Archives du mot-clé poésie


« Neige danse vent dans les feuilles
Ce mouvement sans fin des herbes
Cette en-allée que rien ne peut rompre
Une beauté nue que la main ne peut prendre »

Laurence Chaudouët, La Grâce ou l’Oubli, Les Presses Littéraires, coll. « Florilège », 2020.
Prix de poésie 2020 « Yolaine et Stephen Blanchard »

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« Sensation » de Rimbaud

Je vous l’accorde, il n’y a rien de très original à déclarer aimer « Sensation » de Rimbaud, dans la mesure où il s’agit de l’un de ses poèmes les plus célèbres. De fait, vous en trouverez déjà de nombreux commentaires. Aussi, je voudrais vous proposer ce soir rien de plus qu’une lecture personnelle de ces vers incontestablement sublimes.

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« Les horloges » de Verhaeren

Je voudrais vous présenter aujourd’hui un poème que je connais depuis l’enfance, puisque mon père, instituteur, avait l’habitude de l’enseigner à ses élèves, en leur proposant de chercher des variations d’intonation et des bruitages susceptibles d’en souligner le sens. J’ai ensuite redécouvert ce poème en khâgne où j’ai dû en proposer un commentaire composé. Il est du poète belge Verhaeren, et je le cite à partir de l’édition des Poèmes parue en 1895 aux éditions du Mercure de France, telle que retranscrite par Wikisource.

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« Brumes et pluies » de Charles Baudelaire

Je commentais il y a quelque temps le « Soir d’octobre » de Paul Verlaine, où le poète faisait l’éloge de cette saison pourtant froide et humide. Je voudrais aujourd’hui rester dans le même ton en vous invitant à découvrir « Brumes et pluies », un poème de Charles Baudelaire extrait des Fleurs du Mal.

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Des poèmes qui font du bien

C’est peu dire que nous vivons une période anxiogène. Une pandémie qui dure et ne faiblit pas, des violences et des assassinats, des catastrophes naturelles… Sans doute importe-t-il de se préserver un peu. Pourquoi ne se détournerait-on pas, pour un temps, des nouvelles angoissantes des journaux télévisés, pour découvrir quelques poèmes ? La lecture de poésie peut-elle faire du bien ? Un peu de beauté dans ce monde de brutes !

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« Anatomie du poète » de J.-M. Maulpoix

C’est une bien curieuse question qui ouvre le tout dernier essai de Jean-Michel Maulpoix : « De quoi est-ce donc fait, un poète ? » Par-delà sa simplicité apparente, la notion même de « poète » est bien moins anodine qu’il ne paraît : être biographique réel, mais aussi sujet d’encre et de mots, le poète est un être composite. Jean-Michel Maulpoix se fait donc anatomiste, et entreprend de disséquer cet être étrange qu’est le poète…

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Citation du jour : le cochon de Valérie Rouzeau

Je vous propose aujourd’hui de découvrir un poème de Valérie Rouzeau. Née en 1967 dans la Nièvre, elle est connue tant pour son travail de traductrice que pour son œuvre poétique, riche à ce jour de nombreux recueils. Elle a écrit des chansons pour le groupe Indochine. Son œuvre a récemment fait l’objet d’un numéro de la revue Nu(e). Le poème ci-dessous est extrait de l’un des recueils les plus récents de la poète, Sens averse, paru en 2018 aux éditions de La Table Ronde.

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La Fontaine : « L’Aigle et l’Escarbot »

Inutile de présenter les Fables de La Fontaine, qui sont sans doute l’un des recueils de poésie les plus connus de la langue française. Celles-ci doivent sans doute leur succès à leur caractère plaisant : la mise en scène d’animaux et la dimension morale ont séduit des générations d’enseignants, qui à leur tour les ont fait connaître à leurs élèves. Cela ne doit pas faire oublier que les Fables n’étaient pas, au départ, destinées au divertissement de la jeunesse, mais à celui de la Cour de Louis XIV. Inspirées d’Ésope, ces Fables témoignent du goût de la Cour pour les humanités classiques. Elles plaisaient aussi par leur façon détournée de pointer les vices des hommes de ce temps. Aujourd’hui, je vous parle de « L’Aigle et l’Escarbot ».

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Patrick Joquel et les mois de l’année

Je viens de découvrir, via les réseaux sociaux, un joli petit poème sur les mois de l’année. Il est de Patrick Joquel, et il est diffusé sur son site Internet. Il peut faire écho à la dernière « Citation du jour », consacrée au poème « Septembre » de François Coppée. Il se prête bien, également, à une étude en classe, en particulier en cycles 1 et 2. Je me permets donc de vous en indiquer le lien, en espérant que vous l’apprécierez.

