Archives du mot-clé Jean-Michel Maulpoix

Jean-Michel Maulpoix a récemment publié Les 100 mots de la poésie. Cet ouvrage, utile à tous ceux, néophytes ou connaisseurs, qui s’intéressent à la poésie, est paru dans la fameuse collection « Que sais-je ? » fondée par Paul Angoulvent. À cette occasion, j’avais rédigé un petit billet où je disais tout le bien que je pensais de ce livre. Celui-ci vient d’être recommandé par les éditions « Que sais-je ». Qu’il me soit ici permis de les remercier de donner ainsi de l’écho à mon blog.

► Voir la page du site de la collection « Que sais-je ? » qui évoque mon blog.
► Voir mon article consacré aux 100 mots de la poésie de Jean-Michel Maulpoix.

Un dictionnaire amoureux de la poésie

Définir la poésie est une entreprise interminable, tant il est vrai qu’elle excède toujours ce qui pourrait la circonscrire. Elle n’est réductible ni à une forme, ni à un genre, ni même à un ton ou des thèmes particuliers. Aussi la meilleure façon d’aborder la poésie est-elle encore d’en lire, de toutes époques et de toutes formes, ou même, mieux encore, d’en écrire. Jean-Michel Maulpoix vient de publier, en mars dernier, un petit ouvrage intitulé Les 100 mots de la poésie, dans la célèbre collection « Que sais-je ? » des Presses Universitaires de France. Un livre précieux pour tous ceux qui voudraient découvrir la poésie moderne et contemporaine.

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D’une inquiétude contemporaine

La poésie française contemporaine me semble profondément marquée par une certaine inquiétude, parfois exprimée de façon très vive, parfois de façon plus diffuse. Cette notion, qui faisait partie des concepts centraux de ma thèse de doctorat, peut s’appliquer, moyennant des différences qu’il ne s’agit pas de gommer, chez un grand nombre de poètes contemporains. Je voudrais donc insister aujourd’hui sur cette notion.

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Jean-Michel Maulpoix :

« Il reste tout là-haut de vieilles neiges perchées que l’on dit éternelles. Elles font briller les sommets de la montagne comme des pâtisseries recouvertes de sucre glace. Tard, elles restent allumées le soir, quand la vallée est déjà plongée depuis longtemps dans la pénombre. Il se pourrait qu’y veille un dieu chagrin et insomniaque dont cette lueur blanche éclaire le grimoire en qui il va chercher l’oubli des laideurs d’en bas. »

Jean-Michel Maulpoix, Pas sur la neige,
Paris, Mercure de France, 2004, p. 96.

Poésie, poétique et poéthique

Un ami me demande de préciser la différence entre poétique et poéthique. C’est l’occasion de revenir sur un article antérieur de ce blog, où je présentais cette notion, et d’approfondir un peu cette réflexion, qui en effet est essentielle dès lors que l’on s’intéresse à la poésie contemporaine.

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La neige dans la poésie contemporaine

Parmi les nombreux thèmes et motifs qui parcourent la poésie contemporaine, il en est un qui, au premier abord, passe peut-être un peu inaperçu, mais qui se retrouve, de loin en loin, dans un nombre important de recueils, et qui constitue même l’objet central de plusieurs ouvrages : il s’agit du motif de la neige

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La poésie en couleurs : Jean-Michel Maulpoix

Je viens de découvrir, en naviguant sur le site Arbre à lettres, un poème de Jean-Michel Maulpoix que je ne connaissais pas. Il touche à un aspect important de l’œuvre du poète, puisqu’il y est question de couleurs. Il s’intitule « la couleur du poème ». S’il est impossible de ne pas y voir une allusion aux « Voyelles » de Rimbaud, il évoque aussi certaines pages d’Une histoire de bleu, le plus célèbre recueil du poète. Voici donc le poème…

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Dix bonnes raisons de lire Maulpoix

Jean-Michel Maulpoix est l’auteur de ce blog auquel j’ai consacré le plus grand nombre d’articles. Il n’y a rien d’étonnant à cela, vu que c’est un très grand poète contemporain, que j’admire au point de lui avoir consacré ma thèse de doctorat. Je voudrais à mon tour vous faire aimer ce poète. J’ai donc sélectionné dix bonnes raisons de lire ses ouvrages.

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Jean-Michel Maulpoix (Wikipédia)

Je contemple dans le langage le bleu du ciel.

