Archives pour la catégorie Texte personnel

Vous trouverez ici les poèmes et les textes dont je suis moi-même l’auteur, en espérant qu’ils trouveront votre agrément.

Concordance : vos ressentis sur mon recueil

Cela va faire bientôt deux ans que mon premier recueil, Concordance, est paru. Je voudrais recenser ici les merveilleux messages que j’ai reçus depuis sa parution, et qui vous donneront peut-être envie de le lire. Je vous rappelle que vous pouvez le commander très facilement sur Amazon.

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Une anthologie serbe et niçoise

C’est un beau projet qui s’est concrétisé, grâce à Boris Lazić, enseignant-chercheur membre du CTELA (Université de Nice), traducteur et spécialiste de littérature comparée, et Natalia Bundalo Mikić. L’éditeur Nenad Saponja, président de la Société des gens de lettres de Novi Sad, en Voïvodine (Serbie), lui a proposé de présenter, dans une anthologie bilingue, 20 poètes niçois et 20 poètes novosadiens. Le projet est soutenu par la ville de Novi Sad, capitale européenne de la culture.

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Pas de miracle (notes)

Il n’y a pas de grand secret, pas de recette miraculeuse, pas de mystère à déchiffrer, de solution à trouver, d’énigme à percer. Rien que tu n’aies déjà entre les mains. Tout est déjà là. Il n’y a pas de problème à résoudre : il faut juste cesser de voir les choses comme un problème. Tout est là, tout est bien.

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Grabuge n°2 : la Hargne

Ça va faire du bruit. Ce sera sauvage et libre. La poésie, ce soir, est une lionne, une panthère, une fauve. Ce soir, la poésie va sortir du petit sillon bien ordonné des vers. Le poème va rugir la vie. Le poème halète, il glapit, il hurle. Avec hargne.

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Qu’est-ce qu’un doctorat en littérature ?

Dans le langage courant, on assimile fréquemment le docteur et le médecin. Pourtant, le diplôme du doctorat existe dans toutes les disciplines universitaires, y compris, bien entendu, dans le domaine des lettres.

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Deux de mes haïkus traduits en chinois

Elizabeth Guyon-Spennato m’a fait une belle surprise aujourd’hui. Elle a choisi deux de mes « Haïkus d’été », publiés dans mon recueil Concordance, et elle les a traduits en chinois mandarin, puis déclamés sur les réseaux sociaux.

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Quatre histoires qui se ressemblent trop

Cette suite de poèmes dénonce la multiplication des guet-apens homophobes qui ont eu lieu ces derniers jours. En l’espace de seulement quelques jours, la presse a rapporté plusieurs histoires tristement semblables, d’une violence insupportable. Ces poèmes sont là pour le rappeler. Ils s’inscriront au sein de mon prochain recueil.

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La revue Nu(e) consacre un dossier à mon recueil

Je dois vous faire part aujourd’hui d’une immense joie. Le quatre-vingt-quatrième numéro de la revue Nu(e) vient de paraître, et je fais partie des quatre poètes qui y sont présentés, avec Françoise Delorme, Patrick Quillier et Marie Joqueviel. Je vous parlerai prochainement de ces trois poètes que je connais tous plus ou moins, dont je possède certains recueils et que j’apprécie beaucoup. Il faudra que je prenne le temps de lire attentivement leurs dossiers respectifs, mais je voulais dès aujourd’hui vous dire ma joie et mon bonheur.

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Quels professeurs vous ont-ils le plus influencé ?

On me pose aujourd’hui une belle question à laquelle je vais prendre beaucoup de plaisir à répondre. La question était formulée au singulier, mais je ne peux répondre qu’au pluriel. Il n’y a pas une figure unique qui aurait été absolument décisive pour moi, mais un ensemble de professeurs auxquels je voudrais rendre hommage. Tous les professeurs que j’ai eus ont contribué à ma formation, et il en est quelques-uns qui m’ont profondément marqué.

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Rainbow flag voyelles

A rouge, E orange, I jaune, O vert, U bleu, Y violet,
Voyelles, vous avez désormais des couleurs pailletées,
A, rouge bouche ouverte, langue pourpre,
Sang de nos pères, de nos frères, victimes de stupre.

E, orange comme la Terre, version acidulée du fruit défendu,
Couleur de soleil dans nos cœurs perdus.
I, jaune acide, cri strident, peur panique,
Jaune intense, sensations excentriques.

O vert, ronde fraternelle, liens solidaires,
Nature généreuse, orifices légendaires,
U, bleus les coups reçus,
La peur et la honte, les espoirs déçus.

Et voici le mâle Y grec, fourche violette,
Fierté farouche de nos cœurs de midinette,
Virilité dressée de courage revendiqué,
Y, lettre phallique de notre gaieté.

Voyelles, dansez sous la pluie, mélangez
Les couleurs de l’arc-en-ciel fabuleux,
Marchez avec nous sur la Promenade des Anglais,
Dans un grand élan fier, solidaire et généreux.

Ajoutez-y bien sûr quelques consonnes,
L, grandes ailes de nos sœurs lesbiennes,
Suivies du G, lui aussi grand oiseau coloré,
Unis dans la joie, la gaieté, les peines,
Puis les deux boucles du B au front doré,
Enfin le T, de liberté, de fierté, d’identité,
Et bien sûr le + pour n’oublier personne.

