Archives du mot-clé Gabriel Grossi

Saynètes de quai de gare

Mon amie Magali, qui dirige le Centre Culturel de Cagnes-sur-Mer, m’a demandé d’écrire sur le thème du train, pour son atelier de théâtre pour ados. Je me suis pris au jeu, et j’ai imaginé une suite de sept sketches, assez simples, suffisamment abordables pour des enfants, et qui se veulent drôles pour certains, tendres et poétiques pour d’autres. Ils sont entrecoupés d’intersketches où il sera davantage possible de jouer sur la gestuelle, le mime, la danse. Tout ceci est révisable et modifiable, car j’aurai sans doute d’autres idées au fur et à mesure. Bonne lecture !

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Où préférez-vous aller dans votre ville ?

Où préférez-vous aller dans votre ville ? Longez-vous les boulevards aux vitrines étincelantes, pendant le défilé des limousines, sous les guirlandes de Noël ? Traînez-vous sur la grand-place, les jours de marché, où ça sent le poisson et les épices ? Vous arrive-t-il de vous perdre avec délices dans le dédale des ruelles de la vieille ville ? De traîner un chariot jusqu’au grand magasin ? Que pensez-vous, en passant devant le bar presque vide, qui sent la fatigue et le tabac froid ? Que dites-vous au minot qui se trouve seul, un ballon à la main, sur le trottoir ? Vous arrêtez-vous devant cet homme sans âge, assis sous un porche, dont l’écuelle ne contient que quelques pièces de cuivre ? Aimez-vous les églises, leurs façades percées de vitrails, leurs flèches pointant vers le ciel, leurs clochers ouvragés, leur silence feutré ? Promenez-vous parfois votre mélancolie dans l’ancien cimetière, là où le silence s’allonge sous la pierre ? Montez-vous parfois en haut de la grande roue ? Ou peut-être sur un belvédère, où contempler les toits et les cheminées ?

— Vous n’y êtes pas, très cher. Là où je préfère aller, c’est sur la promenade, là où le ciel ouvre sur l’infini de la mer.

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Le corps en poésie

C’est le thème du corps qui a été proposé par Marilyne Bertoncini pour la prochaine anthologie numérique de « Jeudi des mots.com ». J’ai bien envie de participer si j’en ai le temps, la date butoir se trouvant le 11 janvier. En attendant, je voudrais proposer une petite réflexion sur le corps en poésie.

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Un néon rose sous la pluie

Le néon rose grésille sous la pluie grise. Un arc-en-ciel se devine sur la porte. Cela sent l’alcool et la solitude. Quelques visages tristes, les traits tirés, regardent leurs verres, pour tuer le temps. Les yeux glauques se perdent dans le vague, suivant les fissures du plafond. Un vieux haut-parleur crachote « It’s raining men ». La drag queen ne danse plus. Son maquillage à moitié décomposé dessine des ombres étranges sur son visage fatigué. Elle a enlevé ses talons aiguilles. Au fond de la salle presque vide, un client est absorbé par son téléphone, le visage bleui par la lumière de son écran. Le serveur désœuvré a abandonné ses poses maniérées et ses clins d’œil aguicheurs. Un homme sans âge, affublé d’une tenue improbable, tente d’attirer l’attention, se déhanchant en vain sur la piste déserte. La boule à facettes ne tourne plus. Quelques dépliants ont été oubliés sur une table basse. La gay pride est terminée, l’homosexualité redevient quelque chose de triste.

Gabriel GROSSI, mardi 12 décembre 2023

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Obscène

Obscènes, les seins d'une jeune fille ?
Non, n'en déplaise aux tartufes.
Obscènes, les blasphèmes ?
Non, juste de la provocation
Et, parfois aussi, de la bêtise.

Ce qui est obscène, je vais vous le dire,
C’est que de jeunes gens fortunés,
Trouvent amusant de se faire photographier,
Une énorme boule de glace à la main,
Devant de pauvres gens décharnés,
Dont on voit les côtes et les membres grêles,
Probablement victimes, sinon de famine,
Du moins de malnutrition,
Et vivant certainement dans le plus grand dénuement.

Et cela fait le buzz comme on dit,
Cela doit être instagrammable,
La misère se like et se "partage"
Dans le grand ballet de l'hypocrisie.

Je ne doute pas que ces gens-là
Aient imaginé une justification.
Sans doute y voient-ils une condamnation
De notre société hypocrite. J'entends cela.
Mais savourer goulument un sorbet
En regardant une personne qui n'en a jamais mangé
Je n'y vois pas autre chose que de la cruauté.
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Annonce : dialogue avec Patrick Quillier

Patrick Quillier me fait l’honneur de m’avoir choisi pour présenter son livre, lors d’un dialogue entrecoupé de lectures qui se tiendra à la faculté des Lettres de Nice, boulevard E. Herriot, au troisième étage du bâtiment de l’extension. Dans les locaux du CTELA dont je suis membre, nous discuterons de l’épos, de la poésie épique, du besoin urgent d’une parole qui refonde le collectif, des avatars de l’aède contemporain, et de son oreille ouverte sur le monde.

