Archives pour la catégorie Linguistique

J’aime la grammaire. L’analyse grammaticale est une sorte de jeu de piste. Pour peu que l’on s’éloigne des exemples proprets des manuels, elle pose souvent des difficultés intéressantes, où plusieurs argumentaires sont parfois possibles. Lexicologie, syntaxe, morphologie, étymologie, vous trouverez un peu toutes les branches de la linguistique.

« Elle disait que l’on ne reconnaît pas les gens mal élevés à leur façon de se curer le nez aux feux rouges ou de bâiller quand on leur parle, mais à l’emploi qu’ils font du mode subjonctif dans une proposition circonstancielle de temps introduite par “après que”. »

Jean-Michel Maulpoix, Papiers froissés dans l’impatience,
Seyssel, Champ Vallon, 1987, p. 53.

Natation et déterminants

Des craies (Taken,  Pixabay , libre de réutilisation)
Des craies (Taken, Pixabay , libre de réutilisation)

J’ai reçu, à la suite de mon bref billet qui invitait à visiter l’intéressant site Internet de l’Académie française, un commentaire qui me demandait quelle est la formulation correcte : « je ne vais pas faire de natation » ou « je ne vais pas faire de la natation », sachant que l’on dit « je ne fais pas de natation ».

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« Il faut qu’on voie »

Vous avez sûrement déjà entendu cette prononciation pour le subjonctif du verbe voir : « il faut qu’on se voye / qu’on se voille ». Soit, phonétiquement : [kõ sə vwaj]. Cette prononciation n’est pas celle du français standard, qui est, bien entendu, « qu’on se voie », prononcé [kõ sə vwa]. Comment expliquer cette prononciation alternative ?

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Voire !

« Il est intéressant, voire passionnant, de constater que les mots que nous utilisons tous les jours ont une histoire millénaire. » On le voit, le mot voire sert à surenchérir, et son sens est celui de la locution « et même ». Il est souvent mal orthographié, par confusion avec le verbe voir, avec lequel il n’a pourtant aucun rapport. L’adverbe voire est en effet issu de l’adverbe latin vera, formé sur le neutre pluriel de l’adjectif verus signifiant « vrai », comme le rappelle Alain Rey dans son Dictionnaire historique de la langue française.

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L’Académie française répond à vos « questions de langue »

Êtes-vous déjà allé sur le site Internet de l’Académie française ? C’est un site que je recommande à tous ceux qui, un jour ou l’autre, se sont posé des questions sur le bon usage de la langue française. En outre, il est possible, via le site, d’écrire au personnel de l’Académie, afin d’obtenir la clarification d’un point particulier.

Ici même, sur Littérature Portes ouvertes, vous trouverez plusieurs billets concernant certaines difficultés de la langue française, comme les subtilités de l’accord du participe passé, le fait que les bus ne sont pas « blindés », que les mots « empreint » et « emprunt » ne sont pas synonymes. Plus largement, la catégorie « linguistique », accessible sur la droite de votre écran parmi la liste des catégories, vous permettra de retrouver facilement tous les articles consacrés au sujet.

Pourquoi les grammairiens parlent-ils de « tiroir verbal » ?

Le saviez-vous ? Si, dans l’enseignement primaire et secondaire, on parle des « temps » de l’indicatif (ou du subjonctif), les grammairiens, eux, préfèrent parler de « tiroir verbal ». Il y a une raison à cela. C’est que le présent, le futur, l’imparfait ou encore le passé antérieur ne servent pas seulement à du repérage temporel. On pourrait même dire qu’ils servent rarement à cela.

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Voyage dans le temps et dans les mots (2)

Quand on lit des textes du Moyen-Âge, on est confronté à une autre langue, avec son vocabulaire, sa syntaxe, ses déclinaisons… Les textes de la Renaissance présentent encore de nettes particularités orthographiques. Qu’en est-il aux dix-septième et dix-huitième siècles ? Poursuivons notre petit voyage littéraire et linguistique dans le temps, après notre première excursion qui nous a conduits des romans arthuriens à l’épopée joyeuse du géant Gargantua.

