Mieux que les Pokémons : les monstres des temps homériques

La mode, cet été, est à la chasse aux monstres de poche, avec le jeu « Pokémon Go » qui enchante petits et grands enfants. Ces créatures imaginaires tout droit venues du Japon ne sont observables qu’à travers des téléphones portables. Enfants, adolescents, jeunes adultes, nombreux sont ceux qui se passionnent pour les Pokémons et sont capables de les décrire en détail. Mais le phénomène, en soi, n’est pas nouveau. La Grèce antique avait, elle aussi, ses monstres. Et ceux-là n’étaient pas de poche… Petit tour d’horizon des plus terrifiantes créatures mythologiques.

[Article mis à jour en juin 2025]

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« Je marcherais dans la transparence jusqu’à la plus réelle profondeur. Il y aurait ton visage rencontré (sourire et joues graves), la couleur la pierre simple d’une maison, des arbres (on les abat — grands gestes dans l’hiver) et des passages par les prés. Je vais toujours. La nuit seule vient (rencontre et joue grave). »

James Sacré, Cœur élégie rouge,
Marseille, André Dimanche éditeur, coll. « Ryôan-Ji », 2001
(1e éd., Paris, Le Seuil, 1972), p. 170.

Ne « candidatez » plus : postulez !

Le verbe « candidater » est un néologisme douteux, parfois employé en lieu et place du verbe « postuler », beaucoup plus élégant. Si l’on en croit les courbes de Google Ngram, le mot serait apparu dans les livres français vers 1970, puis aurait commencé depuis les années quatre-vingts une progression fulgurante. Le Trésor de la langue française informatisé ne possède pas d’entrée à « candidater », et l’Académie française recommande d’éviter ce néologisme. Qu’en pensez-vous ?

Mallarmé en 5 citations

Stéphane Mallarmé a une réputation de poète difficile, voire obscur. Pourtant, c’est un poète qui mérite d’être lu. Je vous propose aujourd’hui, en guise d’introduction à la lecture de Mallarmé, 5 citations qui vous permettront de mieux le connaître.

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Un blog qui pourchasse les fautes d’orthographe

Le nom du blog « Bescherelle ta mère » donne le ton : ici, il ne sera pas question d’être trop sérieux, ni spécialement gentil avec ceux qui font des fautes. Les ingrédients de ce blog sont donc l’humour corrosif et l’exigence orthographique.

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« Et les propos qui me sont les plus chers, c’est entre guillemets que je devrais les écrire ; ils ne m’appartiennent pas. Je ne suis personne ; ma tête bourdonne de la rumeur des livres. L’amour et la mort sont imprononçables. »

Jean-Michel Maulpoix, Les abeilles de l’invisible,
Seyssel, Champ-Vallon, IX, p. 95.

Ces chansons anciennes qu’on ne comprend plus très bien

Les chansons traditionnelles que nous connaissons tous sont relativement anciennes. Aussi, parfois, sont-elles le témoin d’un état passé de la langue, si bien que certaines expressions, mots ou emplois ne nous sont plus tout à fait limpides. Quelques explications.

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Le poème d’à côté : Victor Hugo

Dans la rubrique « Le poème d’à côté », je vous propose de découvrir un poème qui se trouve à côté d’un poème très célèbre. C’est un moyen de sortir des sentiers battus et de découvrir des poèmes méconnus, souvent délaissés par les anthologies. Aujourd’hui, c’est le tour de Victor Hugo.

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Qu’est-ce qu’un pataquès ?

On entend parfois cette expression : « Il en a fait tout un pataquès », pour dire d’une personne qu’elle a réagi excessivement à une situation (là où il faudrait plutôt dire « tout un plat »). Or, comme le rappelle le Dictionnaire historique de la langue française, ce mot, apparu en 1784, désigne avant tout une « faute de liaison ». Voire, par extension, « un discours confus, inintelligible » ou « une action maladroite, intempestive »…

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Poésie et espérance

« Je ne crois pas que soit de poésie vraie qui ne cherche aujourd’hui, et ne veuille chercher jusqu’au dernier souffle, à fonder un nouvel espoir. »

Yves Bonnefoy (1923-2016)

« A quoi bon des poètes en temps de détresse ? », demandait le poète allemand Hölderlin. Il me semble que cette puissante affirmation d’Yves Bonnefoy peut constituer un début de réponse : la « poésie vraie » est tendue vers un « nouvel espoir ». Elle ne prétend pas en posséder les clefs, elle est simplement à sa recherche, elle y travaille « jusqu’au dernier souffle ». Laissons-nous donc porter par le « souffle » de la poésie…

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Connaissez-vous le professeur Frœppel?

Connaissez-vous le professeur Frœppel ? Cet illustre savant, né de l’imagination de Jean Tardieu, est avant tout un spécialiste du langage. Dans Le Professeur Frœppel, Jean Tardieu rassemble « le journal de sa folie, le récit de sa mort, ses œuvres théâtrales, scientifiques, poétiques et pédagogiques […] ». Ce recueil présente ainsi, notamment, de savoureuses saynètes, qui dévoilent toute une « comédie du langage ».

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« Si ta fraîcheur parfois nous étonne tant,
heureuse rose,
c’est qu’en toi-même, en dedans,
pétale contre pétale, tu te reposes.

Ensemble tout éveillé, dont le milieu
dort, pendant qu’innombrables, se touchent
les tendresses de ce cœur silencieux
qui aboutissent à l’extrême bouche. »

Rainer Maria Rilke, Les roses, source « rilke.de ».

Le Nouveau Roman

Mouvement majeur de l’histoire littéraire française du XXe siècle, le Nouveau Roman éclot dans les années cinquante, s’inspirant de quelques illustres prédécesseurs (Proust, Gide…) pour remettre radicalement en cause les traditions romanesques héritées du XIXe siècle. Ce billet fait le point sur quelques auteurs majeurs de cette période, offrant ainsi du même coup les réponses au jeu-quizz publié la semaine dernière.

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« Il est besoin d’un lecteur d’un geste de papier
D’un miroir Tu es visage ma feuille mon échancrure
Je suis le tissu pour que tu sois ton vide La surface
Pour que froisse la main L’aber où l’eau s’aiguise
Racine où le sol tressaille Ton blanc mon noir
Le creux pour ma difficulté le blanc pour que je sois
Ce dessin que je ne serais pas Tu es peau pour
Mon alphabet J’étais l’air pour que tu m’engorges
Alvéole pour que tu fusses arcade »

Michel Deguy, Donnant donnant, Poèmes 1960-1980,
Paris, Gallimard, coll. « Poésie », 2006, p. 158.