Archives du mot-clé poésie

Griffonnages d’enfant

« Mon péché
— et qui de nous fut sans péché —
j’ai continué de croire au bleu du ciel
de voir les arbres, les étoiles, les nuages comme des amis […] »

Nizar Kabbani, « Griffonnages d’enfant », Femmes, Arfuyen, trad. Vénus Koury-Ghata,
cité d’après Farouk Mardam-Bey, Rachid Koraïchi, Abdallah Akkar, La Poésie arabe,
Petite anthologie
, Mango Jeunesse, Album Dada, 1999.

Qu’est-ce que le « lyrisme critique » ?

Le lyrisme critique, également parfois appelé nouveau lyrisme, est une tendance poétique née dans les années quatre-vingts en France, ensuite théorisée notamment par Jean-Michel Maulpoix à travers des essais tels que Du Lyrisme et Pour un lyrisme critique.

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Jeu du nouvel an : les surréalistes

Pour bien commencer l’année, rien de tel qu’un petit jeu amusant. Alors, à l’occasion du nouvel an, je vous propose un quiz, que j’ai réalisé sur le site JetPunk. Saurez-vous retrouver, en moins de cinq minutes, les noms de onze poètes français surréalistes ? Attention, le chrono tourne !

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« Et le beau corps de la chair
Un bleu interrompu de quelques tirets d’or
Ou son entracte parmi les aromates
Car la mer chante où un nageur s’épanche
La transparence et la rotonde
Sans nul appui devant la corde du silence
Et la péripétie s’isole
Quelque regard vacant se rappelle un baiser
Dans une tâche d’ombre ornée par le rivage
Quand le soleil parfait a dissipé l’émoi »

Gabrielle Althen, La raison aimante, Sud, Marseille, 1985, p. 19.

Comment se repérer dans la poésie contemporaine ?

La poésie contemporaine est un continent aussi vaste qu’il est méconnu. Rarement placé à la lumière des projecteurs médiatiques, il demeure en retrait de l’actualité, fût-elle littéraire. Il s’agit pourtant d’un monde bien vivant, rythmé par des dizaines de publications annuelles, qui connaît un succès à son échelle, et qui mériterait d’être davantage connu. Pour vous aider à vous y repérer, je vous propose quelques (modestes) jalons.

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Jeu : Saurez-vous reconnaître ce poème ?

Je vous propose aujourd’hui un petit jeu. Vous trouverez ci-dessous un poème très célèbre. Mais voilà ! Il est passé à la moulinette du logiciel « Iramuteq« . Du coup, les mots grammaticaux ont disparu, et les autres ont été rangés dans l’ordre alphabétique sous leur forme canonique (masculin singulier pour les noms et adjectifs, infinitif pour les verbes). Saurez-vous, malgré tout, reconnaître ce poème ? C’est à vous de jouer ! Réponse dans une semaine !

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La revue Nu(e) célèbre Andrea Zanzotto

La revue Nu(e), fondée par Béatrice Bonhomme et Hervé Bosio, centre chacun de ses numéros sur un poète (ou, parfois, un plasticien) contemporain. Le prochain numéro de la revue sera consacré au poète contemporain Andrea Zanzotto, présenté comme l’un des plus grands poètes italiens de notre temps. A cette occasion, la revue organise une souscription.

Le poème d’à côté : Charles Baudelaire

On ne cite pas souvent le poème de Baudelaire intitulé « L’homme et la mer », quatorzième poème des Fleurs du mal, qui se trouve non loin du sonnet très connu de « La vie antérieure ». Voilà donc un choix tout trouvé pour notre rubrique « Le poème d’à côté ». Laissons donc la parole à Baudelaire…

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« Que j’aime le premier frisson d’hiver ! le chaume,
Sous le pied du chasseur, refusant de ployer !
Quand vient la pie aux champs que le foin vert embaume,
Au fond du vieux château s’éveille le foyer ;

C’est le temps de la ville. — Oh ! lorsque l’an dernier
J’y revins, que je vis ce bon Louvre et son dôme,
Paris et sa fumée, et tout ce beau royaume
(J’entends encore au vent les postillons crier),

Que j’aimais ce temps gris, ces passants et la Seine
Sous ses mille falots assise en souveraine !
J’allais revoir l’hiver. — Et toi, ma vie, et toi !