Les mots ne me seraient d’aucun prix s’ils se résignaient à nommer ou décrire ce qui est, au lieu de se précipiter vers ce qui n’est pas. Leur aveuglement convient à l’irréductible rêveur que je suis. Ils ont leur manière propre de dissiper le mystère en l’aggravant et de ne rien me donner à voir dont ils n’aient tout d’abord déformé les traits. Je sais leurs tromperies et m’y suis résigné. Je ne compte plus m’approprier ce que je nomme : il me suffit d’esquisser le geste de le toucher des mains. Ne fût-ce que pour en aviver la douleur, je concède au langage le soin de courtiser l’impossible. Jamais l’écriture n’est trop riche de désirs ni de mensonges pour fait de ses masques un usage tragique. Sachant sa vanité, il n’y renonce point mais la cultive comme un poison. Dès lors, rien ne l’obsède davantage que cette duplicité à quoi il reconnaît qu’il est en passe de devenir un homme. »

Jean-Michel Maulpoix, Une histoire de bleu (1992),
Paris, Gallimard, coll. « Poésie », 2005, p. 107.

« Chacun n’est après tout que la forme nouvelle d’une question toujours posée, et manière singulière de tenter d’y répondre aussi bien que de l’oublier, avec des jeux, des cris, des tâches, des en allées et des retours, des bains et des éclaboussures, sur la plage, en été, près du bleu qui gonfle et qui remue. »

(Jean-Michel Maulpoix, Une histoire de bleu, suivi de L’instinct de ciel,
Paris, Gallimard, coll. « Poésie », 2005, p. 148-149)

Maulpoix en 20 citations

Comme vous le savez peut-être, j’aime la poésie de Jean-Michel Maulpoix. La fluidité de sa prose, la justesse de ses mots, le rythme de ses phrases m’ont particulièrement ému. Le poète a su, d’un recueil à l’autre, construire une œuvre cohérente, dotée d’une indéniable unité, et, cependant, faire preuve d’un constant renouvellement, qui rend chaque livre unique en son genre. Deux ans après la soutenance de ma thèse sur cet auteur, voici les citations qui me restent en tête

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« L’hirondelle rouge » de Jean-Michel Maulpoix (à paraître)

En février prochain, paraîtra, aux éditions du Mercure de France, un nouveau recueil de Jean-Michel Maulpoix, intitulé L’hirondelle rouge. Il s’agit, pour une part, mais pour une part seulement, d’un « livre de deuil », pour reprendre l’expression employée par Philippe Jaccottet à propos de certains de ses propres ouvrages. Quelques remarques (il y aurait tant à dire !) sur ce nouveau livre…

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« Doucement, tombent les premiers flocons, très espacés, très lents : des épluchures de ciel.

— Qui donc, là haut, débarrasse la table, jette par la fenêtre la nappe blanche du dimanche, néglige à ce point les couverts d’argent et fait tomber le sucre en poudre et les miettes de pain sur la terre ? »

Jean-Michel Maulpoix, Pas sur la neige,
Paris, Mercure de France, 2004, pp. 33-34.

Un recueil pour l’hiver : Pas sur la neige

L’hiver approche, et avec lui, tant d’images de blancheur et de froidure, de veillées près de la cheminée, d’arbres dénudés… Ces images sont si stéréotypées, qu’on peut se demander comment les poètes contemporains parviennent à renouveler l’imaginaire de l’hiver. En effet, la thématique des saisons apparaît comme un motif traditionnel, rendant d’autant plus difficile son traitement. Alors, comment les poètes contemporains traitent-ils le thème de l’hiver ? C’est ce que je vous propose de découvrir avec une série d’articles, à travers lesquels je présenterai à chaque fois un recueil dont le thème central est l’hiver. Aujourd’hui, je vous présente Pas sur la neige de Jean-Michel Maulpoix.

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« Une fringale de papier me surprend en automne. J’écris tandis que tombent les feuilles. Le ciel se tasse, il craque quand on marche dessus. Ni fontaine fraîche, ni petites lèvres végétales, ni langues agiles, ni voix d’oracle, ni couvert secret des couvées : mon arbre est le monument de l’absence, une croix griffée à l’encre noire sur l’horizon vide. Écrire accompagne sa douleur.

Les feuilles tombées ressemblent aux ailes des papillons. Séchées entre les pages d’un livre, ce sont de petits buvards silencieux. La mémoire immobile de l’envol. »

Jean-Michel Maulpoix, Emondes, Solaire, 1981, p. 44.