« Horas ne numerem nisi serenas. »
Cette citation latine est inscrite au frontispice du lycée Masséna, à Nice. Elle signifie : « Puissent n’être comptées pour moi que les heures sereines. »
« Horas ne numerem nisi serenas. »
Cette citation latine est inscrite au frontispice du lycée Masséna, à Nice. Elle signifie : « Puissent n’être comptées pour moi que les heures sereines. »
« Je ne pourrai jamais envoyer l’Amour par la fenêtre. »
Arthur Rimbaud, Illuminations, « Phrases » (Wikisource).
« Les mots me viennent par vagues. Ils voudraient dire des choses que je ne maîtrise pas. Ils tâtonnent, ils palpent le vide et tout à coup s’enfièvrent pour une image qu’ils ont prise pour la vérité. Je m’y abandonne aux courants de lumière et de vent. À vrai dire, j’y cherche tes lèvres. »
Jean-Michel Maulpoix, L’instinct de ciel, Paris, Mercure de France,
rééd. 2005, Paris, Gallimard, coll. « Poésie », III-5.
« Oui, oui, c’est vrai, j’ai vu la mort au travail
[…] tout près de moi, sur moi, j’en donne acte à mes deux yeux, adjugé ! Sur la douleur, on en aurait trop long à dire. Mais quelque chose n’est pas entamé par ce couteau ou se referme après son coup comme l’eau derrière la barque. »
Philippe Jaccottet, À la lumière d’hiver,
dans Œuvres complètes, Paris, Gallimard, « Pléiade », p. 574.
« Respire !
Respire dans le temps qui est quotidien
Respire on n’en meurt pas
Respire dans le temps concret du monde
Respire on ne meurt pas d’amour. […] »
Béatrice BONHOMME, Les Boxeurs de l’absurde, Fourmagnac, L’étoile des limites, 2019, p. 65.
« O voyageur, la terre, hélas ! est découverte.
Plus d’île vierge encor d’ombre et de pas humains.
Mais prends le grain d’avoine ou bien la feuille verte
Et tu verras s’ouvrir l’inconnu des chemins. »
Alexandre ARNOUX, CVII quatrains, éd. Jacques Haumont,
cité par G. Rouger & R. France, Nouvelle anthologie poétique, Paris, Nathan, 1953, p. 226.
Verhaeren est un très grand poète belge. Voici un poème intitulé « En hiver »…
Continuer à lire « En hiver » d’Emile Verhaeren« Le sol trempé se gerce aux froidures premières,
La neige blanche essaime au loin ses duvets blancs,
Et met au bord des toits et des chaumes branlants,
Des coussinets de laine irisés de lumières.
« NOËL ! paix dans les cieux ! paix à l’enfer dompté !
Paix sur la terre, aux cœurs de bonne volonté !
Premier chaînon d’amour de l’insoluble chaîne
Qui joint la terre au ciel, l’ange à la race humaine !
Mystère, enivrement, pardon, trêve à nos maux,
Pitié pour les enfants, respect des animaux !! »
Alfred Busquet, La Nuit de Noël (poèmes), Christmas Carol, Librairie nouvelle, 1861,
via Wikisource.
« Si tu crois qu’aux enfants seuls siéent les songes je te dirai ce retour d’images brèves qui font d’une vie une éternelle saison qui nous frôle et n’en finit pas d’interroger les forêtsOn lâche seulement sur le tard des mots neufs enfermés comme des copeaux légers dans des larmes avides d’épaules »
Barbara Auzou.
Ce beau poème, intitulé « Prolégomènes IV », se lit (presque) d’un seul souffle. Il est à lire sur le blog de Barbara Auzou, dont le titre très durassien est Lire, dit-elle. Allez-y voir !
« Tourné attentivement vers ce qui apaise,
je me suis résolu à la nuit intacte,
mes sens se sont écoulés de moi
et le cœur indiciblement en est multiplié. »
Rainer Maria Rilke, Poèmes à la nuit,
Verdier, Lagrasse, 1994, p. 61.
Traduction de Gabrielle Althen et Jean-Yves Masson.
« Sur une plage vide d’après l’été, je nous imagine. Ton petit chien renifle les vagues. Tu portes sur la tête un bonnet rayé et tu marches à la lisière des eaux. On dirait que le sable tremble, cette minute est trop importante. Les mouettes se sont tues dans un battement d’aile. Le crabe aux yeux éteints s’est souvenu de quelque chose. La plage croule et je m’écarte pour écouter ces drôles d’histoires que les enfants égrènent au sortir de l’école. »
Jean-Michel Maulpoix, Locturnes, Lettres Nouvelles, 1978, p. 49-50.
Novembre
Captif de l’hiver dans ma chambre
Et las de tant d’espoirs menteurs,
Je vois, dans un ciel de novembre,
Partir les derniers migrateurs.
« À cause de la joie qui me vient de ses yeux j’ai grande peine et tendresse aussi d’aller parmi la solitude
Fleuves nuages rutabagas les visages passent le temps poudroie
Grâce au songe de lui je ne suis plus quand je suis seule seule dans la rue […] »
Valérie Rouzeau, Va où,
Le temps qu’il fait, 2002, p. 120.
« Et je dis
et ma parole est paix
et je dis et ma parole est terre
et je dis
et
la Joie
éclate dans le soleil nouveau »
Aimé Césaire, Les armes miraculeuses, dans Poésie, p. 81-82.
« Laissez-le vivre ainsi sans lui faire de mal !
Laissez-le s’en aller ; c’est un rêveur qui passe ;
C’est une âme angélique ouverte sur l’espace,
Qui porte en elle un ciel de printemps auroral. »
Émile Nelligan, « Un poète »
« Puisqu’elle va de vous à moi, sans être vue,
Et fait en l’air son nid comme sur une plante,
Cherchons-la, sans bouger, dans cette nuit tremblante,
Puisque le moindre bruit, lorsqu’il dure, la tue. »
Jules Supervielle, « L’Ame », Les Amis inconnus
« Mon vieux Paillon
Pourtant
malgré tout ce qu’ils t’ont fait
un soir après sept jours de pluie
comme l’Achéron ou le Styx
tu surgis du monde souterrain«
Daniel BIGA, Stations du Chemin, Le Dé bleu, 1990,
cité dans l’anthologie Poésie francophone éditée par le CRDP de Nice,
sous-titrée Les poètes d’ici vous invitent à lire les poètes d’ailleurs.
« Donnez-moi le silence, l’eau, l’espoir.
Donnez-moi le combat, le fer et les volcans.
Collez vos corps à moi ainsi que des aimants.
Accourez à ma bouche et à mes veines.
Parlez avec mes mots, parlez avec mon sang. »
Pablo Neruda, Chant général, Paris, Gallimard, coll. « Poésie », p. 51.

« C’est l’été. Le soleil darde
Ses rayons intarissables
Sur l’étranger qui s’attarde
Au milieu des vastes sables.
Comme une liqueur subtile
Baignant l’horizon sans borne,
L’air qui du sol chaud distille
Fait trembloter le roc morne. »
Charles Cros, « L’été », dans Le Coffret de santal (Tresse, 1879), d’après Wikisource.
Hier matin, Jean-Luc Despax publiait sur Facebook un poème de son cru, qu’il m’a autorisé à reproduire ici. J’ai été séduit par la simplicité de ce poème d’amour où grignote un petit moineau. Il me semble que c’est le genre de poèmes dont nous avons besoin, bien plus que de poèmes tourmentés.