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« Le voyageur à son retour » au format poche

Jean-Michel Maulpoix (Wikipédia)

Je viens d’apprendre par Jean-Michel Maulpoix la réédition de l’un de ses recueils au format de poche. Celle-ci sera disponible le 3 septembre 2020. Le Voyageur à son retour était initialement publié aux éditions du Passeur en 2016. Le poète en avait lu quelques extraits à l’issue de la soutenance de ma thèse sur son œuvre, en janvier 2015. Je présentais dans un article précédent ce beau recueil nostalgique, qui se distingue des autres ouvrages par la présence d’une « chambre d’échos » où d’autres voix étaient invitées à résonner avec celle du poète. Jean-Michel Maulpoix m’a fait l’honneur d’inclure la mienne sur son site Internet. Désormais, grâce à cette réédition, vous pourrez emporter ce livre partout avec vous.

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De la poésie sous un tilleul

Ces derniers jours, la poésie était à l’honneur à Aiglun, paisible village de la vallée de l’Estéron, perché sur un promontoire surplombant la rivière et sa belle clue. Au terme d’une route étroite et sinueuse, on arrive en vue de ce village typique de l’arrière-pays grassois. C’était au-dessus de la place centrale, à proximité du lavoir et sous l’ombre rafraîchissante d’un tilleul, que les poètes s’étaient donné rendez-vous, sur l’invitation de Patrick Quillier, poète et professeur à l’Université de Nice, dans le cadre des « Rencontres poétiques d’Aiglun », co-organisées par la mairie et par l’association « Aigo Luno ».

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La poésie s’est mariée avec les étoiles

Texte personnel

Je vous avais annoncé, il y a quelques jours, la tenue de « Rencontres de paroles » dans le village d’Aiglun, organisées par la mairie d’Aiglun et l’association Aigo Luno. J’ai été invité à y lire quelques-uns de mes poèmes. Voici celui que j’ai spécialement rédigé pour l’occasion : un slam sur la poésie et les étoiles. Un grand merci à Patrick Quillier, professeur et poète, pour son engagement à faire vivre la poésie.

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Poésie et désir

Alors même que les manifestations liées au Printemps des Poètes 2020 sur le thème du courage ont été très perturbées par la pandémie (et sans doute souvent annulées), le thème de l’édition 2021 est désormais connu : il s’agira du désir. Voici donc, dès à présent, quelques réflexions sur ce thème…

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Liturgie hellénique (texte personnel)

Je voudrais vous proposer aujourd’hui un poème que j’ai écrit en février 2005. Il s’agit de poésie sonore, qui ne signifie absolument rien, mais qui cherche à produire l’effet d’une incantation en grec ancien. Il faut imaginer ces mots prononcés dans l’obscurité d’un temple, psalmodiés par un prêtre ou une pythie…

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Élitiste, la poésie contemporaine ?

C’est un fait : les ventes de poésie sont dérisoires à côté de celles du roman. Et il n’est pas rare de rencontrer des personnes qui, bien que plutôt cultivées par ailleurs, seraient bien en peine de nommer ne fût-ce qu’un seul poète vivant. Est-ce à dire que la poésie contemporaine serait trop élitiste ? C’est en tout cas le ressenti de plusieurs lecteurs de ce blog, qui m’ont témoigné de leur difficulté à réellement apprécier certains poèmes. Plutôt que de me contenter de répondre de façon personnelle, j’ai posé la question sur les réseaux sociaux, à de nombreux spécialistes et passionnés de poésie. Voici ce qu’il ressort de tout cela.

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« Hopkins forest » d’Yves Bonnefoy

Depuis les années cinquante jusqu’à sa mort en 2016, Yves Bonnefoy n’aura eu de cesse de poursuivre l’idéal d’une poésie tout à la fois simple et authentique. En 1991, il publie le très beau recueil intitulé Début et fin de la neige, où c’est avec une grande sobriété et une économie de moyens qu’il dit cette réalité insaisissable de la neige. Le poème intitulé « Hopkins forest » est précédé de deux sections où la neige apparaît tout à la fois ordinaire et extraordinaire, inscrivant la possibilité d’un émerveillement au sein même du quotidien. La troisième section, en vers libres comme les précédentes, est centrée sur un lieu, cette « forêt de Hopkins » qui semble située « entre Princeton Junction et Newark », aux États-Unis d’Amérique.

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