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Petit voyage littéraire et linguistique dans le temps

« Mon sceau flamboie », « Ça puire » : une bonne partie des répliques cultes du film Les Visiteurs joue sur le fait que le français, tel qu’il était parlé au Moyen Âge, ne ressemble pas vraiment à celui qui est parlé de nos jours.

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Poésie des figures de style

En parcourant les dictionnaires de poétique et de rhétorique, comme par exemple celui de Georges Molinié, on peut s’éprendre du caractère poétique et mystérieux des noms de figures de style. Ah, l’adynaton, l’anacéphaléose, le paryponoïan, le diasyrme, l’hendiadyn, l’homéotéleute, l’hypallage, l’hypozeuxe ! Et l’oxymoron ! Et le zeugme !

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Leçon de soutien et de maintien

Des craies (Taken,  Pixabay , libre de réutilisation)
Des craies (Taken, Pixabay , libre de réutilisation)

Il y a une erreur d’orthographe que je rencontre de plus en plus souvent, et qui mérite, sans doute, un petit éclaircissement.

Alors voilà : les mots maintien et soutien sont fréquemment écrits, de façon fautive, « maintient » et « soutient ».

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Brin d’herbe et ours brun: comment prononcez-vous ?

Chers lecteurs, je voudrais aujourd’hui vous demander votre avis à propos d’un détail de  prononciation de la langue française. Alors voilà : j’ai lu dans plusieurs manuels que la distinction entre les sons in [ɛ̃] et un [œ̃] tendait à s’estomper en français. De fait, mon dictionnaire des rimes fait rimer « coquin » avec « quelqu’un« , « romain » avec « auto-immun« .

« Un brin d’herbe » et « un ours brun », en transcription phonétique

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Ces mots anglais venus du français

On entend souvent se plaindre de l’irruption de mots anglais dans le vocabulaire français. Certains proposent même des substituts, plus ou moins heureux, à ces anglicismes d’emprunt récent. Pour ma part, je n’ai aucune honte à écrire « e-mail », s’agissant d’un mot technique, plutôt que « courriel », qui me semble un peu artificiel. J’utilise également souvent, tout simplement, l’expression « courrier électronique ». En revanche, je ne vois aucune raison sérieuse de dire « overbooké » ou « surbooké », quand on peut tout simplement dire « surchargé » ou « surmené ».

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Cultures vivantes du Comté de Nice

Les bonnes choses ont une fin ! Hier, jeudi 16 avril 2015, s’est tenue la dernière conférence du cycle organisé par Rémi Gasiglia et le Département d’Études Occitanes de l’Université de Nice. Le cycle reprendra l’an prochain. Intitulée « Parcours à travers la culture vivante du Comté de Nice », cette conférence était animée par Xavier Borriglione, lequel était visiblement tout indiqué pour aborder ce sujet, puisqu’il est lui-même impliqué dans de nombreuses activités culturelles destinées à promouvoir la culture niçoise. Il s’agissait donc moins d’un exposé exhaustif que d’un parcours personnel très instructif.

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Le français, une langue difficile ?

Le français, une langue difficile ? Allons donc ! Elle n’est pas composée de milliers d’idéogrammes comme le chinois, elle ne comporte pas de déclinaisons comme le latin ou l’allemand. Plus simple en apparence, la langue française comporte malgré tout une indéniable complexité, qui explique que sa maîtrise exige de longues années d’étude.

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La langue française en chroniques

Comme nous sommes en pleine « Semaine de la langue française et de la francophonie », j’avais pensé écrire deux ou trois articles sur quelques curiosités de la langue française. Or, évidemment, je n’aurais pas été le premier à m’adonner à ce genre d’exercice. Petite sélection…

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