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Poème sur la rentrée à l’usage des enfants

Il a repris le chemin de l'école
Avec son cartable et ses beaux souliers,
Prêt à tenir jusqu'au bout son grand rôle,
Il a repris sa trousse, ses stylos, ses cahiers.
Il a plein la tête des histoires drôles
Qu'il rêve de répéter aux écoliers,
Il a repris sa plume, son compas, sa fierté,
Décidé à montrer, lors du prochain contrôle,
Sa détermination et sa pugnacité.
Il a repris son ballon de football
En mousse dans la cour désertée,
Il a repris ses rêves, sa joie, sa liberté.
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Une année de vocabulaire en CM1

L’an prochain, j’aurai en charge l’enseignement du vocabulaire en CM1. J’aime beaucoup cette sous-discipline du français, souvent négligée au profit de l’orthographe et de la conjugaison, et qui permet pourtant de remédier à beaucoup de difficultés, que l’on parle de compréhension ou même simplement d’orthographe.

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Présenter « Concordance » à Aiglun

Dire, d’abord, merci. Pour l’invitation, pour le partage, pour l’amitié. Sur ces flancs de la vallée de l’Estéron. Dans la circulation de la poésie. Merci pour la générosité, pour l’écoute, la liberté. Merci pour cette invitation à présenter mes poèmes, ces quatre-vingt-huit pages de vers et de prose, publiées en novembre 2022, en quête de concordance. Un chemin en quête d’une éclaircie, en quête de sérénité.

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Laurence Vielle lit mon poème à la radio belge

C’est un immense honneur que me fait l’amie Laurence Vielle, marraine du Festival Poët Poët 2022 et autrice de nombreux recueils de poésie, en lisant l’un de mes poèmes sur les ondes de la RTBF, la radio nationale publique belge. La vidéo de cette lecture est disponible sur Facebook.

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Rencontre avec Marina Skalova à la librairie Masséna

C’était mardi dernier, 21 mars, aux premiers jours du printemps. La librairie Masséna, attenante à la célèbre place du même nom, à Nice, fermait plus tard qu’à l’habitude. Une rencontre était en effet prévue avec la poète Marina Skalova. Et, dans le cadre des Journées Poët Poët, c’était à moi qu’il revenait de conduire l’entretien avec elle.

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Ça veut sortir

C’est coincé. Ça ne peut pas sortir. Ça veut sortir. Ça bloque. Ça coince. C’est empêché: c’est là, et ça peut pas. C’est là, dans ton corps, comme un truc comme ça qui s’explique pas. C’est enfermé à l’intérieur de ton corps, quelque part sous la plèvre, quelque part sous ton épiderme, là où ça grouille, pas loin du cœur qui bat, qui veut, qui attend, qui jouit, qui espère. Quelque part sous les vastes replis de tes visières. Ça vit, ça pue, ça fourmille, ça grésille, là, quelque part, en dedans, à un endroit que tu sais pas, mais que tu sens. C’est là, comme un origami de papier qui n’attend que de se déplier. C’est là, quelque part, sans adresse fixe, et ça se répand, ça prolifère, ça se multiplie, ça se nourrit de tes doutes, de tes peurs, de ta merde. Ça circule comme un fluide en intraveineuse qui brille sur tes scintigraphies. Ça agite tes nuits, ça perturbe ton sommeil. Ça ne se laisse pas disséquer. Ça se diffuse comme une senteur immonde. Ça te commande, ça te gouverne comme une folle muse. C’est là, à l’intérieur de toi, et à un moment donné, il faudra bien que cela sorte, que cela s’exprime, que cela s’exsude, que cela jaillisse, par tous les pores, par tous les trous, par tous les orifices. C’est maintenant, c’est ici, ça explose, ça crie, ça jaillit, ça sort, ça coule, ça ruisselle, ça s’excrète ! Il n’y a plus de limite, il n’y a plus que ce flux, ça coule, ça s’écrit, et le papier est devenu LE PLUS GRAND COÏT DE L’UNIVERS ! C’est à-dire : un poème.

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Redécouvrez « Éclaircie » lu par Michel Saint-Dragon

« Éclaircie » est le poème liminaire de mon recueil Concordance, paru en novembre dernier en impression à la demande. Hier soir, Michel Saint-Dragon, poète slammeur qui organise beaucoup d’événements autour de la poésie dans la région, m’en a offert une lecture audio. J’ai inséré ce son dans une vidéo afin de vous en faire profiter.

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Une frontière c’est clair

Il ne vous aura pas échappé que, cette année, le Printemps des Poètes mettra le thème des frontières en exergue. Un thème bien évidemment dicté par une actualité brûlante, qui impose à la poésie de se positionner par rapport à des sujets graves : la guerre russo-ukrainienne, les conflits migratoires, les droits humains…

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Mes poèmes présentés sur Internet

Dans le cadre de la Fête virtuelle du Livre, qui est un événement international prenant place sur Internet, mon recueil Concordance a été présenté par Emanuela Rizzo, ambassadrice culturelle, et Alessio Zanichelli, spécialiste de littérature.

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