béatrice Machet

Entretien avec Béatrice Machet

Née en 1958 dans l’Eure-et-Loir, Béatrice Machet est une poète française intéressante à plus d’un titre : son attachement pour la danse classique, son intérêt pour les poètes amérindiens qu’elle a traduits, son lien fort avec la Nature… Jeudi prochain, elle sera l’invitée du Jeudi des mots, soirée poétique organisée par Marilyne Bertoncini au café culturel « Chez Pauline », à Nice. Elle a généreusement accepté de répondre à mes questions. Qu’elle en soit ici chaleureusement remerciée.

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Un poème pour Carnaval

Des Émaux et Camées de Théophile Gautier, on ne lit en général que le fameux « Art poétique » (mais oui ! « Marbre, onyx, émail » !). Je vous invite à découvrir aujourd’hui un poème moins connu de Théophile Gautier, emprunté au même recueil, et qui est bien de saison, puisqu’il parle de Carnaval. Et, plus précisément, du Carnaval de Venise.

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« Je marierai un ange » : questions de transitivité

Un refrain hante actuellement les ondes radiophoniques et télévisuelles : « Un jour, je marierai un ange ». Ce vers est du chanteur Pierre de Maere, un jeune artiste belge de 21 ans, récemment récompensé aux Victoires de la Musique. C’est une occasion toute trouvée de parler de linguistique, et en particulier de la notion de transitivité directe et indirecte.

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Une frontière c’est clair

Il ne vous aura pas échappé que, cette année, le Printemps des Poètes mettra le thème des frontières en exergue. Un thème bien évidemment dicté par une actualité brûlante, qui impose à la poésie de se positionner par rapport à des sujets graves : la guerre russo-ukrainienne, les conflits migratoires, les droits humains…

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« Le Revenant » de Charles Baudelaire

Des Fleurs du Mal, on présente généralement toujours les mêmes poèmes : « L’Albatros », « À une passante », « La Chevelure », « Une Charogne »… Depuis que ce blog existe, j’essaie de vous faire découvrir des poèmes moins connus de ce recueil fondateur de la poésie moderne. Le poème intitulé « Le Revenant » est un sonnet qui se situe vers la fin de la section « Spleen et Idéal ». Le choix de l’octosyllabe inscrit une certaine légèreté dans la promesse macabre du « Revenant » adressée à la femme aimée.

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Violence(s) de Paule Andrau

Violence(s) est un roman écrit par une femme, qui parle de plusieurs destinées féminines croisées, plusieurs destins tragiques. Il traite de la violence subie et provoquée par les femmes. Si j’ai été attiré par ce titre, c’est qu’il a été écrit par Paule Andrau, qui a été mon professeur de Lettres en hypokhâgne et en khâgne au Lycée Masséna de Nice.

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Vu sur le Web : un entretien avec Enza Palamara

Je vous avais présenté naguère Enza Palamara, poétesse franco-italienne, et son beau livre sur les nuages.

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Inclassables poètes contemporains ?

S’intéresser à la production contemporaine, c’est nécessairement aborder un ensemble foisonnant, non encore décanté par le temps, non encore cartographié par la recherche. Aussi, il est souvent noté le fait que les esthétiques personnelles prévalent avant toute autre considération, rendant impossible le classement en « mouvements » littéraires. Pour autant, la poésie contemporaine n’est pas la jungle annoncée.

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Ceux-là qui s’en vont par deux

J’ai beaucoup hésité avant de publier ce poème en prose, parce qu’il est très intime. C’est peut-être même l’un des plus personnels que j’aie jamais écrits. Et puis je me suis dit que c’était là précisément le rôle de la poésie, que de puiser dans l’intime la matière d’une émotion partageable. Et c’est peut-être l’un des miracles de la poésie, que de nous permettre de dire à tous ce dont nous n’avons jamais parlé à personne. N’hésitez pas à vous exprimer dans l’espace des commentaires !

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Mes poèmes présentés sur Internet

Dans le cadre de la Fête virtuelle du Livre, qui est un événement international prenant place sur Internet, mon recueil Concordance a été présenté par Emanuela Rizzo, ambassadrice culturelle, et Alessio Zanichelli, spécialiste de littérature.

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Fleur d’hiver

Fleur des tropiques
Dans mon appartement
Loin des moustiques
Et de l'acomat boucan

Mais tu fleuris
Certes pas longtemps
Déjà tu flétris
Dans mon appartement

Peut-être rêves-tu
De vrais alizés
De clameurs tues
De saveurs brisées

Loin du colibri
Bel hibiscus rouge
Tu as fleuri
Là où rien ne bouge

Fleur anachronique
Loin de ton été
Tu as mis tes tropiques
Dans mon hiver glacé

Gabriel Grossi, dimanche 22 janvier, à cinq heures du matin.

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Nuit de la lecture : hommage à Christian Bobin

Une fois n’est pas coutume, le dernier « Jeudi des mots » s’est tenu un vendredi soir. Le lieu, lui, est resté inchangé : le café « Chez Pauline », rue Bavastro à Nice, à proximité du port. Et, à l’occasion de la « Nuit de la lecture », les membres du « Jeudi des mots » se sont associés avec « Les mots à la bouche ». Au programme, en première partie, un hommage à Christian Bobin récemment disparu, et en deuxième partie, une lecture de textes sur le thème de la peur.

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Vagues d’hiver

Parfois, tu t’en vas demander conseil à la mer. Ce n’est pas que tu attendes une réponse. Tu es simplement là, face à elle, dans la claire lumière d’hiver. Tu lui sais gré de ne rien dire, de ne pas répondre, de ne surtout pas formuler d’injonction condescendante. Elle est simplement là, avec son délire d’éclaboussures, un peu plus folle encore qu’à l’habitude, puisque, malgré l’absence de vent, elle a décidé de se déchaîner contre la grève, redoublant d’efforts à l’assaut du mur de la promenade, comme pour passer contre lui on ne sait quelle colère, multipliant les gerbes à chaque fois que la vague vient se briser contre les rochers. Tu ne sais quelle mauvaise humeur trouble ses eaux inhabituellement boueuses. Au-dessus, un soleil franc plane dans un ciel absolument limpide, que seul le passage d’une mouette vient parfois animer. Tu t’amuses de cet étonnant contraste. Il fait presque chaud, pour une journée de janvier, lorsque, en début d’après-midi, tu te joins aux nombreux passants qui, comme toi, promènent au bord de mer. Chacun contemple le caprice de la mer, cette rage d’éclaboussures et d’écume, cette débauche d’effets et de cris puérils, dans le calme étonnant d’une chaude après-midi d’hiver.

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« Le complexe de l’écrivain » d’Éric Dubois

Quand un poète écrit une nouvelle ou un roman, ça donne toujours quelque chose d’intéressant. Le complexe de l’écrivain, publié à la suite de Paris est une histoire d’amour (dont je vous parlerai une autre fois), aux éditions Unicité en 2022, se lit comme une nouvelle métadiscursive, où le sujet central est le livre même qu’on a entre les mains.

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Lisez mes poèmes en italien

Pour les besoins de l’interview qui aura lieu samedi prochain sur Zoom, à l’invitation d’Emanuela Rizzo, j’ai traduit huit de mes poèmes en italien. Je suis parti, comme base de départ, d’une traduction automatique, et puis j’ai modifié beaucoup, beaucoup de choses, jusqu’à arriver à une traduction qui me satisfasse. Ce n’est certes pas la meilleure méthode, mais c’est la seule qui était compatible avec mon emploi du temps. Je vous laisse juger du résultat.

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