Béatrice Bonhomme, poète et professeur de Littérature française du XXe siècle à l’Université Côte d’Azur, m’adresse cette note de lecture que je m’empresse de partager avec vous, tant elle donne envie de lire l’ouvrage chroniqué. Il s’agit d’un ouvrage intitulé Ma menthe à l’aube mon amante, Correspondance amoureuse entre MarcAlynet Nohad Salameh, aux éditions Pierre Guillaume de Roux.
Les phrases en apparence les plus simples ne sont pas toujours les plus faciles à analyser. Sans nous en rendre compte, nous sommes, dès le plus jeune âge, dotés d’une intuition grammaticale qui nous permet de produire des phrases que nous aurions parfois du mal à analyser correctement. Je vais aujourd’hui faire toutes les remarques nécessaires pour analyser cette phrase très banale : « Il n’y en a pas assez ».
Verhaeren est un très grand poète belge. Voici un poème intitulé « En hiver »…
« Le sol trempé se gerce aux froidures premières, La neige blanche essaime au loin ses duvets blancs, Et met au bord des toits et des chaumes branlants, Des coussinets de laine irisés de lumières.
Que la nouvelle année vous soit douce ! Qu’elle vous apporte joie, bonheur et santé. Merci à tous pour votre intérêt, votre fidélité, vos commentaires. Et à bientôt pour de nouvelles découvertes poétiques et littéraires !
(Image d’en-tête : le Col de Vence sous la neige, photo personnelle)
Depuis plusieurs années, j’aime enseigner les aventures d’Ulysse à mes élèves. J’ai déjà écrit un article à ce sujet, qui présente de façon générale la façon dont je m’y suis pris. Aujourd’hui, je voudrais revenir sur le détail de ce projet, dans le déroulement de chaque séance. J’espère que cela pourra aider des enseignants, mais aussi intéresser un public plus large à la façon dont on peut « faire passer » les grands textes homériques à des enfants.
« NOËL ! paix dans les cieux ! paix à l’enfer dompté ! Paix sur la terre, aux cœurs de bonne volonté ! Premier chaînon d’amour de l’insoluble chaîne Qui joint la terre au ciel, l’ange à la race humaine ! Mystère, enivrement, pardon, trêve à nos maux, Pitié pour les enfants, respect des animaux !! »
Alfred Busquet, La Nuit de Noël (poèmes), Christmas Carol, Librairie nouvelle, 1861, via Wikisource.
Les fins d’année sont une bonne occasion de se retourner pour considérer le trajet accompli. Je vous propose donc de revenir sur les publications de cette année et sur les temps forts qui ont marqué ce blog en 2019.
Cela fait un certain temps que je n’ai pas parlé de langue française. Je voudrais aujourd’hui commenter les paroles d’une chanson que j’ai apprise dans le cadre de la chorale dont je fais partie : en effet, cette chanson du XVIe siècle, intitulée Une jeune fillette, témoigne d’un état passé de la langue.
La revue Nu(e) vient de faire paraître son soixante-dixième numéro. Coordonné par Régis Lefort, il consacre près de trois cents pages à la poète Valérie Rouzeau. En voici une petite recension.
Il y avait une fois une petite fille, pas toujours très sage, dont on ne sait plus si elle s’appelait Mathilde ou Lucette. Elle aimait, comme tous les enfants, à s’amuser, et par-dessus tout, à sauter dans les flaques et à jouer avec la boue. Un soir, la famille s’apprêtait à partir à une importante réception. Ses deux grandes sœurs étaient déjà prêtes, sur le pas de la porte, à monter dans la grande limousine noire. Elles avaient mis leurs plus belles robes et je ne sais combien de rubans dans leurs cheveux, et attendaient leur petite sœur en jouant avec leur smartphone. Mais la cadette demeurait introuvable.
