Les écrivains et les écrivaines sont des hommes et des femmes comme tout le monde. Comme tout le monde, vraiment ? Pourtant, lorsqu’ils accèdent à la gloire, leur personne s’enveloppe d’une aura de mythe. Mêlant vérité biographique et fantasmatique collective, l’écrivain devient un véritable personnage. Romanciers et cinéastes content alors parfois leur légende. J’ai eu l’occasion de m’intéresser à la question du mythe de l’écrivain grâce aux très intéressants cours de M. Paul Léon, enseignant à l’Université de Nice.
« Pour toi je réinventerai les gestes
de la neige
les gestes des premières éclaboussures
d’étoiles aux taches de neige
je réinventerai les premiers mots
de neige
et notre enfance sous le givre des cloîtres »
Béatrice Bonhomme, Les Gestes de la neige,
L’Amourier, Coaraze, 1998, p. 49.
L’association culturelle Brasil Azur, dont je suis membre, s’est dotée d’un intéressant site Internet, dont je vais vous parler aujourd’hui car je suis sûr qu’il intéressera tous les amateurs de littérature.
Certains poètes nous touchent plus que d’autres. Cette sensation, dans un premier temps, ne s’explique pas : elle s’impose à nous. Parmi les poètes contemporains, Philippe Jaccottet est l’un de ceux que j’ai eu le plus de plaisir à lire, à étudier, à enseigner. Voici pourquoi.
Si la poésie contemporaine est bien vivante, elle s’épanouit loin des projecteurs médiatiques. En dehors des passionnés et des spécialistes, bien peu de personnes seraient capables de mentionner les noms de poètes d’aujourd’hui. La poésie contemporaine est pourtant riche d’une belle diversité. Florilège.
Vous en avez sans doute déjà rencontré, sans savoir que cela se nommait ainsi. On parle depuis peu d’écriture inclusive pour désigner le souci d’écrire d’une façon telle qu’hommes et femmes soient placés sur un pied d’égalité. Que faut-il en penser ?
Trois retraités se retrouvent pour se raconter leurs dernières nouvelles. Melanie Fuller, Nina Drayton et Willi Borden sont amis de très longue date. Ils se connaissaient déjà avant-guerre, et, depuis, aiment à se retrouver de temps à autre. Comme de nombreuses personnes de leur âge, ils se rencontrent aussi pour jouer. Mais ces retraités-là ne jouent pas au bridge ou à la belote. Ils s’affrontent dans des parties bien plus dangereuses, surtout pour ceux qui croisent leur chemin…
En ce jour d’automne, je vais vous parler d’un poème de Victor Hugo, une chanson d’automne qui parle d’hirondelles… Mais aussi des difficultés que j’ai rencontrées pour trouver la source exacte du poème.
L’Histoire est une discipline passionnante. Et elle a laissé des traces dans la géographie de nos régions. Aussi surgit-elle parfois de façon inattendue au détour de nos rues. Parfois, au contraire, faut-il un minimum d’expérience pour apprécier à sa juste mesure la valeur historique d’un lieu. Certains vestiges nous sont si familiers, tant nous les côtoyons tous les jours, que nous en oublions le grand âge. Les nombreux témoignages qui demeurent visibles dans les Alpes-Maritimes permettent d’évoquer chacune des grandes périodes de l’Histoire. Je commence aujourd’hui par la Préhistoire et l’Antiquité.
Ces jours-ci, les catastrophes naturelles ont fait la Une de l’actualité : plusieurs ouragans ont successivement déferlé sur les Antilles, tandis que le Mexique subissait un important séisme. Face à de telles situations, on peut aisément se sentir indigné face à l’injustice d’un tel sort, qui tue, blesse et ruine aveuglément des dizaines de personnes. Voltaire ne ressentit pas autre chose lorsqu’advint ce qu’il appela le « désastre de Lisbonne ».
Qu’est-ce qu’un poème ? La question se révèle plus difficile qu’il ne paraît, lorsque l’on prend en considération l’extrême diversité de ses formes et de ses finalités. Aussi, sans doute, ce sera moins par l’imposition d’une définition abstraite, que par une confrontation directe avec cette diversité, que l’on finira par se faire progressivement une idée correcte de ce qu’est la poésie. Afin de bousculer un peu les idées toutes faites, on peut commencer par une forme particulièrement inattendue, probablement inconnue des élèves : les calligrammes.
