Il pleut ce matin sur le Pool Malebo
Dans le vrombissement des pirogues et des motos
Dans les rires d'enfants autour d'une flaque d'eau
De la rumba grésille d'un vieux poste de radio
Il pleut ce matin sur le Pool Malebo
Il pleut ce matin sur ce bras du Congo
La vendeuse au coin de la rue
Remue de sa spatule
La bouillie de maïs, de mil ou de sorgho
Il pleut sur ce bras du Congo
On klaxonne ce matin dans les rues de Kinshasa
On vend à la criée du pain et des beignets
On marchande aux fenêtres des taxis
Le français se mêle au lingala
Dans les rues animées de Kinshasa
Dans la chaleur moite du marché Zando
On serpente entre les étals
On soupèse, on se hèle, on crie, on négocie
On s’échange le manioc et le poisson fumé
Dans les clameurs chaudes du marché Zando
Ça bat, ça bouge, ça bout, ça bruit,
Ça chante, ça danse, ça crie, ça jouit,
Ça échange, ça parle, ça bavarde, ça rit,
Ça aime, ça bosse, ça peine, ça vit,
Ça bouge, ça respire, ça partage, ça dit.
Ici tout revient, tout converge,
Les voix baignées de fleuve,
Les mots trempés de pluie,
Les chants chargés de nostalgie,
Ici tout revient, tout converge,
La poésie ce matin
Habite dans le bassin
Du Congo.
(C) Gabriel Grossi – Tous droits réservés
Image d’en-tête générée par IA
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Y a plus qu’à le « chanter » avec Bruno !
Musique !!
« Nous sommes les hommes de la danse, dont les pieds / reprennent vigueur en frappant le sol dur . »
L. S Senghor, « Prière aux masques »
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Gabriel
Très beau poème.
Bravo.
Tu grandis chaque jour un peu plus en poésie.
Félicitations
Daniel
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