C’est là, où que ses pas l’aient d’abord porté, qu’il finit par se rendre. Dans le dédale de la grande ville, elle lui est un repère. S’il aime à se perdre dans les méandres des rues, c’est qu’il la sait présente par-delà le béton et la grisaille. Elle n’est jamais très loin de ses pas. Elle lui rend supportables la ville et ses rumeurs, ses foules pressées et irascibles, ses cris et ses sirènes. Dans les moments d’incertitude, il s’en vient près d’elle chercher du réconfort. Jamais elle ne se refuse à lui ; jamais elle ne trahit sa confiance. Elle répète pour lui une mélodie douce et rassurante, dans le bercement continu du ressac où se perdent ses pensées. Il se laisse fasciner par ses teintes changeantes, par son bleu plus profond que la nuit, par ses irisations perlées d’écume dans la clarté rayonnante du jour. Il cherche à comprendre comment ses ondulations parviennent à se résoudre en une si parfaite ligne. Il a besoin de ces instants où le regard porte au loin et où il n’y a rien d’autre à faire que de contempler le vide, comme pour s’y perdre, sans vouloir y chercher quelque chose, accueillant simplement ce qui s’y trouve, heureux d’être là, suspendu entre ciel et mer, oublieux de tout, laissant derrière lui l’agitation de la ville, un peu stupide peut-être de se savoir figé devant rien, mais indifférent finalement au regard des autres, puisque seul importe désormais l’infini de la mer, pour quelques secondes encore avant de retourner à l’existence ordinaire, et la sensation d’être parfaitement à sa place, si petit pourtant, mais en accord avec celle qui se déroule et continue de se dérouler devant lui.
Gabriel GROSSI, 5 décembre 2019.
La baie des Anges depuis Antibes (photo personnelle)
« Si tu crois qu’aux enfants seuls siéent les songes je te dirai ce retour d’images brèves qui font d’une vie une éternelle saison qui nous frôle et n’en finit pas d’interroger les forêts
On lâche seulement sur le tard des mots neufs enfermés comme des copeaux légers dans des larmes avides d’épaules »
Barbara Auzou.
Ce beau poème, intitulé « Prolégomènes IV », se lit (presque) d’un seul souffle. Il est à lire sur le blog de Barbara Auzou, dont le titre très durassien est Lire, dit-elle. Allez-y voir !
Je voudrais vous parler aujourd’hui d’un tout petit livre. Dix-sept pages seulement, c’est en effet un bien mince ouvrage. Mais la poésie n’a pas forcément besoin de beaucoup de place… Ce livre, il s’intitule Encre d’une disparue, et il a été publié par Bernard Simeone aux éditions « La Cécilia » en 1990.
Les programmes éducatifs actuels recommandent d’enseigner la géographie en se fondant sur les lieux concrets où habitent et vivent les élèves. Il est dès lors très peu aisé de se fonder sur des manuels nationaux, lesquels s’appuient sur des exemples qui n’ont aucun rapport avec le lieu de vie des élèves. Je voudrais donc proposer aujourd’hui quelques modestes ressources permettant d’enseigner la géographie dans les Alpes-Maritimes. Cela devrait intéresser, outre les professeurs, tous ceux qui ont envie de mieux connaître ce beau département. C’est aussi pour moi une occasion de montrer un autre aspect de mon métier.
Poursuivant ma petite suite d’articles consacrés au courage, thème du Printemps des Poètes 2020, je voudrais vous présenter aujourd’hui Anna Akhmatova, figure majeure de la poésie de langue russe du XXe siècle.
Cette année, je passe la moitié de mon temps dans une classe de maternelle. En début d’année, n’ayant pas encore reçu mes commandes d’albums, j’ai moi-même créé une petite histoire pour mes élèves. Comme ceux-ci découvraient l’école pour la première fois, j’ai voulu parler de la rentrée. Et comme le thème de l’année est la mer, j’ai situé cette petite histoire sous l’océan…
« Tourné attentivement vers ce qui apaise, je me suis résolu à la nuit intacte, mes sens se sont écoulés de moi et le cœur indiciblement en est multiplié. »
Rainer Maria Rilke, Poèmes à la nuit, Verdier, Lagrasse, 1994, p. 61. Traduction de Gabrielle Althen et Jean-Yves Masson.
« Au pied du mur » : c’est par cette expression que commence le recueil En deçà d’Antoine Emaz, paru aux éditions « fourbis » en 1990. Une expression à prendre littéralement et dans tous les sens. Littéralement, parce que le poème parle effectivement d’un mur. Et, bien sûr, le sens de l’expression figée persiste, ajoutant une idée d’une impasse existentielle.
Comment qualifier la poésie d’aujourd’hui ? Répondre à cette question n’a rien d’évident, tant diverse et foisonnante est la poésie contemporaine. Je voudrais par cet article vous permettre d’accéder à cet univers méconnu à travers dix mots-clefs dont je pense qu’ils peuvent aider à la mieux comprendre…