Oh ! dans tes longs regards j’allais tremper mon âme ;
Je saluais tes murs. — Car, qui m’eût dit, madame,
Que votre cœur sitôt avait changé pour moi ? »

Alfred de Musset, « Sonnet », Premières poésies 1829-1835,
Paris, Charpentier, 1890.

René Depestre est un poète haïtien, à propos duquel va paraître un ouvrage collectif, aux éditions Hermann, dirigé par Béatrice Bonhomme et Marie Jocqueviel-Bourjea. Les auteures évoquent une œuvre « abondante et multiforme », indissociable de la vie elle-même de l’écrivain. Cet ouvrage, à paraître le 4 décembre prochain, comptera 358 pages consacrées à cette « oeuvre-vie ».

Quiz de l’automne

Voici venues les vacances et, avec elles, notre petit quiz de l’automne. J’espère que vous y prendrez du plaisir !

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Merci pour votre réponse. ✨

J’espère que ce petit jeu vous a plu. N’hésitez pas à donner vos impressions dans l’espace réservé aux commentaires !

Reblogué : « Et moi maintenant (Philippe Jaccottet) »

L’un de mes poèmes préférés de Jaccottet, cité sur le blog « Arbres à lettres »…

Arbrealettres


Carry Akroyd_pink_river

Et moi maintenant tout entier dans la cascade céleste,
de haut en bas couché dans la chevelure de l’air
ici, l’égal des feuilles les plus lumineuses,
suspendu à peine moins haut que la buse,
regardant,
écoutant
(et les papillons sont autant de flammes perdues,
les montagnes autant de fumées) —
un instant, d’embrasser le cercle entier du ciel
autour de moi, j’y crois la mort comprise.

Je ne vois presque plus rien que la lumière,
les cris d’oiseaux lointains en sont les noeuds,

toute la montagne du jour est allumée,

elle ne me surplombe plus,

elle m’enflamme.

(Philippe Jaccottet)

Illustration: Carry Akroyd

Voir l’article original

« Écrire fait tomber dans la chambre quelques chutes de pluie fine. Cette eau n’est d’abord qu’un désir, la perpétuation d’un transparent rapport avec le vide, ou le sentiment d’étrangeté attaché au simple fait d’être là, lorsque l’existence déliée s’éprouve d’elle-même toute seule, telle quelle, injustifiée, limpide et stupéfaite. »

Jean-Michel Maulpoix, Chutes de pluie fine, Paris, Mercure de France, 2002, p. 158.

Connaissez-vous François Jacqmin ?

C’est assurément un poète qui mérite d’être connu. François Jacqmin (1929-1992), que j’ai découvert grâce au chercheur Gérald Purnelle, propose dans Le livre de la neige une poésie méditative, circonspecte à l’égard des pouvoirs du langage, toute attachée à dire l’expérience de la neige. C’est une suite de poèmes relativement brefs, de dix vers chacun, où tout artifice poétique semble avoir voulu être gommé : ni rimes, ni isométrie, peu d’images, un « je » discret. Ne reste que l’essentiel.

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Le poème d’à côté : Stéphane Mallarmé

Aujourd’hui, au sommaire de cette rubrique « Le poème d’à côté » consacrée à un poème qui précède ou qui suit immédiatement un poème très célèbre, je vous propose de vous parler de Mallarmé. Vous connaissez sans doute le poème intitulé « Brise marine » (« La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres », ça ne vous dit rien ?). Eh bien, tournons la page, et voyons ce qu’il y a derrière…

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Un poème contemporain : les Gestes de la neige de Béatrice Bonhomme

Poète et professeur de littérature à Nice, Béatrice Bonhomme est l’auteur de nombreux recueils poétiques. Celui dont je voudrais vous parler aujourd’hui s’intitule Les Gestes de la neige, publié en 1998 aux éditions L’Amourier, sises à Coaraze.

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