Voyelles, consonnes,
Marchez, dansez sous notre drapeau,
Somewhere over the rainbow.

Gabriel GROSSI

24/04/24

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La porte bleue

C’est une porte de bois, d’un beau bleu roi, ornée de métal, une porte à l’ancienne avec son gros heurtoir noir. N’ouvrant sur rien, sinon le vide, surplombant la mer et l’horizon infini. Une porte impossible à franchir, sauf à tomber de plus de deux mètres avant d’atteindre les galets. Simplement offerte à l’imaginaire, invitant à la rêverie. N’ouvrant sur rien, ne fermant pas davantage, mais donnant envie, par sa présence même, de la franchir. À quelle autre dimension accéderait celui qui en aurait la clef ? Car c’est bien cela qu’elle suggère. Il n’est pas de promeneur qui n’ait imaginé un monde derrière cette porte. Chacun a rêvé son univers, sa conception personnelle du paradis, son idée particulière du bonheur. Cette porte nous interroge : que voudrions-nous trouver derrière ? Que désirons-nous vraiment ? De quoi avons-nous besoin pour être heureux ? Quelle forme donnerions-nous au manque qui nous constitue ? Cette porte n’est pas magique, elle n’en a pas besoin, puisqu’il suffit qu’elle soit là pour que nous nous posions les bonnes questions. Elle nous rappelle à l’infini de l’horizon, comme un doigt pointé sur l’énigme. Bien vite, le promeneur reprend sa marche, retrouvant le fil de ses préoccupations quotidiennes, sa liste de tâches et d’obligations toutes plus urgentes les unes que les autres, ayant tôt fait d’oublier la porte bleue. Peut-être aura-t-elle malgré tout fait germer l’idée d’autre chose, d’un plus grand bonheur à trouver.

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Ce siècle

Ce poème fait suite à « Être humain » et à « Aire » qui sont sur le même thème, à savoir l’anachronisme d’un siècle prétendument moderne, et le désarroi généralisé de notre époque. Le premier m’est venu en lisant et en côtoyant Laurence Vielle lors d’un précédent festival Poët Poët. Le second est assez nettement inspiré par Apollinaire. On reconnaîtra aisément que ce troisième poème s’est nourri de la lecture de Claude Ber, avec la reprise d’un procédé (la répétition), mais une finalité différente. Ces trois poèmes formeront une manière de triptyque. J’espère que vous aimerez ce poème !

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Saynètes de quai de gare

Mon amie Magali, qui dirige le Centre Culturel de Cagnes-sur-Mer, m’a demandé d’écrire sur le thème du train, pour son atelier de théâtre pour ados. Je me suis pris au jeu, et j’ai imaginé une suite de sept sketches, assez simples, suffisamment abordables pour des enfants, et qui se veulent drôles pour certains, tendres et poétiques pour d’autres. Ils sont entrecoupés d’intersketches où il sera davantage possible de jouer sur la gestuelle, le mime, la danse. Tout ceci est révisable et modifiable, car j’aurai sans doute d’autres idées au fur et à mesure. Bonne lecture !

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Du néon aux étoiles (1) : coming out day

Je n’avais pas pensé que je pleurerais. Je n’avais pas anticipé cela. Se retrouver un peu bête, au téléphone, en ne pouvant parler. À cet ami, avec lequel j’avais décidé de commencer, avant le grand pas, avant la famille. Dire ces mots-là, enfin. Les laisser sortir. Dire, pour la première fois, à voix haute, à un ami, au téléphone, je suis homosexuel. Faire de cette idée, en la prononçant enfin à voix haute, une réalité. Beaucoup de tensions, beaucoup de poids, soudain libérés, d’un seul coup. J’ai compris, à ce moment-là, que je vivais, jusqu’alors, comme écrasé. Je n’avais pas imaginé ce poids, je ne m’en rendais pas compte, et il s’est soudain volatilisé. Je découvrais la légèreté.

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Où préférez-vous aller dans votre ville ?

Où préférez-vous aller dans votre ville ? Longez-vous les boulevards aux vitrines étincelantes, pendant le défilé des limousines, sous les guirlandes de Noël ? Traînez-vous sur la grand-place, les jours de marché, où ça sent le poisson et les épices ? Vous arrive-t-il de vous perdre avec délices dans le dédale des ruelles de la vieille ville ? De traîner un chariot jusqu’au grand magasin ? Que pensez-vous, en passant devant le bar presque vide, qui sent la fatigue et le tabac froid ? Que dites-vous au minot qui se trouve seul, un ballon à la main, sur le trottoir ? Vous arrêtez-vous devant cet homme sans âge, assis sous un porche, dont l’écuelle ne contient que quelques pièces de cuivre ? Aimez-vous les églises, leurs façades percées de vitrails, leurs flèches pointant vers le ciel, leurs clochers ouvragés, leur silence feutré ? Promenez-vous parfois votre mélancolie dans l’ancien cimetière, là où le silence s’allonge sous la pierre ? Montez-vous parfois en haut de la grande roue ? Ou peut-être sur un belvédère, où contempler les toits et les cheminées ?

— Vous n’y êtes pas, très cher. Là où je préfère aller, c’est sur la promenade, là où le ciel ouvre sur l’infini de la mer.

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