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« L’étoile a pleuré rose au cœur de tes oreilles,
L’infini roulé blanc de ta nuque à tes reins,
La mer a perlé rousse à tes mammes vermeilles,
Et l’Homme saigné noir à ton flanc souverain. »

Arthur Rimbaud, Poésies 1870-1871,
dans Poésies, Une Saison en enfer, Illuminations,
Paris, Gallimard, coll. « folio classique », p. 114.

« Les mots parfois se précipitent.

La page bleuit, s’étale, se déplie, s’allonge, bientôt plus vaste que la mer. Elle se lève et forcit. Elle prend vers le ciel son essor. On voudrait croire alors qu’elle n’est plus ce vain chemin d’encre qui se hasarde vers nulle part, mais le cœur retrouvé de l’amour. »

Jean-Michel Maulpoix, Une histoire de bleu (1992, rééd. 2005),
Paris, Gallimard, coll. « Poésie », III-7, p. 61.

Un poème pour l’automne : Paul Verlaine

En ce jour grisonnant, j’ai eu envie de partager avec vous quelques remarques à propos d’un très célèbre poème de Paul Verlaine. Le poète pouvait-il se douter que sa « Chanson d’automne » connaîtrait le succès que l’on sait, chantée par Brassens, Trenet et Ferré ? Ce poème, extrait des Poëmes saturniens, inscrit dans une série de « paysages tristes », possède des qualités qui justifient pleinement ce succès.

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« Et peut-être la vie d’un homme n’est-elle somme toute que cela : une succession mal définie de naissances et de trépas imaginaires. On se plaît à la concevoir unique et continue, semblable à un fleuve qui s’écoule de sa source vers son embouchure, on lui prête une orientation et un destin, on la dit glorieuse ou maudite, quand elle n’est, en définitive, qu’un tas de papiers froissés, couverts de ratures et de taches. »

Jean-Michel Maulpoix, L’Écrivain imaginaire,
Paris, Mercure de France, 1996, I-1, p. 11-12.

« J’aime que le papillon de nuit fasse preuve d’un souverain mépris à l’égard de nos occupations savantes et choisisse de vivre à l’heure frileuse où les hommes ronflent sur le dos pour la plus grande joie des étoiles moqueuses et de la mort. »

Jean-Michel Maulpoix, La Parole est fragile,
Manier-Mellinette, Imprimerie de Cheyne, Le Chambon sur Lignon, 1981, III-1, p. 27.

« Je me souviens qu’un été récent, alors que je marchais une fois de plus dans la campagne, le mot joie, comme traverse parfois le ciel un oiseau que l’on n’attendait pas et que l’on n’identifie pas aussitôt, m’est passé par l’esprit et m’a donné, lui aussi, de l’étonnement. »

Philippe Jaccottet, « Le mot joie », Pensées sous les nuages,
dans A la lumière d’hiver, suivi de Pensées sous les nuages,
Gallimard, coll. « Poésie », 1994, p. 121.

Victor Hugo : « J’ai mis un bonnet rouge à mon dictionnaire » (solution du jeu)

La semaine dernière, je vous avais proposé un petit jeu, consistant à retrouver la citation qui se cachait derrière une illustration représentant un dictionnaire coiffé d’un bonnet rouge.

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Jeu : À quelle citation ce dessin vous fait-il penser ?

Je vous propose aujourd’hui, où ce blog fête ses trois mois d’existence, un nouveau petit jeu. Je pense qu’il sera un peu plus facile que les précédents. Alors voilà : une citation très célèbre se cache derrière la petite illustration ci-dessous. Saurez-vous la retrouver ?

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Que dire encore ? J’aime le bleu. C’est la couleur des gendarmes, des yeux de maman et des rideaux de ma chambre. Ceux de mon âge, en général, préfèrent le rouge. Mais c’est ainsi, j’ai le goût du grand large et de la maréchaussée.

Jean-Michel Maulpoix, Journal d’un enfant sage,
Paris, Mercure de France, 2010, p. 21.

Les olives de Francis Ponge (solution du jeu)

La semaine dernière, je vous proposais de deviner quel auteur avait bien pu parler d’olives « vertes, vâtres, noires ». Il s’agissait de Francis Ponge, ce poète du vingtième siècle amoureux des mots et des choses…

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Jeu : quel est l’auteur de cette citation ?

Bonjour à tous !

Vous avez été assez nombreux et nombreuses à avoir apprécié mon petit jeu de la dernière fois, où il s’agissait de s’approcher au plus près de la date de publication d’un propos extrait des Aventures de Télémaque de Fénelon. Du coup, je récidive avec un nouveau jeu et une nouvelle citation.

Qui, selon vous, a-t-il parlé d’ « olives vertes, vâtres, noires » ? A défaut, sauriez-vous préciser l’époque ? Le genre poétique ?

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Fénelon, lecteur critique de son époque

Il ne se passe pas une saison sans qu’elle ne soit accompagnée d’un flot de nouveautés, que l’on parle de mode vestimentaire, de stars télévisuelles, d’applications téléphoniques, ou que sais-je encore. Il semble donc que nous pourrions faire nôtre cette citation, que je vous proposais il y a quelques jours :

« […] ce sont tous les jours de nouvelles nécessités qu’on invente, et on ne peut plus se passer des choses qu’on ne connaissait point trente ans auparavant. »

Il est temps de vous livrer la solution de ce petit jeu ! Contrairement à ce à quoi l’on pourrait s’attendre, un tel propos est loin d’être récent, puisque cette phrase est extraite des Aventures de Télémaque, de Fénelon, de son nom complet François de Salignac de La Mothe-Fénelon, parues en 1699…

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