Le néon rose grésille sous la pluie grise. Un arc-en-ciel se devine sur la porte. Cela sent l’alcool et la solitude. Quelques visages tristes, les traits tirés, regardent leurs verres, pour tuer le temps. Les yeux glauques se perdent dans le vague, suivant les fissures du plafond. Un vieux haut-parleur crachote « It’s raining men ». La drag queen ne danse plus. Son maquillage à moitié décomposé dessine des ombres étranges sur son visage fatigué. Elle a enlevé ses talons aiguilles. Au fond de la salle presque vide, un client est absorbé par son téléphone, le visage bleui par la lumière de son écran. Le serveur désœuvré a abandonné ses poses maniérées et ses clins d’œil aguicheurs. Un homme sans âge, affublé d’une tenue improbable, tente d’attirer l’attention, se déhanchant en vain sur la piste déserte. La boule à facettes ne tourne plus. Quelques dépliants ont été oubliés sur une table basse. La gay pride est terminée, l’homosexualité redevient quelque chose de triste.
Gabriel GROSSI, mardi 12 décembre 2023
Ce poème en prose aura vocation à être inséré dans deux suites distinctes de poèmes. Il sera d’abord rattaché à un ensemble de poèmes sur le thème de la ville. Il fera également partie d’une suite de poèmes sur l’homosexualité. L’image d’en-tête a été créée à l’aide de l’application de mise en page « Canva », qui dispose d’un outil de génération d’images par IA.
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poignant
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