Je viens de découvrir, en naviguant sur le site Arbre à lettres, un poème de Jean-Michel Maulpoix que je ne connaissais pas. Il touche à un aspect important de l’œuvre du poète, puisqu’il y est question de couleurs. Il s’intitule « la couleur du poème ». S’il est impossible de ne pas y voir une allusion aux « Voyelles » de Rimbaud, il évoque aussi certaines pages d’Une histoire de bleu, le plus célèbre recueil du poète. Voici donc le poème…
Avec la rentrée scolaire qui s’annonce, la presse nous inondera sans doute d’articles concernant l’éducation. Le sujet ne laisse personne indifférent. Et il est parfois source d’inquiétudes légitimes. Il convient cependant de ne pas voir la réalité plus noire qu’elle n’est véritablement. Laissons pour un temps les « c’était mieux avant », les « tout va mal », les « tout est à revoir ». Car la réalité est là : chaque jour, des millions d’enfants apprennent et grandissent…
Elle connaît, elle aussi, ce que j’ai compris, quoiqu’elle en ait une vision plus sensible, plus aimante, sans théories fumantes ni rapports de concepts. Elle l’appréhende doucement, sans orgueil, sans volonté de dominer ou de posséder ce dont elle parle. Elle le considère comme une promenade au bord d’une rivière où il y aurait des canards de diverses sortes. Elle n’y voit aucun mal ni aucune souffrance même si je sais que parfois ce peut y être. Elle en parle comme d’un pot de confiture, comme d’un tableau de Degas ou d’une sonate entendue dans un auditorium. Elle l’écrit en lettres rondes, soignées, avec ses crayons de couleurs, là où j’ai trop tendance à rayer furieusement ma page de traits de graphite. Elle en met partout, dans les voiles de sa robe, dans les replis de ses cheveux, là où j’ai trop tendance à vouloir réserver ces choses-là dans le détroit de Béring de mon cœur. Elle utilise pour le sentir une manière tout intérieure, comme si elle le portait en elle depuis longtemps. Elle y met tout ce que peut vouloir dire le mot femme.
Le genre du conte n’est ni le plus pratiqué, ni, a fortiori, le plus médiatisé : les ouvrages qui se retrouvent le plus souvent en tête des rayonnages de librairie sont des romans. Alors, quand j’ai appris que Jean-Yves Masson, professeur de Littérature Comparée à l’Université de la Sorbonne, dont je connaissais déjà les recueils de poésie, venait de publier un conte, cela m’a beaucoup intéressé, et je me suis empressé d’acquérir cet ouvrage.
« La poésie est-elle un baume, un viatique, une offrande ? A-t-elle pouvoir d’apaiser les plaies du monde, d’exalter les jours, d’éveiller la joie? La poésie est-elle reflet de la grâce, parole en résonance avec les harmonies passées ? Est-elle ce qui renaît d’écho en écho, effaçant les âges, passant de voix en voix, de souffle en souffle, comme le chant d’une âme universelle affranchie de toute fin ? »
André Velter, Orphée Studio : Poésie d’aujourd’hui à voix haute,
Paris, Gallimard, coll. « Poésie », 1999, rééd. 2002, p. 172.
S’il est très probable que les Fleurs du mal soient l’un des recueils de poésie française les plus lus et les plus étudiés, en revanche on ne cite que rarement « Le flambeau vivant », trente-huitième poème de l’édition de 1857. Pourtant, il mérite d’être lu : ce sonnet emprunte à la tradition du blason tout en faisant de la femme aimée une voie d’accès à l’Idéal…
Je feuillette en ce moment les Chansons des rues et des bois de Victor Hugo. Un très beau recueil de poèmes plutôt légers et agréables à lire. Celui que je m’apprête à citer ne déroge pas à la règle : le choix d’un vers court, l’heptasyllabe, préserve de toute grandiloquence. Pourtant, c’est un message très sérieux que le poète veut faire passer : il montre l’imbécillité des guerres. Les humains insensés se montrent sourds au chant de l’alouette…
On me demande pourquoi les gens n’écrivent plus des recueils de poèmes. Ce sera pour moi l’occasion d’une petite réflexion sur l’actualité de la poésie, ainsi que sur la forme du recueil. Il faut bien sûr tout de suite rassurer le lecteur : il s’écrit toujours, aujourd’hui, des livres de poésie. Chaque année, les nouveaux recueils se comptent par dizaines, voire par centaines. Cette production reste cependant dans l’ombre de l’actualité médiatique.